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Colloque international AFIRSE mai 2009 : RECHERCHES ET RÉFORMES EN ÉDUCATION :

lundi 23 février 2009, par René Barbier

Colloque international AFIRSE 2009

RECHERCHES ET RÉFORMES EN ÉDUCATION : paradoxes, dialectiques, compromis ?

L’Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Éducation organise un Colloque International du 5 au 8 mai 2009 à l’Université du Québec à Montréal sous la présidence d’honneur de Monsieur Jean-Marc Léger, fondateur de l’Association universitaire de la Francophonie (AUF).

ARGUMENTAIRE

À l’ère de la mondialisation, on constate un mouvement accéléré de réformes éducatives initiées par les divers gouvernements. Aiguillonnés par les enquêtes internationales organisées par l’OCDE (PISA) et par l’IEA (IALS, PIRLS, TIMSS), les États dits démocratiques, à travers leurs politiques, s’ingénient à proposer des réformes susceptibles de rendre leur pays plus compétitif. L’internationalisation des perspectives de ce que doit être et peut être l’éducation s’actualise par le biais des interventions de l’OCDE et de la Banque mondiale. Désormais, dans le monde de l’éducation, aucun pays, du Nord au Sud, ne saurait échapper aux grandes orientations de la mondialisation. Parallèlement, les changements des systèmes éducatifs proposés par les réformes politiques ont été concomitants à l’organisation de l’éducation et à la conception des curricula.

Toute réforme de l’éducation touche les fondements et les finalités de l’éducation. En conséquence, l’État ne devrait-il pas s’inspirer des résultats de la recherche et de l’expertise des chercheurs lors de la conception des réformes, de leur planification, de leur implantation, de leur évaluation et de leur réorientation ? Cependant, force est de constater que la recherche en éducation propose souvent ses interprétations sans que ces dernières soient toujours entendues. À ce titre, ne serait-il pas idéal que les chercheurs et les promoteurs des réformes éducatives sur le terrain développent une pensée commune ?

Les chercheurs en éducation oeuvrent depuis des décennies à soustraire la recherche du paradigme positiviste pour imposer de nouvelles voies. Malgré cet état de fait, la recherche reconnue dans ce domaine se réduit de plus en plus à la recherche dite « scientifique », au détriment d’une recherche moins académique, sans doute plus qualitative et philosophique. Bien que la recherche, par son inventivité permanente, bouleverse sans cesse sa propre structure et produise des « révolutions scientifiques » (Thomas Kuhn, 1999), il semble que « recherche scientifique » et « réforme » révèlent une opposition paradoxale, s’excluant l’une et l’autre. Le mot « réforme », dans son sens premier, peut signifier des modifications secondaires, mais sans doute nécessaires, dans les dispositifs, les protocoles d’expérience, les enjeux institutionnels. Toutefois, l’émergence d’un nouveau noyau épistémologique, de nouveaux « thêmata » (G.Holton, 1981) n’exprime-t-elle pas une visée révolutionnaire qui vient remettre radicalement en cause l’ordre établi par la cité savante, souvent défensive, à un moment donné de son histoire ? Ainsi, dans le domaine des sciences sociales, particulièrement en éducation, la réflexion épistémologique ne se retrouve-t-elle pas complètement aux prises avec l’histoire, comme l’affirme le sociologue Jean-Claude Passeron (1991) ?

En dépit du fait que la recherche en éducation ne vise pas obligatoirement le changement, le chercheur scientifique, en tant qu’acteur social, doit nécessairement trouver sa place au sein du système éducatif, plus particulièrement, en contexte de réformes. La relation chercheur-société s’avère une relation dynamique, c’est-à-dire entretenant un lien à la fois de tension et de complémentarité (McLaren, 2003), voire une relation de pouvoir complexe basée sur la connaissance du contexte, la conscientisation et la réflexion sur les espaces possibles de changements.

Dans la réalité institutionnelle, pour survivre, les chercheurs ne doivent-ils pas souvent se plier aux décisions politiques fondées sur la concurrence qui favorisent les structures complexes permettant des résultats de recherche financés pas d’imposants budgets ? Actuellement, les réformes en éducation dans les pays occidentaux semblent être le fait d’une poignée d’« experts » que les acteurs politiques consultent quasi exclusivement. Aux chercheurs de se débrouiller pour réussir à s’insérer, tant bien que mal, dans ces réseaux où la reddition de compte qui devrait permettre l’utilisation des recherches est, le plus souvent, fictive ou ∕ et inexploitée.

Est-ce l’effet du hasard si les réformes éducatives mises de l’avant dans la francophonie tant en Europe qu’en Amérique du Nord surgissent au même moment ou presque en véhiculant les mêmes valeurs, en s’appuyant sur les mêmes théories et en proposant des curricula semblables ? Ne serait-ce pas davantage l’application par les États de normes décidées dans le cadre des organismes internationaux ? Doit-on conclure que certains chercheurs se laisseraient gagner par le doute, par la fatigue et parfois par le compromis, quand ce n’est pas par la compromission avec les « réformes » politiques présentées dans les discours d’accompagnement largement diffusés, dans les médias, comme « inéluctables » et « indispensables » ?

Enfin, quand posera-t-on réellement la question du sens de l’éducation, c’est-à-dire d’une finalité de l’éducation qui se refuse à exclure de la formation humaine, les données de la vie sensible, de la vie individuelle inconsciente, de l’imaginaire social et de la dimension nécessairement écologique de l’humanité ? Comme le rappelait Edgar Morin (2005), nulle réforme éducative ne peut avoir lieu sans une réforme de la pensée. Cette dernière nous entraîne à reconnaître que notre action sur le monde, alimentée par notre réflexion, va de pair avec la reconnaissance, non seulement de notre raison, mais également de nos symboles et de nos mythes. La reconnaissance de la complexité, comme « prêt de sens » (Jacques Ardoino, 1993) à la réalité, n’inclut-elle pas plus qu’elle n’exclut les divers systèmes d’intelligibilités et de sagesses que l’humanité s’est efforcée de mettre en jeu au fil de son historicité et de la variété de ses cultures ? N’est-ce pas le propre de la pensée complexe que de permettre l’opérationnalisation de cette nouvelle manière de faire de la recherche en éducation ?

S’il doit y avoir révolution en sciences sociales et humaines, ce ne sera que dans les rets d’un bouleversement considérable des fondements mêmes de la société, et, peut-être, d’une nouvelle vision plus complexe d’un monde que l’on sait de plus en plus dangereusement fini et faillible. C’est là que l’apport d’autres regards philosophiques et spirituels que ceux de notre monde occidental prométhéen et libéral peuvent nous amener à questionner notre façon de vivre ensemble.

SOUS - THÈMES SCIENTIFIQUES

La problématique des recherches et des réformes en éducation sera abordée de façon critique par des experts venus des cinq continents réunis à Montréal, en mai 2009. Ces derniers y présenteront des communications en lien avec l’une ou l’autre des dimensions suivantes afin de dégager de leurs travaux des éléments de réponse relatifs aux quatre axes du colloque :

a) La dimension épistémologique : les fondements des réformes, incluant ou non le sujet qui apprend, celui qui enseigne, celui qui encadre ou qui initie les projets de réforme ;

b) La dimension axiologique : les valeurs préconisées ou mises en place défendues par les acteurs et les systèmes ;

c) La dimension praxéologique : les approches, les pratiques et les méthodes de l’intervention éducative issues des recherches et des réformes éducatives ;

d) La dimension organisationnelle : le politique, la place des différents acteurs dans les systèmes éducatifs, les lieux de pouvoir, les partenariats, l’équilibre entre centralisation et décentralisation, etc.

COLLOQUE INTERNATIONAL AFIRSE
COMITÉ SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL

Monsieur Jacques Ardoino, Professeur à l’Université Paris VIII (France)

Monsieur René Barbier, Professeur à l’Université Paris VIII (France)

Monsieur Guy Berger, Professeur à l’Université Paris VIII (France)

Madame Lise Bessette, Professeure à l’Université du Québec à Montréal (Canada)
Madame Marilene Corréa, Professeure, rectrice de l’UEA, (Brésil), prés. Section brésilienne AFIRSE

Madame Patricia Ducoing, Professeure à l’UNAM (Mexique), prés. Section mexicaine AFIRSE

Madame Maria Teresa Estrela, Professeure à l’Université de Lisbonne (Portuigal), co-présidente internationale AFIRSE

Monsieur Albano Estrala, Professeur à l’Université de Lisbonne (Portugal), prés. Section portugaise AFIRSE

Monsieur Louis Marmoz, Professeur à l’Université de Versailles St Quentin en Yvelines (France), titulaire de chaire UNESCO, président international AFIRSE

Monsieur Gaston Mialaret, Professeur à l’Université de Caen (France)

Monsieur Jean-Pierre Pourtois, Professeur à l’Université de Mons (Belgique), prés. Section belge AFIRSE

Monsieur Jean-Claude Salaberry, Professeur, directeur de l’IUFM Aquitaine (France), prés. Section française AFIRSE

Monsieur Michel St-Germain, Professeur à l’Université d’Ottawa (Canada)

Madame Marjolaine St-Pierre, Professeure à l’Université du Québec à Montréal (Canada), prés. Section canadienne AFIRSE

Monsieur John Marin Tamayo, Professeur à l’Université Laurentienne (Canada)

Monsieur Gilbert Tsafak, Professeur à l’Université de Dschang (Cameroun), prés. Section africaine AFIRSE

Monsieur Jacques Viens, Professeur à l’Université de Montréal (Canada)

PROGRAMME PROVISOIRE

Colloque international de l’AFIRSE 2009

Les recherches et les réformes en éducation :
paradoxes, dialectiques, compromis ?

VOIR le site web du colloque

Grands témoins : Messieurs Gaston Mialaret et Jacques Ardoino

Mardi 5 mai 2009

13 h00- 18h00 Inscription

Mercredi 6 mai 2009

9 h00 Discours des officiels

Présentation des Grands Témoins

9 h40

Présidence d’honneur :

Jean-Marc Léger, Fondateur de l’Association des universités de la francophonie (AUF)

10h00 Conférence d’ouverture :

Monsieur Renald Legendre, professeur émérite, UQAM

11h00 Pause

11h15

Table ronde

Les recherches et les réformes en éducation :
paradoxes, dialectiques, compromis ?

Modérateur : Monsieur Gérald Boutin, professeur titulaire (UQAM)

12h30 Déjeuner

14h30

Conférence :
Monsieur Jacques Ardoino, professeur émérite, Université Paris VIII
15h30 Ateliers

16h45 Pause

17h00 Ateliers

18h30 Cocktail

Jeudi 7 mai 2009

9h00

Conférence :

Monsieur René Barbier, professeur émérite, Université Paris VIII

10h15 Pause

10h30 Table ronde

Modératrice : Madame Monique Lebrun, professeure titulaire (UQAM)

12h15 Déjeuner

14h00 Ateliers

15h45 Pause

16h00 Ateliers

20h00 Dîner festif

Vendredi 8 mai 2009
9 h30 Conférence : à préciser

10h30 Pause

10h45 Assemblée générale

12h30 Déjeuner

14h00 Plénière

Clôture : Président de l’AFIRSE.

informations : écrire Pr.St-Pierre, Marjolaine"

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