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De la sagesse

vendredi 19 octobre 2012, par René Barbier

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Le Séminaire sur les sagesses d’ici et d’ailleurs que j’anime dans le cadre de l’Université Coopérative de Paris (UCP) m’a donné l’occasion de commencer à préciser ma pensée à ce sujet.

Qu’est-ce qu’un sage ? [1]

Comme tout être humain, le sage antique est nécessairement un être inachevé, un néotène, dont nous parle le philosophe Dany-Robert Dufour dans son oeuvre depuis une quinzaine d’années. [2]

Mais c’est un néotène qui a pris à bras le corps sa néoténie, son inachèvement, et en a fait un élan spirituel.

Loin de penser en termes d’un espace-temps de perfection, celui d’un monde animal lié à ses instincts, et nécessairement limité, antérieur à l’homme inachevé et qu’il faudrait retrouver, il s’insère dans le cours du monde pour accomplir en lui-même sa destinée (son "fatum" dirait Nietzsche) comme élan vers et par sa puissance d’agir et d’être au monde, comme élan vital, vers un point d’être innommable, qui n’implique pas, pour autant, un imaginaire divin.

Il est tendu au dessus de l’abîme pour écouter/voir en quoi il est lui-même un abîme.

Ce Grand Vide qu’il découvre dans son for intérieur n’est pas un néant mais une ouverture, celle de tous les possibles, une disponibilité absolue à l’égard de ce qui advient sans cesse pour le meilleur et pour le pire et qui le conduit vers l’Émerveillement dont nous parle le philosophe Bertrand Vergely [3].

Il dit un grand OUI à ce surgissement permanent, ce qui ne l’empêche pas de dire NON à ce qui est susceptible de casser l’élan de la vie pour tous, souvent du fait des êtres humains et de leur sens de l’accaparement (la "pléonexie" notion déjà chez Platon) si valorisé et développé par le Capitalisme de catastrophe contemporain (état économique qui vient après le capitalisme marchand et industriel pour s’accomplir dans le bancaire spéculatif).

Loin de l’idée de maîtrise, de compétence, de performance, de compétition à outrance, le sage chemine vers son accomplissement inscrit, dès le départ, dans le jeu toujours neuf de sa complexité neuro-physiologique croissante, celle de l’homo sapiens sapiens, comme expression du "Jeu du Monde" (Kostas Axelos) [4] dans lequel il est complètement partie prenante.


Sur la vision du monde d’un sage du XXe siècle : Krishnamurti, Socrate du XXe siècle, par René Barbier, cours à l’université pendant 20 ans,, en ligne http://icampus.uclouvain.be/courses/KRISH2008/document/introductionK.html

Voir aussi l’exposé de René Barbier lors de [la première séance de la "sagesse contre l’éducation (nationale)" avec Firefox : http://www.barbier-rd.nom.fr/UCP6-exposeRB.3gp
Illustration : Éclat de feu2, dessin numérique de René Barbier, 2012


[1À propos de la sagesse et en retentissement à un livre de Roger-Pol Droit qui vient de paraître Les Héros de la sagesse, Champs essais,Flammarion, 2012, 186 pages

[2Voir son dernier livre, Dany-Robert Dufour, Il était une fois le dernier homme, Paris, Denoël, 2012, 224 pages

[3Bernard Vergely, Retour à l’émerveillement, Albin Michel, 2010, 326 pages

[4Kostas Axelos, Le jeu du monde, Paris, Les éditions de minuit, 1969, 451 pages

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