La Vierge à la truite
A Philippe Nicolas
(voir l'aquarelle
à laquelle ce poème retentit)
Il a toujours su qu'Elle serait printanière
La Vierge à la truite
Il la connaissait de l'intérieur
Quand il souriait à la vie
Elle bondissait des poils de son pinceau
Elle s'habillait de ses couleurs
Elle cheminait dans ses poèmes
Elle donnait l'étincelle aux cours d'eau
Elle troublait les yeux des amants
Il passait devant dans sa mémoire
Elle changeait l'arbre sec en miroir
Il la voyait flotter sur la montagne
Elle faisait bleuir l'horizon
Il ne l'a pas trouvée sous les armes
Elle n'était pas une fille à soldat
Elle se déposait dans la main des enfants
Coccinelle du silence
Elle se laissait surprendre
Dans les reflets d'un poisson
Pour Elle
La truite tirait sa révérence
René Barbier