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La Japon et sa culture mercredi 30 janvier 2008, par René BARBIER |
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L'ouvrage en question a été rédigé par des spécialistes de la culture japonaise, sous la direction de Jean-François Sabouret, dont on connaît la grande connaissance de cette culture extrême-orientale. Peut-on dans un ouvrage de cette nature, se glisser entre les lignes, descendre tranquillement dans les mots et comprendre le sens profond d'une culture, ici la japonicité. C'est un peu le pari insensé que je m'étais fait en commençant la lecture de cet ouvrage d'une collection qui nous a déjà donné deux ouvrages sur le Maghreb et sur la Chine. J'avais le désir d'entrer dans cette culture japonaise, par une sorte d'interrogation à l'égard du Japon. Mes visites des pays limitrophes (Chine, Corée) m'avaient mis la puce à l'oreille. Je sentais chez les ressortissants de ces pays, une attirance, une ouverture à l'égard de cette culture japonaise et, en même temps, une sorte de répulsion à l'égard de cette même culture, sans doute liée à l'histoire coloniale, à l'impérialisme du Japon depuis le XIXe siècle. D'un autre côté, le Japon est le premier pays à avoir subi les coups de l'hiver nucléaire à Hiroshima et Nagasaki. Il est le seul pays au monde à avoir pu vivre la barbarie moderne de l'Occident et cela nous le rend sympathique a priori même si un regard historique nous fait saisir le militarisme meurtrier, enraciné dans cette culture, et nous rend prudent. Dans une première partie, territoire et population, l'ouvrage dessine les contours contextuels puis il aborde les religions. Il parle d'emblée, avec un texte de Bernard Franck, d'un pays qui suscite les passions. A commencer par la nature qui est violente et effervescente. Les deux valences japonaises, paix et guerre, apparaissent en clair si l'on songe à D.T.Suzuki qui a introduit le bouddhisme zen en Occident et, en même temps, la barbarie des militaires japonais qui ont opéré tant de crimes sur les populations civiles en Corée et en Chine durant le XXe siècle. Pays des contrastes, par ses jardins zen de Kyoto et par sa technologie et son économie avancées, d'un côté, on trouvera étonnante, de l'autre, l'attitude des Japonais durant l'année 1966 - année "cheval" et "feu" - qui a vu baisser considérablement le taux de natalité des filles. Elles étaient censées, si elles étaient nées cette année là, tourmenter, physiquement et moralement, leur futur mari, d'après la tradition. Peu de parents, soucieux de pouvoir marier leur fille, se sont risqués à braver le destin. L'époque EDO (1603-1867) montre que le Japon ne s'est pas ouvert si simplement à l'Occident. Il a fallu l'épreuve de la force des canonnières occidentales, pour ouvrir les ports, comme en Chine. Mais, dès ouvert, avec l'ère Meiji, le Japon a pris tout ce qu'il pouvait à l'Occident et a développé, parallèlement, un esprit militariste très impressionnant (1889-1945) tout en soutenant l'esprit d'une "grande Asie" impérialiste.. La japonicité – l'identité nationale – s'est constituée en opposition à la Chine, d'un côté et de l'Occident de l'autre. Elle s'étaye traditionnellement, dans l'organisation sociale, sur des relations de subordination entre les "maisons-souches" (honke)et les "maisons-branches" (bronke) qui s'imposent en cascade dans toutes les formes de sociabilité. La langue japonaise est également marquée par sa spécificité. Longtemps marquée par le chinois elle s'est peu à peu altérée par l'anglo-américain. Du point de vue religieux, si les japonais ont emprunté le bouddhisme (venu de la Chine par la Corée), il existait le Shinto et les Kamis, une religion archaïque, peuplée d'entité naturelles et magiques, de forces spirituelles ambivalentes, qui, loin d'être abandonnée, demeure présente dans la religion populaire, non sans prudence à l'égard de ses pouvoirs surnaturels, notamment après la mort. Les rituels de deuil sont prévus pour accéder au statut d'ancêtre. Aujourd'hui , on assiste au déclin des grandes religions historiques au profit de nouvelles formes de religiosités, depuis le XIXe siècle et non sans violence, comme la secte AUM a pu le démontrer en versant un gaz mortel dans le métro de Tokyo. Le mouvement d'origine bouddhiste, la Soga Kakkai a pris une ampleur considérable et s'est politisée. Elle est considérée comme une secte en France. L'influence chrétienne n'a pas pu s'imposer car elle contredit les fondements de la culture religieuse japonaise. La présence des ancêtres et leur respect, reste également très importante, avec ses rituels très précis. Fortement urbanisé, le Japon continue, malgré tout, à être conditionné par sa culture de la nature (culte du paysage, rapport antagoniste entre la mer et la rizière). La période ancienne a opéré une dérive bureaucratique de l'aristocratie. Durant la période EDO, on a vu s'épanouir les principales matrices institutionnelles de l'état japonais moderne, malgré la fermeture du pays à l'égard de l'Occident. A la fin de l'époque EDO, 40% de la population masculine était scolarisée. L'éducation va continuer à se développer durant l'ère Meiji et, dès les premières décennies du XXe siècle la démocratisation scolaire sera un fait remarquable. Pour plus d'information, écoutez l'exposé de René Barbier sur la question (30 minutes) Quelques vidéos sur la tradition et la culture japonaises sur Voyazine de voyages-scncf.com
à partir de Japon, peuple et civilisation, /dir JF Sabouret, La découverte, poche, 2004, 233 p
Photo et vidéo extraites du nouveau et excellent magazine de voyage en ligne de SNCF.com
http://voyazine.voyages-sncf.com/ ?rfrr=Homepage_ColonneA_Voyazine |
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