Rapport sur la thèse de Marie-Ange ABRAS " S’éduquer à la mort. Philosophie de l’éducation et recherche-formation existentielle."

Université Paris 8, sciences de l'éducation, 21 octobre 2000.

de René Barbier (Université Paris 8, CRISE).

Le professeur René Barbier, directeur de thèse, prend la parole.

Madame Marie-Ange ABRAS soutient aujourd'hui, sous sa direction, une thèse de doctorat en Sciences de l'éducation (nouveau régime) sur le thème " S’éduquer à la mort. Philosophie de l’éducation et recherche-formation existentielle".

Il s'agit d'une recherche essentielle par son ampleur quantitative et son originalité qualitative.

La thèse, qui comporte deux volumes, représente un total de 900 pages.

Le premier volume de 725 pages présente la thèse. Une première partie (de la page 1 à 617) décrit et analyse le processus de la recherche-formation existentielle sur la conception de la mort des enfants âgés de 6 à 12 ans en milieu scolaire. Elle est suivie d'un important glossaire des termes principaux de la recherche de quelques 48 pages (619 à 667). Puis d'une bibliographie également de 48 pages (617à 718). Enfin d'un index des noms de 7 pages (719 à 726). Le volume 2 constitue les annexes variées (de la page 727 à 900).

Madame Marie-Ange ABRAS a beaucoup de choses à dire sur la question de ce qu'elle nomme une "thanatoéducologie" (p.602), c'est-à-dire d'une éducation à la mort, ici chez les enfants préadolescents. N'est-elle pas engagée depuis une vingtaine d'années, en tant qu'infirmière, dans une action thérapeutique liée aux soins palliatifs ?

Dès qu'il l'a rencontrée, il a pu se rendre compte de son engagement personnel, à la fois intellectuel, professionnel et affectif, à propos de cette question du mourir. Même si elle n'a pas vraiment parlé de son implication dans sa thèse, Madame Marie-Ange ABRAS est concernée à plus d'un titre par l'éducation à la mort. Elle a été séduite par la méthode et la problématique que René Barbier mises au point, dès les années 80, sur l'écoute sensible des personnes en fin de vie. En effet, dès cette époque il a eu l'occasion d'intervenir, en recherche-action, dans la formation des personnels infirmiers de plusieurs hôpitaux de la banlieue parisienne, à une époque où ce n'était pas encore la mode.  Un article synthétique sur cette pratique de recherche-formation existentielle a été écrit dans la revue Pratiques de Formation/Analyses, il y a douze ans, en 1988 (Culture d’hôpital et recherche-formation existentielle à l’écoute des mourants, Pratiques de Formation/Analyses, Paris, Université de Paris VIII, Culture d’entreprise et formation, n°15, Avril1988, pp. 101-122).

Madame Marie-Ange ABRAS n'a pas hésité à vouloir appliquer cette problématique et cette méthodologie, d'une façon originale, dans la recherche qu'elle a entreprise sous ma direction.

Elle commence sa thèse par une très riche recherche sur l'état de la question. Il s'agit d'une réflexion nourrie d'innombrables lectures sur le mourir dans nos sociétés et dans les sociétés différentes. Son approche est résolument multiréférentielle. Elle est bien une chercheuse de l'université Paris 8 de ce côté-là ! Des rapports de l'enfant à la mort de l'animal, en passant par mort et histoire, mort et psychologie, peur de la mort chez l'adulte, l'infirmière et la mort, le besoin de parler de la mort chez l'enfant, mort et esthétique, mort et philosophie, question de la douleur et soins palliatifs, euthanasie, acharnement thérapeutique, crémation et rituels de deuil dans différentes cultures, Madame Marie-Ange ABRAS fait miroiter toutes les facettes du problème.

Finalement elle retient comme hypothèses centrales pour sa recherche-action :

Le fait de s’éduquer à la mort, c’est :

1) Un acte préventif. La mort abordée à l’école est une action préventive soit en amont des difficultés existentielles (prévention primaire) ou soit par l’accompagnement d’enfants endeuillés (prévention des complications de deuil) ;

2)  Un acte social. Toutes les personnes qui réfléchissent sur la notion de mort pensent au lien et méditent sur le concept d’attachement. Le sujet de la mort peut toucher des émotions refoulées dont l’expression va permettre une meilleure intégration sociale ;

3)  Un acte existentiel. Parler de la mort dans les écoles permet aux enfants de donner sens à la vie, à la mort et de respecter le vivant. L’enfant qui a la possibilité de s’exprimer sur le sujet de la mort, peut comprendre l’irréversibilité de la mort et la fragilité de l’espèce vivante (acte de prévention envers la violence). L’enfant pourrait sans doute acquérir une maturation de meilleure qualité vis-à-vis de la mort, s’il ne vivait pas dans un monde paradoxal où, d’un coté, il s’éveille plus vite par des acquisitions intellectuelles sur des notions universelles (telles l’amour, l’existence ou la sexualité), et d’un autre côté, la mort et le deuil restent des tabous collectifs ;

4)  Un soutien pour la vie. Il est également important de signaler que, pour qu’un enfant puisse faire un travail de deuil, il doit avoir une certaine idée de la mort et se soumettre à la réalité des faits (exemple : de la perte) ;

5)  Une évolution intellectuelle et culturelle. Dans nos cultures occidentales, nous constatons que l’acquisition chez les enfants de la notion de l’inconnu de la mort s’intègre généralement très tard parce qu’ils n’ont probablement pas suffisamment la possibilité de parler de l’après vie ou de la spiritualité ;

6)  Un élargissement des connaissances. Les enfants sont dans la nécessité d’obtenir satisfaction à leurs besoins existentiels. Un intervenant extérieur à l’école peut éveiller la curiosité des enfants en abordant leur domaine de ses compétences (exemple : poète, infirmier...) ;

7)  Un accompagnement éducatif. Les enfants ont besoin d’un accompagnement dans leur questionnement face à la mort et à la vie, afin de faire émerger leur pensée existentielle ;

8)  Un moyen d’expression. Généralement, la société se représente les concepts de la vie et de la mort par l’intermédiaire des " émotions médiatiques ", et les médias réutilisent la peur de la collectivité face à la mort. En s’exprimant face à la vie et face à la mort, les enfants peuvent réfléchir davantage aux conditionnements reçus par la société ;

9)  Une acceptation envers le mourir. S’exprimer face à la mort, c’est faire un pas pour l’accepter et donc intégrer une qualité de vie ;

10) Un moyen d’améliorer l’apprentissage scolaire. L’enfant arrive à parler de lui à travers ses propres émotions et s’implique davantage afin de transmettre au groupe une partie de ses connaissances sur le sujet de la mort. L’enfant confronté quotidiennement à la mort est directement concerné par le sujet, ce qui va lui permettre de se concentrer et de porter son attention sur le groupe afin de partager ses idées. Parce que l’enfant comprend par son vécu ce qu’il lit (album, livret traitant de la mort...) son intérêt pour la lecture va lui permettre d’améliorer sa diction, son attention, sa concentration et son apprentissage. De plus l’attention et l’observation apportées au groupe permettent aux enfants d’être eux-mêmes attentionnés et observateurs ;

11) Une évolution scientifique. A) S’éduquer à la mort apporte des éléments nouveaux en Science Humaine par l’approche intérieure et pédagogique de ce thème. B) S’éduquer à la mort, en continuité avec les soins palliatifs, permet d’approfondir l’étude interdisciplinaire sur la mort et d’enrichir la qualité de vie au quotidien. (page 166-167).

Réaliser la confrontation entre ces interrogations hypothétiques et le terrain n'était pas sans problèmes.

René Barbier l'avait prévenue de la grande difficulté à réaliser une telle entreprise. Il est suffisamment lucide pour savoir que la question de la mort demeure, avec la question de la spiritualité, le dernier tabou infranchissable en sciences de l'éducation. Cette question de la mort et du deuil, nous n'arrêtons pas de la rencontrer dans notre activité de pédagogue. Il y a quelques années, dans le cursus du DUFA à l'université Paris 8, une des formatrices très appréciées est décédée subitement. Les stagiaires ont été très profondément bouleversés. Jacques Ardoino a dû, sur son initiative, instituer un séminaire supplémentaire, in situ, pour permettre aux stagiaires de parler de la mort de cette formatrice. La pédagogie du mourir est systématiquement évacuée des cursus d'enseignement de nos futurs professeurs des écoles ou des lycées. Il y a plus de quinze ans, il avait institué un enseignement d'une année sur l'éducation à la mort en sciences de l'éducation à l'université Paris 8. Ce type de cursus n'a jamais été repris depuis que je l'ai abandonné. À sa connaissance, il n'a pas rencontré d'autres tentatives pédagogiques dans les départements de sciences de l'éducation ou dans les IUFM. Le domaine est vierge en éducation. Certes, ce n'est pas le cas en philosophie ou en Anthropologie, grâce d'ailleurs à Louis-Vincent Thomas, ce remarquable chercheur sur la Mort en Afrique, et à ses disciples comme Jean-Marie Brohm qui nous fait l'honneur d'être parmi ce jury.  Les philosophes ont depuis toujours discuté la thématique du mourir. René Barbier se souvient de ce beau livre sur "la mort" de Vladimir Jankélévitch et tout récemment, au début 2000, de la réflexion de Hans Jonas sur le fardeau et la bénédiction de la mortalité dans son livre "Évolution et liberté" (Rivages 2000).

Madame Marie-Ange ABRAS a tenté le diable. Elle a osé faire une recherche dans un domaine qui est marqué par le sceau du secret et du mutisme obligé. Sa pugnacité dans ce domaine est exemplaire. René Barbier pense, personnellement, qu'il aurait abandonné une telle recherche devant les obstacles rencontrés par Madame Marie-Ange ABRAS.

Pourtant, elle a bien suivi la ligne épistémologique qu'il défend depuis toujours. Celle de Feyerabend et de sa théorie anarchiste de la connaissance. Pour René Barbier, faire de la recherche ne consiste  pas à rester dans ses pantoufles, assis auprès du feu, et à admirer Jean-Luc Delarue souriant aux quatre vents sur des sujets des plus spectaculaires. Faire de la recherche suppose une attitude de voyou. Il faut être un voyou de la connaissance, un dissident de l'ordre établi. En somme, un voyou à la manière de François Villon  ou de Arthur Rimbaud.

Être un voyou de la connaissance est le contraire du "laisser-aller laisser-faire" des privilégiés de la culture. Cela suppose de la rigueur intellectuelle et de l'inventivité permanente animées par une "philosophie du non" chère à Gaston Bachelard.

Madame Marie-Ange ABRAS nous démontre, très concrètement, ce qu'est une recherche-action en acte : une lutte incessante pour la réalisation dans un processus de médiation/défi permanent. René Barbier parle là de véritable recherche-action et non de dispositifs bien encadrés, bien léchés, qui mettent du piquant dans une recherche très légitime et surtout pas trop dérangeante, avec les outils un tantinet déviants de ce type de méthodologie.

Une partie importante de sa thèse est consacrée à la narration des difficultés rencontrées. D'aucuns pourraient penser que ce n'est là qu'épiphénomène secondaire, indigne de figurer dans un rapport de thèse. Ils se tromperaient lourdement. Car une recherche-action ne vaut que par l'analyse quasi ethnométhodologique des conditions de sa réalisation collectivement organisée. Madame Marie-Ange ABRAS nous entraîne avec elle dans les arcanes des pouvoirs minuscules hypothéquant la recherche-action au jour le jour. Les centaines de lettres envoyées, les dizaines de rendez-vous ajournés, les dérives des consignes de recherche nécessairement acceptées, le manque total de moyens financiers de recherche, les rumeurs incessantes, les retournements d'attitudes de dernière minute des interlocuteurs, voilà une liste de difficultés propre à décourager le doctorant le plus sérieux. Malgré tout, lorsque enfin des terrains de recherche peuvent être trouvés (il faut le dire, grâce à l'aide de quelques personnes de l'éducation nationale), quelle richesse dans le matériau recueilli ! Il saute aux yeux alors que les enfants ont besoin de parler lorsque les adultes, les maîtres, acceptent de leur :laisser la parole. La mort n'est un sujet tabou que chez les adultes soi-disant éducateurs. Les enfants l'abordent directement, avec leur imaginaire et souvent avec une profonde lucidité, notamment lorsqu'ils sont en fin de vie, comme l'ont si bien montré Ginette Raimbault ou Elisabeth Kübler-Ross. Le matériau recueilli est abondant et pose des problèmes d'analyse et d'exposition rationnelle. Madame Marie-Ange ABRAS a dû, sur les conseils de René Barbier et malgré sa réticence, retirer près de 400 pages de textes. Il en reste 900. C'est sans doute encore beaucoup trop. Elle a mis en place une logique de présentation qui a sa rigueur, même si elle peut être discutée. Un dispositif à plusieurs volets : présentation du chercheur, discussion de groupe avec notation systématique de toutes les interventions personnelles des discutants, observations existentielles, description phénoménologique détaillée et analyse du matériau. Madame Marie-Ange ABRAS sait d'ailleurs tirer les conclusions de cette méthodologie de la recherche-formation existentielle dans d'excellentes synthèses (comme celle de neuf séances avec un groupe (pages 434 à 438)).

On est frappé par la variété des outils pédagogiques et de recherche utilisés et souvent inventés par la chercheuse.

À partir des objectifs proposés au cours des séances en recherche-formation existentielle avec les enfants de ces classes, des outils méthodologiques ont été très différenciés, ainsi :

1) Pour différencier le deuil de la mort :

- Projection et débat sur un film ayant traité la problématique du deuil chez l’enfant (Ponette, de Jacques Doillon);

- Partage des émotions et de vécus;

- Dessin, pâte à sel, poésie et peinture comme moyen d’expression existentielle.

2) Pour avoir connaissance que la mort est un fait pour les autres :

- Apprendre à discerner la vie et la mort dans la nature par des visites ;

- Prise en charge d’animaux (exemple : têtard de grenouille, phasmes) en classe pour responsabiliser les enfants face à l’existence ;

- Débat sur des thèmes proches de la mort et de la vie (médias, animaux, sida, cancer, alcool, tabac, guerre, violence scolaire, accident domestique et accident de la route...)

3) Pour avoir connaissance que nous sommes des êtres vivants mortels :

- Utiliser des récits, des contes pour faire appel à l’imaginal (Henri Corbin) dans l'existence ;

- Écrire des poèmes ou une histoire réalisée par des enfants ("Adieu Grand-père" pour mettre en action ce qui aura été compris lors des discussions sur la vie et la mort.

Madame Marie-Ange ABRAS est ainsi conduite à systématiser la méthodologie de recherche-formation existentielle utilisée et largement inventée en situation :

Un chercheur collectif.

L’équipe en recherche-formation existentielle comprend son Directeur de thèse, les inspecteurs de l’éducation nationale, les Directeurs et les professeurs des écoles (voir également le professeur de dessin, d’éducation physique et de musique), les maîtres formateurs, les conseillers pédagogiques, les psychologues scolaires et le chercheur (moi-même). Le rôle de l’équipe et le nombre de personnes impliquées changent en fonction du lieu. Elle est constituée des parents, des enfants, d’universitaires et des professionnels du terrain. Les personnes directement concernées sur le terrain sont les classes d’enfants de l’âge de 6 à 12 ans, les professeurs des écoles, les parents et le chercheur.

Des objectifs spécifiques à la recherche-formation existentielle

- Favoriser l’expression des émotions,

- Développer l’esprit critique et favoriser un discernement des situations ambiguës dans le milieu environnemental et familial,

- Améliorer la qualité de la vie en se posant des questions sur la mort,

- Offrir un lieu où les enfants peuvent poser des questions existentielles,

- Écouter les enfants parce qu’ils sont confrontés à la mort dans leur quotidien,

- Amener les enfants à réfléchir sur l’existence parce qu’ils sont conditionnés par la peur des adultes,

- Prévenir des attitudes à risque et toutes formes de dépendance.

Une méthodologie appropriée pour et par l'action.

- Écouter des situations antérieures de deuil (si cela se présente).

- Se rendre au cimetière, au musée, aux monuments funéraires,

- Utiliser des contes, des images, des photos, des textes pour faire appel à l’imaginaire dans la vie,

- Faire du bricolage, du dessin, du mime, du découpage, des assemblages comme expressions existentielles,

- Mettre en œuvre le scénario de sa mort (théâtre, chanson, texte, peinture, film,

  documentaire...),

- Dédramatiser la mort dans le corps en apprenant à faire la relation entre le donner et le recevoir,

- Travailler et écouter des sentiments,

- Réfléchir d'une façon existentielle sur : qu’est-ce que la mort ? - qu’est-ce que la vie ? - quel sens ont-elles ?

- Débattre sur des films, des publicités, des revues de presse, des jeux vidéos, des pièces de théâtre ayant traité la mort,

- Parler sur un objet ayant appartenu à un proche ou à partir d’une photo d’un personnage célèbre décédé,

- Raconter un conte ou une histoire qui aborde le sujet de la mort en inventant la fin ou en créant un autre récit,

- Apporter des témoignages d’enfants ayant vécu un deuil et se déplacer pour rendre visite à des enfants malades, actions suivies de débats (pas toujours nécessaire car des enfants malades suivent aussi les cours à l’école).

- Mettre les enfants en contact avec des animaux parce qu’ils induisent la vie et la mort,

- réfléchir sur qui nous sommes, le temps, la peur, la vie, la douleur, la souffrance et le changement.

Sans doute reste-t-il quelques questions à propos de cette thèse. René Barbier est certain que ses collègues ne manqueront pas de les mettre en lumière.

Pour sa part il questionnera l'impétrante simplement sur deux ou trois d'entre elles.

1°) Dans une pédagogie du mourir en direction des jeunes enfants, les questions proprement métaphysiques, élaborées souvent à la fin d'une vie, peuvent-elles être posées d'emblée au début d'une enfance. Ainsi quand Marie-Ange ABRAS écrit "Il est souhaitable que l'enfant fasse le pas pour se responsabiliser, afin de mourir à chaque instant de sa vie, et de franchir les étapes par sa présence corporelle, psychique, sociale et spirituelle" (p.34).

2°) Dans la recherche-action, le chercheur, nécessairement engagé avec d'autres, avec leur "négatricité" comme dirait Jacques Ardoino, n'a pas toujours la maîtrise du déroulement de sa recherche (et même de ses consignes de recherche, comme le montre la page 292 à propos de l'évaluation par les enfants avec Madame V). Que faire alors ? Comment redonner sens à des propos qui peuvent apparaître comme des artefacts par rapport à la cohérence de la recherche ?

3°) Dans les visée de l'interprétation du matériau, peut-on faire l'impasse sur l'approche psychanalytique, comme semble le faire Marie-Ange ABRAS ? Ainsi l'épisode du "poussin mort" (p.305 ss) ne renvoie-t-il pas à un mécanisme projectif dans l'inconscient des sujets, relevant d'une manière probante, au moins en partie, d'une interprétation freudienne ?

4°) Le processus de la recherche-formation existentielle sur le mourir conduit, me semble-t-il à une véritable éducation à la citoyenneté (par exemple page 412-413, à propos du Kosovo), qu'en pense Marie-Ange ABRAS ?

Au total et pour finir, René Barbier dira que Madame Marie-Ange ABRAS a pris des risques en s'engageant dans cette recherche. Elle s'en sort très bien et répond justement aux questions posées. Elle nous offre sans doute la première recherche d'envergure dans ce qu'il nomme la recherche-formation existentielle. Gageons que d'autres chercheurs n'hésiteront pas à parfaire l'œuvre ainsi commencée. En tout cas, pour cette action de pionnière, René Barbier la félicite, et j'espère que son travail rencontrera l'audience qu'il mérite assurément.

21 octobre 2000