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L’AVENTURE ÉDUCATIVE AU XXIe SIÈCLE

(L’ALTRUISME, L’ÉCOLOGIE, LE NOUVEAU MANAGEMENT ET L’OUVERTURE FORMATIVE)

mardi 21 avril 2015, par René Barbier

2015, sans doute est-il urgent de réfléchir à une éducation "autre".
Tenter cette aventure nous fait entrer dans un univers de sens riche de propositions nouvelles sur l’être humain et d’interrogations économiques, politiques, écologiques et éthiques sur notre temps.

J’ai eu l’occasion d’aller dans ce sens lors d’une étude pour mon centre de recherche. Comme d’habitude, je la livre en ligne ici même pour tous les internautes intéressés.

CHAPITRE 1

INTRODUCTION : UNE PENSÉE ET UNE ACTION VERS L’ESSENTIEL

L’essentiel ? pourquoi faut-il parler de cela ? Qu’appelle-t-on « l’essentiel » lorsque l’on pense en termes d’existence humaine et du devenir des sociétés ?
On le verra, il y a une logique en action vers une finalité qui peut être acceptable et même positive ou vers une autre beaucoup plus tragique et contestable parce qu’elle est le résultat d’une pensée égocentrée et agie par des personnes et des petits groupes dominants sans scrupule. L’option éthique qui est la nôtre nous conduit à comprendre le jeu des quatre ordres dégagés par le philosophe André Comte-Sponville dans son ouvrage « le capitalisme est-il moral ? » : ordres économique, politique, moral, éthique.

Nous cernons ainsi une accentuation progressive de la sphère scientifico-technico-économique au détriment ou à la manipulation des trois autres sphères à son profit. L’ordre économique étant dominé désormais par la financiarisation généralisée et numérique de l’échange de biens et services.
À considérer depuis une trentaine d’années l’économie mondialisée, elle se caractérise aujourd’hui par plusieurs dimensions .

- l’avènement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dans le commerce international, la Chine en tête.

- La division internationale des processus de production (DIPP) qui segmente la production à l’échelle de la planète de telle sorte que les pays ne sont plus tant spécialisés dans la production d’un bien que dans une étape des chaînes de valeur. Les pays du Sud-Est asiatique ont réussi à l’imposer.

- La sortie relative de la pauvreté au niveau mondial, notamment en Chine, mais l’augmentation de plus en plus évidente des inégalités régionales, la croissance mondiale ayant avant tout profité aux catégories sociales ultra-favorisées.

- La montée des protectionnismes et des conflits autour des monnaies en rapport avec l’insertion des pays émergents dans les échanges internationaux.

- La toute puissance de la finance et de ses crises successives sans que l’on puisse réellement la réguler, entraînant des déséquilibres grandissants au niveau macroéconomique.

- la mise au jour tragique de la crise écologique avec l’épuisement prochain des ressources énergétiques planétaires et la déperdition ultrarapide de la biodiversité.

D’innombrables ouvrages ont été édités pour expliquer cette « crise existentielle du capitalisme » mais aucun ne semble donner une réponse scientifique acceptable dès lors que l’on ne change pas du paradigme dominant axé sur la valorisation à outrance du Produit Intérieur Brut (PIB) et de l’idéologie de la croissance.

L’urgence devant la pollution généralisée de notre « terre-patrie » comme l’appellent Edgar Morin et Anne Brigitte Kern, qui met en danger la survie de nos enfants et de nos petits enfants dans un avenir proche de quelques dizaines d’années, doit nous inciter à mettre l’accent désormais sur l’ordre éthique en liaison avec l’émergence d’une société civile capable de trouver les ressources de sa propre puissance d’action, de réflexion et de contestation du « désordre établi » (Emmanuel Mounier).

1.1 Éléments pour une philosophie du vivre ensemble

Plus que jamais aujourd’hui la question du vivre ensemble se pose dans nos sociétés dominées par un individualisme forcené. Comment réaliser un collectif humain digne de ce nom susceptible de dépasser un instinct de conservation qui débouche sur l’accaparement des ressources à son profit au détriment des autres. Les anciens Grecs le nommaient « pléonexie ». Il est devenu un caractère dominant de notre société néolibérale mondialisée dont la technologie informatique a décuplé la puissance. De nos jours, un simple ordinateur suffit pour changer le capital en cours d’une grande entreprise, dans le jeu bancaire qui anime les différents « traders » sur les places boursières du monde entier.

Nous sommes arrivés au point de rupture où le « vivre ensemble » risque de sombrer dans la barbarie du « capitalisme de catastrophe » .
Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui, dans la nature humaine, le permet ? Comment se donner des règles démocratiques pour en limiter les dégâts humains et sociaux ? Ne faut-il pas revenir sur une question-clé : qu’est-ce que vivre ?

1.1.1.Qu’est-ce que vivre ?

Penser une « philosophie du vivre » comme le recommande François Jullien revient sans doute, comme il le fait à faire dialoguer la pensée occidentale et la pensée chinoise. Son œuvre m’a inspiré dans la mesure où je reste aussi dans l’univers spirituel de Krishnamurti comme de l’éthique liée à une spiritualité laïque affirmée par André Comte-Sponville et à un sens démocratique proche de Cornelius Castoriadis et d’Edgar Morin.

Dans le « Vivre », je distingue le vécu, le vivant et le vivable.
Le vécu, c’est tout ce qui a été et que j’ai engrangé dans ma vie personnelle sous influence, dans mon implication. Ma mémoire est saturée de vécu qui exerce sa pression inconsciente dans ma vie actuelle. Comme le remarque Krishnamurti, je suis porteur d’une histoire ancestrale à la fois biologique, psychologique, sociale, cosmologique dont je ne pourrai jamais faire une analyse exhaustive.

Le vivant, c’est ce que je vis au jour le jour et qui constitue mes actions, mes relations, mes pensées, mon imaginaire, dans la croyance un peu naïve à mon libre-arbitre, avec, trop souvent, un oubli vertigineux de mon passé et un espoir aveuglé de mon avenir.

Le vivable, c’est ce que la société qui m’environne et m’influence m’impose de pouvoir imaginer d’une façon réaliste, au détriment souvent d’une imagination créatrice qui m’ouvre à une espérance d’un autre monde plus juste et plus harmonieux.

Que devient alors une « philosophie du vivre » prise au piège de ces trois dimensions intrinsèques ? En quoi le « vivre ensemble » est-il une ressource acceptable sans tomber dans le pessimisme d’une finalité qui proclame que l’homme est un loup pour l’homme ?

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L’AVENTURE ÉDUCATIVE AU XXIE SIÈCLE
(L’ALTRUISME, L’ÉCOLOGIE, LE NOUVEAU
MANAGEMENT ET L’OUVERTURE FORMATIVE)

SOMMAIRE p.6
L’aventure éducative au XXIe siècle

Chapitre 1 p.11
Introduction : Une pensée et une action vers l’essentiel

1.1 Éléments pour une philosophie du vivre ensemble 12

1.2. Donnder sens à sa vie 29

1.3 Vers une problématisation 35

De l’Éthique e 44

De la morale 45

1.4. De l’expérience humaine 46

Esquisse d’une regard transdisciplinaire 46

Bibliographie 61

Chapitre 2. 63
Rencontre avec une culture à haut risque

2.1 Considérations générales 63
Conscience et activation sous bénéfice d’inventaire
au XXIe siècle : la société infiltrée 63

Notes 74

2.2 Société capitaliste occidentale versus société mondialisée 76

2.3 Un capitalisme de catastrophe 81

Chapître 3.
Inégalités et capitalisme patrimonial : intérêt et limite
de l’analyse de Thomas Piketty 87

3.1. Le point de vue de Thomas Piketty 87

3.2. La révolution éthique 89

3.3. L’ouverture énergétique et son questionnement 90

Le modèle torique de la circulation de l’énergie 91

L’accaparement par tous les moyens des ressources produites par tous et leur financiarisation. 92

Retours sur les « fonds vautours » 92

Quelles sont les conséquences pour les pays pauvres ? 93

Comment lutter contre ces pratiques ? 93

Chapitre 4.
Écologie politique et recherches sur l’altruisme 95

4.1 Introduction 95

Notre rapport à l’écologie politique 96

L’écologie politique devient nécessaire 97

A propos de notre « Terre-amirale » 97

L’écosystème 102

Interdisciplinarité systémique 103

La coévolution 103

Le rôle de l’observateur et de l’expérimentateur 105

L’impasse de la causalité linéaire 105

Le rôle du temps 106

Théorie et pratique 107
Équilibre, stabilité et évolution des écosystèmes 107

4.2. L’aventure éducative au XXIe siècle : Une pensée et une action de l’essentiel 108

Problématique 109

4.3. Les trois économies 111

4.4. Les trois concepts et les modes d’existence 112

4.5. La logique intrinsèque aux trois économies 113

Chaptire 5
De la bienveillance et de la bonté humaine 119

Introduction 119

5.1 Vers l’empathie et la bienveillance : deux ouvrages-clé de Matthieu Ricard 122

5.2 Du côté de la bonté humaine chez Jacques Lecomte 124

5.3 Le « délire occidental » (Dany-Robert Dufour) jusqu’à l’invagination du sens 125

Chapitre 6
L’invagination du sens et la formatiion des managers 129

6.1 Une grave interrogation pour ce début du XXIe siècle 129

Transmettre constitue le coeur de l’éducation. Mais qu’est-ce que transmettre ? 131

6.2. Qu’est-ce que transmettre ? 132

6.3. Transmettre l’essentiel ? 133

Problématique 134

6.4. Le corps, la « polis » et la conscience en éducation 135

Schéma 135

6.5. Qu’est-ce que l’implication en éducation ? 136

Je suis impliqué 136

Je m’implique 136

J’implique autrui 136

6.6. Vers une « conscience d’éveil » comme finalité 137

Deux orientations pour comprendre ce qu’est la conscience 137

- « Prendre conscience » du jeu de l’implication relationnelle tous azimuts

- La conscience dépasse-t-elle l’individu et son cerveau ? 137

Bibliographie 138

Chapitre 7.
Former des managers ? 139

7.1 L’action utopique du CIRPP 139

7.1.1 L’exemple à la base de l’innovation pédagogique 140
du CFI de Gambetta (75020)

7.1.2. Guidé par un aveugle – réflexions 142

A.- Le dialogue des handicaps 143

B.- La rencontre avec l’altérité 144

C- Le regard chez Jean-Paul Sartre 145

D. - Chez Martin Buber 145

E.- Le Visage chez Emmanuel Levinas 146

La question du Maître lévinassien 147

F.- Chez Ricoeur : La dialectique de l’ipséité et de la mêmeté 147

G.- Le « détour » par un univers « autre » des sens. 149

H.- La question de l’identité en terme de « je est un autre » 150

7.1.3. Une pédagogie du jeu 151

Types d’expérimentations dans le cadre des communications au CIRPP 151
Jeu vidéo de simulation 153

Chapitre 8.
Réflexions sur la pédagogie du jeu dans les écoles de
management 155

8.1. Les enjeux du jeu en éducation radicale 155

Schéma 158

8.2. Les théories sur la problématique du jeu 159

8.3. Ma position théorique 161

8.4. . Revenons à notre problématique des enjeux du jeu en éducation radicale 163

8.4.1- le jeu à double face chez Roger Caillois qui distingue le jeu à dimension 163

Tabeau 164

8.4.2. Le jeu et l’apprentissage (Gilles Brugère, dans son livre jeu/apprendre,
ed.Anthropos, 2005)

8.4.3. l’enjeu et la problématique du risque 165

8.4.4. Le jeu non attaché : considération philosophique en spiritualité laïque 166

Conclusion philosophique : Profondeur et jeu du monde 167
Notes du chapitre 169

Table des matières 175


Lire "lettres à Lara", notamment le premier chapitre sur le "projet implié" : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1251

Illustration : dessin électronique, "Lunaisons 21", René Barbier, 2015