Le Journal des Chercheurs

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La moisson

vendredi 2 janvier 2015, par René Barbier

Puis-je écrire un poème pour une vieille dame très croyante, respectée et estimée, tout en m’affirmant agnostique ? Il suffit d’entrer en empathie avec son univers psychique sans résistance et avec un amour simplement à hauteur d’homme. C’est ma tentative littéraire ici même.

"Contempler, pas besoin pour cela d’être moine, lorsque devant un visage ou un événement, face à l’étendue de la mer apaisée ou à la pure arabesque née du geste inspiré d’un peintre, m’oubliant moi-même, ne cherchant ni à saisir ni à comprendre, je me laisse prendre et emporté "par delà le miroir" dans un mouvement de communion, alors je contemple. Tous, un jour ou l’autre, nous en avons fait l’expérience. Même fugitive, elle laisse en nous un souvenir : il a atteste, en dépit du doute toujours menaçant, l’existence d’un autre monde, entraîné par un autre mouvement que celui, très égocentrique, auquel nous obéissons le plus spontanément, s’abandonner à cet autre mouvement, c’est être croyant ; reconnaître sa source et son nom : "Jésus-Christ" c’est être chrétien." (Pierre Bellégo, "l’aujourd’hui du Christ dans l’aujourd’hui du monde", auto édition de l’association des amis de Pierre Bellégo, extrait de septembre 1986. Édition de 1998, 398 pages, pages 108 et 109)

Pour Mamie Sirgant, 92 ans

 

Dieu se glisse entre les doigts

Pour toucher nos yeux d’enfance

Il lisse sous nos paupières

Des rêves allégés d’un autre âge

 

Il chemine dans nos enjeux

Il change nos larmes en sources vives

Son royaume dans nos sourires

Vibre prairie d’innocence

 

Il est toujours là

Quand la vie ne l’attend plus

Il dit oui au grand silence

Et non à la clôture

 

Il est tout ce qui perdure

Dans la seconde ébouillantée

 

Il est plus pauvre que grain de blé

Mais Il moissonne l’ouverture