Le Journal des Chercheurs

Accueil > Le JOURNAL des Chercheurs > La mort de Gilbert Durand

La mort de Gilbert Durand

mardi 20 août 2013, par René Barbier

image 65 x 79</CENTER

Il y a deux jours (le 10 décembre) j’ai reçu ce message de mon ami Basarab Nicolescu qui m’a beaucoup attristé :

Décès le 6 décembre de Gilbert Durand

Gilbert Durand (1921-2012) était un universitaire français connu pour ses travaux sur l’imaginaire et la mythologie.

Il était membre fondateur du CIRET et un fidèle sans faille de la transdisciplinarité.

Agrégé de philosophie, successivement professeur de philosophie de 1947 à 1956, professeur titulaire et professeur émérite de sociologie et d’anthropologie à Grenoble II, disciple de Gaston Bachelard, d’Henry Corbin, de Stéphane Lupasco et de Carl Gustav Jung, maître de Michel Maffesoli, Gilbert Durand a été le cofondateur - avec Léon Cellier et Paul Deschamps en 1966 - et le directeur du Centre de recherche sur l’imaginaire, noyau d’un réseau international de plus d’une soixantaine de laboratoires, et membre du Cercle Eranos et ancien résistant du Vercors.

Afin de rompre avec les réductionnismes, Durand a proposé une notion pour une définition de l’imaginaire : « l’incessant échange qui existe au niveau de l’imaginaire entre les pulsions subjectives et assimilatrices et les intimations objectives émanant du milieu cosmique et social » (Les structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, 1960, p. 38). Durand remarque que cette position écarte le problème de l’antériorité ontologique puisqu’elle postule une "genèse réciproque" entre l’environnement matériel et le "geste pulsionnel". Ainsi Durand prolonge les travaux du psychologue suisse C. G. Jung (Types psychologiques, Genève, Georg, 1986, p. 456-457) qui avait observé que le Moi de notre conscience coïncide avec le Soi "cosmique", conscient de son appartenance à une dimension collective.

La théorie des "Structures anthropologiques de l’imaginaire" (SAI) énonce deux propositions, la première sur l’origine de l’imaginaire, la seconde sur l’organisation de son contenu. Ainsi, l’origine de l’imaginaire est une réponse à l’angoisse existentielle liée à l’expérience "négative" du "Temps". L’être humain sait qu’il mourra un jour car le Temps le fait passer de la naissance à la mort. De cette angoisse existentielle et universelle naîtrait l’imaginaire.[réf. nécessaire] L’imaginaire est un créateur d’images et de figures (Bachelard), mais cette création n’est pas un chaos désordonné. S’appuyant sur les tentatives de classification des productions de l’imaginaire (Bachelard, Eliade, etc.) mais en montrant leurs limites, la théorie des SAI propose une classification sur la base de deux principes, l’un s’appuyant sur la logique réversible du trajet anthropologique et l’autre sur une critique du structuralisme, et avance trois structures - c’est-à-dire des groupements de symboles de formes semblables - générales, à vocation universelles (ou anthropologiques) : schizomorphe, mystique et synthétique. Ainsi, l’imaginaire ne serait pas inépuisable, à l’infini. Il se reproduirait, il se répèterait selon des "axes" logiques et isomorphiques. L’origine de ces trois ensembles de l’imaginaire provient des travaux de F. Minkowska (De Van Gogh et Seurat aux dessins d’enfants, Paris, Musée pédagogique, 1949). La structure schizomorphe relève du régime diurne de l’image, les structures mystique et synthétique du régime nocturne. Chaque régime de l’imaginaire possède ses lois d’assemblages des images et ses logiques. L’assemblage dans la structure mystique du régime nocturne se fait sous la conduite d’une logique de similitude ou homéologie, et d’analogie. Dans le régime diurne, les images se regroupent entre elles selon des principe d’identités, ou se repoussent par contradiction ou exclusion.

En 2000, Gilbert Durand reçoit le titre de Juste parmi les nations, décerné par Yad Vashem. La médaille lui est remise en 2001 à Chambéry.

Le 14 mars 2007, Raymond Aubrac lui remet, à Chambéry, la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur pour ses actions dans la Résistance.

Bibliographie de Gilbert Durand

 Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Dunod (1re édition Paris, P.U.F., 1960).

 Gilbert Durand, Le Décor mythique de la Chartreuse de Parme, Paris, José Corti (1961)

 Gilbert Durand, L’Imagination symbolique, Paris, PUF (1re édition en 1964).

 Gilbert Durand, Sciences de l’homme et tradition. Le nouvel esprit anthropologique, Paris, Albin Michel (1re éd. Tête de feuille-Sirac, Paris, 1975).

 Gilbert Durand, Figures mythiques et visages de l’œuvre. De la mythocritique à la mythanalyse, Paris, Berg International, 1979.

 Gilbert Durand, L’Âme tigrée, Paris, Denoël, 1980.

 Gilbert Durand, La Foi du cordonnier, Paris, Denoël, 1984.

 Gilbert Durand, Beaux-arts et archétypes. La religion de l’art, Paris, P.U.F., 1989.

 Gilbert Durand, L’Imaginaire. Essai sur les sciences et la philosophie de l’image, Paris, Hatier, 1994.

 Gilbert Durand, Introduction à la mythodologie. Mythes et sociétés, Paris, Albin Michel, 1996.

 Gilbert Durand, Champs de l’imaginaire. Textes réunis par Danièle Chauvin, Grenoble, Ellug, 1996.

 Gilbert Durand, Les Mythes fondateurs de la franc-maçonnerie, Paris, Dervy, 2002.

 Gilbert Durand, La sortie du XXe siècle. Introduction à la mythodologie, Figures mythiques et visages de l’œuvre, L’Âme tigrée, Un comte sous l’acacia. Réédition des quatre ouvrages, Paris, CNRS Editions, Préface de Michel Maffesoli, 2010.

En collaboration :

 Gilbert Durand& Simone Vierne, Le Mythe et le Mythique, Paris, Albin Michel, 1987.

 Gilbert Durand & Sun Chaoying, Mythes, thèmes et variations, Paris, Desclée de Brouwer, 2000.

Une bibliographie complète des publications de Gilbert Durand se trouve dans Champs de l’imaginaire, textes réunis par Danièle Chauvin, Grenoble, Ellug, 1996, p. 243-256.

Bibliographie sur Gilbert Durand

 Maffesoli Michel (dir.), La Galaxie de l’imaginaire. Dérive autour de l’œuvre de Gilbert Durand, Paris, Berg international, 1980.

 Pachter Michèle, Gilbert Durand, Sociétés, vol. 1, no 4, juin 1985.

 Durand Jean-Pierre & Robert Weil, Sociologie contemporaine, Paris, Vigot, 1993, p. 212-215.

 Godinho Helder, « Gilbert Durand » in Thomas Joël (dir.),Introduction aux méthodologies de l’imaginaire, Paris, Ellipses, 1998, p. 140-149.

 Cabin Philippe, Une cartographie de l’imaginaire : Entretien avec Gilbert Durand, Sciences humaines, janvier 1999.

 Hachet Pascal, "La psychanalyse d’Abraham et de Torok et l’anthropologie de Gilbert Durand", dans "Cryptes et fantômes en psychanalyse", Paris, L’Harmattan, 2000, pp.29-39.

 Eersel Patrice van, Le retour des dieux. Entretien avec Gilbert Durand, Nouvelles Clés, 30, été 2001, p. 54-59.

 Bertin Georges, Pour l’Imaginaire, principes et méthodes, Esprit critique, vol. 4 no 2, février 2002 *

 Xiberras Martine, Pratique de l’imaginaire. Lecture de Gilbert Durand, Laval, Presses de l’Université Laval, 2002.

Texte en ligne de Gilbert Durand sur le site du CIRET (dont il était un membre fondateur :

 "L’anthropologie et les structures du complexe", Colloque Stéphane Lupasco, Rencontres Transdisciplinaires, Bulletin no 13, mai 1998

 http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b13c10.php

Notre ami Georges Bertin, co-président de l’Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Education (AFIRSE), vient d’écrire à ce jour :
Hommage à Gilbert Durand
par Afirse, dimanche 9 décembre 2012, 12:29 ·
AFIRSE.

Gilbert Durand (1921-2012) n’est plus.Gilbert Durand vient de nous quitter, philosophe, sociologue, créateur des Centres de recherche sur l’imaginaire, il laisse une oeuvre immense et si féconde....C’était aussi un héros de la Résistance et un "Juste parmi les Justes". Une belle âme..

Agrégé de philosophie, successivement professeur de philosophie de 1947 à 1956, professeur titulaire et professeur émérite de sociologie et d’anthropologie à Grenoble II, disciple de Gaston Bachelard, d’Henry Corbin et de Carl Gustav Jung, maître de Michel Maffesoli, Gilbert Durand a été le cofondateur - avec Léon Cellier et Paul Deschamps en 1966 - et le directeur du Centre de recherche sur l’imaginaire1, noyau d’un réseau international de plus de quatre vingt de laboratoires, et membre du Cercle Eranos et ancien résistant du Vercors.

Sa thèse de doctorat, en 1969, « Les Structures anthropologiques de l’Imaginaire » suivie de plus de 350 ouvrages et articles scientifiques connus à ce jour, ouvrait la voie à une réflexion dont se réclament plus de 80 centres de recherche dans le monde.

Nous avons pour notre part beaucoup aimé, et nous y référons de façon constante, son ouvrage paru en 1979, chez Berg International, « Science de l’Homme et Tradition, le nouvel esprit anthropologique », car nous y trouvons le fondement même d’une pensée si érudite et originale.

Dans le domaine de la Recherche en Education, signalons que plusieurs équipes ont été au moins inspirées par sa théorie des structures anthropologiques de l’Imaginaire :
• Celle de Bruno Duborgel, professeur à Saint Etienne, qui publie, en 1983, Imaginaire et pédagogie, de l’iconoclasme scolaire à la culture des songes , préfacée par Gilbert Durand, chez Privat.

• Le Centre de Recherches sur l’Imaginaire en Sciences de l’Education (CRISE) de René Barbier à l’Université de Paris 8 Vincennes à Saint Denis, dont nombre de travaux font également référence aux travaux de Gilbert Durand, et qui publie, dans la collection que dirigeait Jacques Ardoino, Pratiques de Formation Analyses en 1985 deux numéros intitulés « Imaginaire et Education, jeux et enjeux ».Plusieurs thèses devaient naître de cette réflexion dans ce laboratoire à Paris 8, dont la nôtre « L’imaginaire de la fête locale, 1989, sous la direction de Jacques Ardoino, Gilbert Durand ayant accepté de siéger dans le jury.

• Le laboratoire GREFED/ Processus accompagnement Formation, que dirige Frédérique Lerbet, à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, poursuit également cette voie en dirigeant nombre de travaux de thèses travaillant la question de l’Imaginaire en Education et Formation. On lui doit tout récemment la publication chez L’Harmattan de Mythe et Education, suite au colloque que nous avions organisé, ensemble à Angers en 2005, au CNAM/IFORIS.

• A Angers, le Groupe de Recherches sur l’Imaginaire les Objets symboliques et les Transformations sociales (GRIOT) que nous avons fondé à l’UCO en 1993, devenu, en 2000, au Cercle de Recherches Anthropologiques sur l’Imaginaire (CRAI) au CNAM IFORIS, a publié plusieurs colloques en lien avec cette même problématique :o Figures de l’Autre, co dirigé avec Jacques Ardoino, Teraèdre, 2010.o Les Imaginaires du Nouveau Monde, avec Lauric Guillaud, éd Mens Sana, 2011o Imaginaires, Savoirs, Connaissance, co dirigé avec Yvon Pesqueux, éd CNAM PDL, 2011.o et bientôt Figures de l’Utopie, avec Christine Bard et Lauric Guillaud…

• A Rabat, le GRAFE que dirige le professeur Abdelhak Bellakdar, est loin de négliger les voies de recherche ouvertes par Gilbert Durand dans ses travaux sur la didactique des langues ou la formation des enseignants en littérature.

Car toutes ces approches, fondées sur une anthropologie de l’Imaginaire, convergent sur un constat : un Nouvel Age de la communication éducative est bien au rendez-vous de la fonction fantastique avec un retour prolifique des images en interaction constante. Ce dernier engendre un luxuriant essaim de significations ravissant la pensée à l’enchaînement temporel, quand l’être change de camp, quand la vocation de l’esprit est insubordination à l’existence et à la mort, et la fonction fantastique se manifeste comme le patron de cette révolte .

De fait, nous vivons désormais des visages du temps dépassant les précédents dans la forme englobante de l’icône, « dressant contre les visages du temps le pouvoir de nous dresser contre la pourriture de la mort et du destin » , nous conduisant à une profonde et intuitive connaissance du processus créateur, de la vie en société .

Changement de conscience et de modes d’action, dynamiques sociales planétaires en ce début de millénaire, quand le centre est partout et que les effets culturels en sont innombrables , alors même que la science et la technique modernes ont perdu l’idéal cartésien de maîtrise qui les définissait. Nous nous devons donc d’assumer une nouvelle ontologie, de « nouvelles figures du pensable » comme capacités de création, de vie fondée sur l’être, comme « surgissement permanent sortant d’un abîme sans fond », soit une autre façon de penser le monde, proprement « instituante ».
Ainsi les mutations à l’œuvre dans nos imaginaires nous incitent à nous représenter de façon « plus gaie et fortuite » les significations imaginaires sociales naissant du flux incessant des interactions à l’œuvre dans des sociétés désormais plurielles, où le lointain est devenu si proche.

Nous pouvons prendre le pari raisonnable que les sociétés éducatives qui sauront à la fois ne pas se couper de leurs racines, cultiver des modalités d’Education fondées sur la communauté et la Tradition et prendre avec elles dans le même temps, paradoxalement sans les renier, la distance critique que la Modernité nous a enseignée, tout en affrontant les mutations du cyberespace et de ce que l’on nomme aujourd’hui le « post humanisme », se placeront dans une perspective ouverte et nécessairement dynamique car fondée sur de réelles interactions.

Une autre Education, tirant les leçons de cette complexité, soit plurielle, labile, combinant paradoxalement, dynamique de groupe, graphosphère et numérisphère, grâce aux nouvelles technologies, y trouvera sa force et sa raison d’être.
Il est vrai, comme l’écrivait Gilbert Durand, que « notre Science de l’Homme se fonde d’abord sur la reconnaissance de la complexité extrême et ressortissant d’une logique de l’antagonisme de l’objet humain ».
Poursuivons donc dans les voies qu’il nous a tracées…

Angers, le dimanche 9 décembre 2012.

Georges Bertin.
CNAM des Pays de la Loire,
Co-président de l’AFIRSE

image 247 x 371</CENTER

René Barbier et Gilbert Durand dans les années 90

J’ai connu Gilbert Durand alors que j’étais encore un jeune sociologue, lors de mes recherches sur l’imaginaire. Avec Bachelard et Castoriadis, il fut pour moi un mentor dans ma discipline.

Il me souvient de la prestigieuse Décade de Cerisy-la-Salle, en 1991, où nous nous sommes retrouvés avec tous ses amis et élèves, autour de sa personne et de son oeuvre, dans une fête de l’intelligence non dogmatique.

Lors de la soutenance de l’Habilitation à diriger des recherches de Georges Bertin, en décembre 1999, j’avais parlé ainsi de Gilbert Durand :

Pour Gilbert Durand, on peut dégager une structure anthropologique de l’imaginaire. Sa théorie s’articule sur la notion de "trajet anthropologique de l’imaginaire", c’est à dire une incessant échange entre des pulsions subjectives et assimilatrices et le milieu extérieur, cosmique et social, qui impose ses contraintes. Les images s’assemblent en essaims, en constellations d’images qui sont relevables d’une classification tripolaire. Certes, pour cela, il nous faut sortir des herméneutiques réductrices fort à la mode dans les sciences de l’homme et découvrir une herméneutique instauratrice, dans la ligne de Gaston Bachelard en redonnant toute sa puissance au "signifié" du symbole. Sous cet angle, Gilbert Durand s’éloigne tout à fait de l’interprétation lacanienne de l’imaginaire.

A partir d’un fondement structuro-moteur de l’être humain, largement emprunté aux chercheurs russes (école réflexologique de Léningrad à partir de l’étude des nouveaux-nés ou de la copulation chez l’animal), Gilbert Durand nomme trois tendances : celle consistant à se redresser, celle consistant à engloutir et celle consistant à rythmer et copuler. De cette base neuro-physiologique, G. Durand dégage trois grandes lignes de force, formant des schèmes fondamentaux, structurant les constellations d’images : le schème schizomorphe ou héroïque, le schème mystique et le schème synthétique. Chaque schème représente la matrice profonde d’une série d’archétypes et d’images variés.

Le schème héroïque ou schizomorphe, qui s’appuie sur une dominante-réflexe "de position" et qui ordonne la position du corps redressé, appelle les images de redressement, d’ascension, d’affirmation, de spectaculaire, de purification, de combat, de rupture diaïrétique, de jour, de luminosité. Les symboles sont les armes, les flèches, les glaives.

Le schème mystique qui s’appuie sur la dominante réflexe de "nutrition" (succion labiale et orientation correspondante de la tête du nouveau-né), et de "digestion", agglutine les images de profondeur, de descente, d’avalement, de retraite, de blottissement, d’intimité, de refuge, de nuit, de sombre. Les symboles sont des coupes, des coffres, des grottes etc,.

Le schème synthétique, enfin, s’appuie sur la dominante-réflexe "copulative" obéissant soit au cycle vital (puissance sexuelle individuelle), soit au cycle saisonnier, soit au cycle d’oestrus chez les mammifères femelles. Les images sont celles de rythmicité, de dialectique, d’articulation entre le dehors et le dedans, de médiation, de progressivité. Les symboles sont la roue, la baratte, le briquet.
Les archétypes peuvent être considérées comme une "substantification" des schèmes au contact de l’environnement naturel et social. Ainsi aux schèmes ascensionnels correspondent immuablement les archétypes du ciel, du sommet, du chef. En se liant à leur tour à des images différenciées selon les cultures, les archétypes s’actualisent en symboles. A la différence de l’archétype, le symbole se caractérise par son extrême fragilité. En perdant de sa polyvalence, le symbole évolue vers ce que René Alleau nomme le "synthème", la réduction sociologique de la fonction symbolique.

Pour Gilbert Durand, le mythe est un système dynamique de symboles, d’archétypes et de schèmes qui sous l’impulsion d’un schème ou d’un groupe de schèmes tend à se composer en récit.

Gilbert Durand prétend que nous pouvons classer toutes les images humaines dans ces trois schèmes et l’un de ses collègues, le psychologue Yves Durand, a établi un test projectif (l’AT9) qui semble confirmer son hypothèse (L’exploration de l’imaginaire. Introduction à la modélisation des univers mythiques, Paris, L’espace bleu, 1988, 354 p.).

C’est un grand humaniste et un vrai savant qui disparaît. Ce fut également un des premiers résistants au Nazisme durant la Seconde Guerre Mondiale, engagé dans la lutte armée dans les maquis (il fut commandeur de la légion d’honneur).

Nous ne l’oublierons pas.


Gilbert Durand fut un grand résistant contre le nazisme dès la première heure lors de la seconde guerre mondiale. Françoise Bonnardel reconnaît son courage exemplaire (voir la petite vidéo You Tube ). J’avoue que Gilbert Durand fut l’un des anthropologues qui m’a le plus impressionné par son ouverture, sa congruence et son honnêteté. Il habitait à la montagne du côté de Chamonix où il avait pris sa retraite. Oui Gilbert Durand nous manquera vraiment ! Il fait partie des "hommes remarquables" que j’ai eu l’honneur de connaître.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?