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De la sagesse (suite, 7)

La mort d’une mère (extraits d’un journal d’itinérance)

samedi 3 juillet 2004, par René Barbier

DIESSEN le 28/07/85, 2 heures du matin.

Je suis à Diessen, en Allemagne Fédérale, en qualité de médiateur-régulateur, dans un groupe de recherche sur les identitiés nationales et dynamique de groupes bilingues dans lequel les chercheurs-animateurs se sont durement affrontés. La session de deux jours et demi a été très conflictuelle. Je suis intervenu plusieurs fois. La nuit précédente j’ai souffert d’un mal de tête à la suite d’une polémique houleuse avec X., un collèque et ami français qui avait été attaqué toute la journée pour son style trop autoritaire d’animation, lié à une conception qu’il appelle "personnalitaire" de la recherche et de l’animation des groupes. Très touché, ses propos devenaient complètement injurieux et quasi-délirants à l’égard des participants non-chercheurs professionnels. Je me suis senti concerné moi-même dans mon origine de classe défavorisée et j’ai rétorqué assez violemment, sans trop chercher à maîtriser mon "contre-transfert". Il est vrai que nous étions en dehors du groupe et hors session. J’ai eu l’impression de voir se réveiller en moi le "petit gars" des faubourgs du XXe arrondissement où je suis né, à qui il ne fallait pas trop marcher sur les pieds.

L’affectivité restera toujours avant tout une affectivité sociale où se condensent les rapports sociaux qui ont façonnés notre habitus durant les premières étapes de notre vie. En cela, je crois que Pierre Bourdieu a théorisé avec beaucoup de pertinence son concept d’habitus comme schème de perceptions, d’appréciations et d’actions, sorte de grammaire génératrice de pratiques conformes aux structures sociales qui ont été le lieu agissant de son fondement.

D’autre part je me sens fatigué peut-être parce que Zoubida ne m’a pas téléphoné comme convenu. J’ai pensé qu’elle n’avait pas pu le faire (le numéro de téléphone était-il faux ?) J’ai téléphoné chez elle mais elle n’y était pas le samedi matin : était-elle déjà partie à la fête du samedi soir chez son amie à Melun ? Je savais qu’elle allait y retrouver des amis de son âge et de l’époque où elle ne me connaissait pas.

Aujourd’hui elle glisse dans mes rêves comme un ruban bleu dans la rivière. Je cours, je longe l’eau qui file, mais je ne puis la rattraper. Un sens de la perte m’envahit une fois de plus, aiguillonné par l’état de conflit intérieur lié à mon activité professionnelle en Allemagne. Et se réveillent tous les deuils et les séparations que j’ai dû assumer dans les années récentes...Je crois que Michel Lobrot a raison lorsqu’il écrit, dans les forces profondes du moi (éd. economica, Paris,1983) que toute souffrance doit être compensée nécessairement par un plaisir.

A deux heures du matin, je me réveille à la suite d’un rêve. La scène se déroule dans la maison de mes parents qui est, alors, ma maison. Nous sommes un certain nombre de personnes à y habiter. Il fait beau. C’est la fête. Une voiture s’arrête. Je reconnais la personne qui en descend, soutenue par quelqu’un. C’est mon oncle maternel, décédé depuis deux années. Il est malade et je me souviens que je lui avais dit de passer dormir à la maison. Avec lui, il y a aussi mon père et ma grand-mère maternelle (tous deux également décédés). Je me dis à moi-même que cela fait, d’un seul coup, beaucoup de monde et que je devrais aller coucher dans le jardin, à la belle étoile, pour laisser de la place. La situation ne me plait qu’à moitié. En reconnaissant ma grand-mère, je vais vers elle. Elle est aveugle à la suite d’une opération de la cataracte et très triste. Elle se sent abandonnée... Je l’entoure de mes bras, je l’embrasse sur les joues. Je suis très ému et je lui murmure que je lui dois ce que je suis. Mon amour de la vie, ma sensibilité, je les lui dois, ainsi qu’à mon père. Je pleure, toujours avec cette grande douleur qui vient du ventre. Elle me parle d’une chanteuse ou d’une actrice qui aide les souffrants, les malades, les infirmes à l’hôpital. Elle me désigne une plaque de rue au nom de cette femme. Je me réveille. Je réfléchis sur ce rêve et je l’écris. Une question me vient immédiatement : être visité par ses morts dans sa maison pour les aider (avec toute l’ambivalence requise !), quel sens cela peut-t-il avoir ? Je me remémore soudain qu’hier j’avais rêvé de ma fille et, plus ou moins, d’un accident. Et toujours cette immense douleur jaillissant du ventre, du hara, du centre de vie. Le lendemain, je lui ai téléphoné pour me rassurer. Autre question : une ambiance de conflits et de néantisation d’autrui provoque des secousses importantes dans l’affectivité et l’imaginaire de toutes les personnes impliquées, même en médiation comme moi. A fortiori pour celles qui sont directement concernées. Il faut se préserver le plus possible de telles ambiances néfastes et psychopathologiques. Les conflits inéluctables à affronter doivent être ramenés à l’essentiel (mais quels sont-ils ?) Tous les conflits secondaires sont à éviter pour l’équilibre de la personne humaine qui n’est pas faite pour le conflit, même si celui-ci est inévitable dans une dynamique de vie. S’il faut quand même affronter le conflit, le médiateur doit créer les conditions d’une structure de dialogue, autant que faire se peut, par sa présence, sa participation chaleureuse, son sens de l’écoute de l’équivocité, de l’ambivalence, de l’hyper-complexité humaines dans la communication. Je ne crois pas aux médiateurs qui "jettent de l’huile sur le feu", qui veulent créer de toute pièce des "analyseurs".

La vie quotidienne se charge assez de les offrir aux querelleurs de tous poils. Aujourd’hui, dans les groupes, on a plus besoin d’êtres apaisants que d’êtres excités par le conflit spectaculaire. Mais c’est beaucoup plus difficile à réaliser authentiquement. Si j’arrive à être parfaitement calme au fond de moi-même, je n’ai plus peur et on ne me craint plus. J’en ai fait plusieurs fois l’expérience lors de rencontres difficiles avec des personnes caractérielles ou délirantes.

29 AOUT 1985.

Je reviens de vacances au Portugal où j’ai passé deux semaines avec Zoubida et des amis. Au retour, je suis là depuis quelques jours et je vois revenir de vacances Eliette et notre fille , en catastrophe. Sa soeur Léa a été hospitalisée d’urgence pour ce qu’on croyait être une grave dépression nerveuse à la suite de son opération chirurgicale (cancer du sein). Elle semblait avoir bien supportée la douleur physique et morale depuis un an, date à laquelle on lui a enlevé un sein. Elle était partie en vacances aux Etats-Unis ; elle avait effectué un stage de danse contemporaine avec G. Wilson. Et puis, soudain, la paralysie des membres inférieurs, des malaises, une incapacité de parler. Rapidement, elle sera hospitalisée dans le service neurologique de l’hôpital Sainte-Anne à Paris où l’on diagnostiquera une méningite cancéreuse. Elle sera emportée quelques jours plus tard à la suite d’un coma dépassé.

Aujourd’hui 29 août, je viens d’aller la voir au service de réanimation de l’hôpital. Son électro-encéphalogramme est plat depuis trois jours. Toutes ses fonctions vitales sont paralysées et elle ne survit que par le branchement d’appareils spécialisés. Demain, elle sera officiellement déclarée morte. Aujourd’hui, elle respire encore, ou plutôt on la fait respirer et on lui fait battre son coeur. Elle ressemble à un mannequin de cire, la bouche ouverte et désséchée. Jamais je n’ai ressenti à ce point cette conviction : la vie n’est pas la respiration mécanique. La vie, c’est la respiration plus quelque chose d’autre. A la vue du corps sans vie de mon père, j’avais vraiment perçu que son être n’était pas dans ce corps allongé, inerte. Même sentiment devant le corps de Léa, naguère si vivante, si débordante d’énergie. La vie, c’est une respiration spirituelle. Une "animation" par un "on-ne-sait-quoi". Nous avons appris également que son frère, médecin, savait l’extrême gravité de son cancer dès le début. Un cancer mortel à 98% sur cinq ans. Mais il n’en a rien dit à sa soeur Eliette, pourtant pharmacienne. Elle était, pensait-il, trop proche de Léa. Il fallait laisser subsister un mince filet de rêve et d’espérance dans le coeur de Léa.

Il m’est diffficile d’accepter cette conception du secret médical dans un tel cas. Je comprends encore pour Léa qui n’a jamais osé poser les questions essentielles à propos de la gravité de sa maladie. Cependant elle savait que c’était un cancer. Mais sa soeur Eliette avait demandé explicitement l’ampleur de la gravité de la maladie. Il lui a menti. Je ne doute pas qu’il croyait bien faire. Je ne partage pas sa conviction. Je préfère l’extrême prudence mais aussi la vive lucidité du Professeur Léon Schwartzenberg dans Requiem pour la vie qui me semble plus proche de l’existence reconquise. On meurt toujours trop vite, pris au dépourvu, sans avoir pu régler ses affaires. Ainsi Léa, à 39 ans. Avec tous ses projets. Sa maison. Son amour et son désir d’enfant.

Adieu jolie belle soeur ! Que la paix des grands arbres, des fleurs des champs et des chats endormis soit avec toi pour toujours dans l’arrière-pays qui nous habite. Je sais ce qu’il me reste à faire, en ce qui me concerne. Demain n’existe pas, c’est aujourd’hui qu’il faut apprendre à vivre, à espérer, à classer et à dire ce qui m’importe, pour moi-même et pour les autres.

Je vais ouvrir un fichier que j’intitulerai "Z", ce diminutif de Zoè dont on sait qu’en grec, il signifie le vivant dans son caractère distinctif par rapport à la nature inanimée ou au dépérissement de la vie dans la mort. Par ce geste, je me retrouve uni à la communauté de ceux qui vont mourir et qui le savent. Même si, comme l’écrit Hans-Georg Gadamer, l’enfant dans l’homme a raison et la philosophie grecque échoue sur la question de savoir ce qu’est la mort (in Sens et existence,en hommage à Paul Ricoeur , Paris, Le Seuil,1975, p.14), le simple fait de rédiger le texte de cette disquette "Z" m’a rendu solidaire du genre humain et m’a fait comprendre, de l’intérieur, les "dernières lettres des fusillés" de toutes les sales guerres du monde. Je me sens encore plus un être social, un socius, une infinie partie de l’Humanité. Je m’éprouve comme étant relié à une totalité dynamique qui va, apparemment, nulle part, mais qui est jouée, qui se joue, qui est enjouée par sa mouvance même et son étrangeté souterraine. Léa a été enterrée au cimetière de Gournay-sur-marne où j’habite la moitié de la semaine. Il y a eu beaucoup de monde à son enterrement. Elle était très appréciée et avait le contact facile. P., son ami et amant, avec qui elle vivait, a demandé la permission de réciter une prière juive d’une grande beauté, quoi qu’elle ne fut pas de confession israélite. J’ai ressenti toute la profondeur de ce texte en l’écoutant dans ces circonstances. Quelqu’un en moi s’est mis à l’unisson des paroles sacrées psalmodiées par P. Alors, moi aussi j’étais juif, comme j’aurais pu être mulsulman, hindou, shintoiste, chrétien. Le sens du sacré se moque des frontières théologiques dessinées par les hommes. Il ne reconnaît que l’imperceptible frontière de la poésie émanant du monde.

El Malé Rah’amim Dieu de miséricorde De ton séjour d’en haut, apporte le juste repos sous l’aile de ta présence céleste. Que les Saints et les Purs illuminent de lumière infinie l’âme de Léa fille de Vivien, qui a quitté ce monde, au nom de l’action votive que nous faisons pour sa mémoire. Qu’au jardin d’Eden elle trouve son repos. Que le Maître de la Miséricorde la recouvre à jamais de la protection de son aile et fasse fleurir son âme dans le bouquet de la vie. Le Seigneur est son partage. Qu’elle repose en paix sur sa couche. Amen. ( le 4 septembre 1985)

Pour Léa

Tu étais partie en retard sur la vie, Flèche brisée cherchant son arc de noisetier. Tu fis tant de ronds dans le mystère. Tu contemplais si fort l’eau du feu. Tu voyageais au loin dans tes sourires. Tu savais bien qu’il n’y avait rien à dire. Nous t’aimions. Il t’adorait. Inutile de te pleurer. Tu es là, dans la Danse du Monde. Dans le jeu de l’enfant. Dans le vif de la chatte aux yeux bleus. Demain, quand nous t’aurons perdue dans la mémoire, tu reviendras sans crier gare, avec les milles épices du soleil, pour nous rappeler le goût de la Naissance et de l’Instant. Et nous te reconnaîtrons dans ce jeune fou qui parcourt les chemins, la tête à l’envers, en dansant sur les mains, les cheveux dans les brindilles, et le regard issu d’une brèche dans l’univers.

3 février 1993, 2 heures 30 du matin.

Un coup de téléphone brise mon sommeil, tout à coup. Je me réveille en sursaut. Au bout du fil, Eliette d’une voix bouleversée me dit "René, viens vite, ta mère est en train de mourir." Je ne lui pose qu’une ou deux questions et je pars immédiatement. La route me paraît si longue et pourtant le chemin n’est que de quinze kilomètres depuis Paris. J’arrive vers trois heures. Le concierge de l’immeuble, Eliette et notre fille Laurianne âgée de 18 ans sont là. Ma mère est déjà décédée. Quelque temps auparavant elle avait pu appeler le concierge pour "ne pas mourir seule". Il avait téléphoné à Eliette qui habite à deux pas. C’est ma fille qui était présente lorsque ma mère est morte. Elle lui a tenu la main. Ma mère, bien que dans un demi-coma, la reconnut semble-t-il et a pu mourir apaisée. Ainsi je n’ai pas pu être présent aux derniers instants de ma mère, moi qui le voulais tant ! Je lui avais téléphoné la veille pour lui dire que j’allais passer le lendemain. Elle était malade certes, atteinte d’une angine de poitrine invalidante, mais elle pouvait encore se lever. Malgré tout je savais que dans quelques semaines je devrais résoudre le fait qu’elle ne pourrait plus rester seule. Elle est morte avant. Pour ne pas déranger. Tout était déjà prévu.

Perdre sa mère, quel que soit l’âge, c’est rester seul, debout, devant l’Abîme.
Je m’étais pourtant préparé à cette épreuve. Ma mère n’était-elle pas "morte" déjà plusieurs fois dans mes bras lors de différentes crises d’angine de poitrine ? Du moins l’ai-je souvent ressenti ainsi.

Laurianne, ma fille, aura eu la chance d’être présente pour recueillir son dernier souffle.
Depuis une douzaine années, nous avions, ma mère et moi, un dialogue vrai. Nous pouvions aborder tous les sujets. En particulier ceux que l’on tait volontiers d’habitude dans les familles.Toi qui sus de moi l’intime et le mieux caché/ fût-ce de mon être.. écrit le poète hongrois G. Illyès, dans sa vieillesse.

Ma mère savait de moi l’intime depuis la mort de ma soeur, de mon père et de son petit fils. Il avait fallu ces trois disparitions coup sur coup pour qu’elle bascule dans un autre univers et qu’elle commence à reconnaître la pertinence de mes valeurs de référence, quant au sens de la vie.

Après une période dramatique, nous nous étions réconciliés et nous parlions souvent de la vie et de la mort. Elle m’avait dit ce qu’elle attendait de la sienne et comment elle voulait finir ses jours : incinérée, ses cendres réparties sur les tombes de mon père et de sa fille.

C’est ainsi que cela fut fait.

Le 13 février nous nous sommes retrouvés à quelques uns au crématorium du Père Lachaise, dans mon quartier d’enfance. J’avais demandé à ce que l’on joue le stabat mater de Scarlatti pendant la crémation. J’ai rarement été aussi présent à une situation. La musique s’alliait chez moi à la conscience de la "cendrification", si j’ose ce néologisme, du corps de ma mère. En même temps une image s’imposait : la fumée qui montait dans ce ciel tout près du lieu même où ma mère m’avait mis au monde (à quelques centaines de mètres).

Puis on m’a remis l’urne aux cendres brûlantes. Etrange sensation de sentir contre soi cette brûlure d’un corps disparu. Une vague d’émotion m’a envahi à ce moment. Heureusement, j’avais pu déjà m’épancher et méditer plusieurs jours de suite, seul, dans l’appartement où son corps reposait avant la cérémonie.

Le soir nous sommes allés à quelques uns dîner dans un restaurant de mon quartier, en l’honneur de l’amour de la vie que possèdait ma mère. Chez nous, du temps où notre famille ouvrière était encore nombreuse et solidaire, chaque enterrement se terminait par un repas convivial.

Ma mère ne croyait pas en Dieu. Nous avions des discussions sur l’origine et la fin de toute chose. Je ne brusquais pas ses convictions. Parfois j’ouvrais simplement le dialogue sur une non-réponse...

Ma mère demeurait farouchement révoltée à l’égard des injustices sociales. Membre du Parti Communiste Français depuis sa jeunesse, elle était restée fidèle à sa croyance jusqu’à la fin, et refusait de changer de bord malgré les critiques de ces dernières années. Là, également, je ne la tourmentais pas. Je savais qu’elle mettait dans sa conviction politique un sens de l’humain, un sens de l’amour, qui me paraissait si proche de mon propre regard sur le monde. D’ailleurs, qu’aurais-je pu lui dire ? Je ne suis d’aucune confession religieuse, je ne crois en rien d’autre qu’à la vie tumultueuse et si tranquille à la fois.

C’est sans doute parce qu’elle ne pouvait plus agir dans la vie collective, immobilisée par sa maladie, qu’elle ne trouvait plus, ces derniers mois, le goût de continuer son calvaire. Que dire à une personne qui se sent ainsi, à juste titre, en dehors de la vie sociale ?

Elle est partie en laissant tout en ordre : sa cérémonie mortuaire, son appartement, ses objets personnels.
Elle est partie si vite...

Entre le soir et le petit matin

l’Abîme imperceptible

Mère maman attention

Trop tard

La main tendue touche à présent

la soie d’une ombre

Elle est passée derrière le bruit

sans faire d’histoire

L’univers s’est brisé en mille éclats de verre

Pour elle un oiseau a chanté rouge

Pour elle les murs ont laissé filtrer le soleil d’hiver

Je la vois maintenant descendre en douceur

vers un pays de transparence

vers mon père, ma soeur et son fils lianes accueillantes

Une fête grandiose l’attend sur les hauteurs

Une tendresse infinie la retient

J’entends d’ici les chansons de mon enfance

Les tangos et les valses et la voix d’Edith Piaf

Mère, maman, laisse-toi prendre le large

Va vers la neige qui blanchit les contours

Il y aura toujours quelqu’un du côté de ton coeur

Tu seras toujours là dans le doux mot d’amour

Messages

  • Je suis touchée par ce que vous avez écrit. J’y suis tombée là par hasard.
    Je n’ai pas tout lu ce qui précédait et je ne sais comment j’ai eu votre page sur le net, probablement en faisant une recherche.

    La mort, énigme sans fin. Je me demande si Dieu n’est pas ce gros personnage qui porte un sabot gigantesque qui écrase les fourmis comme nous le faisons nous-même par nos souliers. Souvent, les fourmis écrasées sont nous.

    Parfois les portes de la mort sont ouvertes et les gens meurent par millier : guerre, un tremblement de terre et si dieu porte des gros sabot cette journée là, il écrase plus d’homme et cela devient des massacres et il y en a de plus en plus.

    Un des premiers enterrement que j’ai vu, c’était celui de ma mère. Il était beau ; très fleuri mais crevant de tristesse. Déchirant, chavirant. Je gelais à regarder le cercueil qu’on faisait dormir et je ne pleurais pas. J’étais dans un autre monde irréel mais mes pieds étaient cloués sur le sol. J’avais 8 ans. On m’avait oubliée et je regardais la scène comme un film de cinéma et ……….

    Par la suite la vie a passé calmement sans surprise, mais en me bousculant et elle a coulé pas gaie, triste mais pleine de gestes répétitives. On dirait un film qui continuait et puis, une halte. La guerre et là, les morts s’entassaient. Les chanceux pouvaient … Quoi dire, les chanceux étaient ceux qui étaient enterrés convenablement. Les autres étaient soient jetés dans des fosses communes ou déchiquetés mais les pires étaient les ……..

    Je ne veux pas en parler.

    J’ai aimé ce que vous avez écrit mais je ne suis pas capable de sérénité comme vous. Je vous envie.

    Bonne chance. Je vous souris et je vous envie. Il parait que j’ai un beau sourire. Est-ce que cela vous plait-il ? Des sourires !

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