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Elle connaît

vendredi 18 juillet 2014, par René Barbier

 

"Et toi, qui, toujours, sus de moi l’ intime

Et le mieux caché, fût-ce de ma chair"

 

Gulya Illyès (Refuge, traduit par Jean Rousselot, in Hommage à Gyala Illyès, La Maison du poète, 1963, p.112)

 

La nuit muscle ma mémoire

Sa douceur arrondit mes souvenirs

 

Une tendresse du fond des âges

Infuse dans tout mon être

 

Je tends la main vers les nuages

Comme une aventure

Je recueille une mésange

 

Qu’est-ce qui monte dans l’entre-deux

Du sommeil au réveil

De la transparence à l’opaque

 

Quel lien avec le monde

D’hier et du non temps

 

Que suis-je dans cet entrouvert

Qui m’attire vers l’autre part

 

Le bleu du ciel se fomente dans mes yeux

D’où vient la source et ce qui m’emporte

Quand le rêve fait son miel avec l’infini

 

Ma femme s’éveille dans mes broussailles

Elle dépose l’empreinte de sa main sur la mienne

Je me glisse dans son matin

 

Elle ne dit rien

Elle connaît mon mystère