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Poèmes des moines bouddhistes de Corée vendredi 13 avril 2007, par René BARBIER |
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Poèmes de la tradition coréenne, traduits par Sun-Mi Kim
Poèmes dits par René Barbier en cliquant ici Sérénité Moine Mu-nyum (l'époque de l'occupation japonaise) . Paisible, mon origine, Esprit clair, ma maison. Apparue sur le chemin d'un vieux bouddha, Quelle est cette chose ineffaçable ? . Moine Bu-seol (l'époque Shilla, reine Jin-deok) . Un sage reconnaît la différence dans l'unité, Il suit la destinée en quittant son propre destin. Comme une bille renvoie toutes les lumières, Un miroir clair reflète tout objet. . Moine Bu-seol (l'époque Shilla, reine Jin-deok) . Aucune inquiétude à vivre dans le monde, Pourquoi ne pas méditer dans sa maison ? S'il ressent le goût de l'Un par tous ses sens, Pourquoi se fixer à la montagne ? . Moine Ham-heo (1376-1433) . Vide et calme Aucun objet. Une lumière englobante Éclaircit l'univers. . Moine Ham-heo (1376-1433) . Point de corps, ni esprit, Il naît pourtant et meurt. Va et vient, Il ne laisse aucune trace. . Jouissance d'un instant libre Moine Won-gam (Jung-ji) (1226-1292) . À tout instant contempler la montagne jour après jour, Sans se lasser entendre le chant du ruisseau En toute nature mes sens s'éclaircissent, Je cultive le calme dans ces couleurs et ce murmure. . Promenade autour d'un étang Moine Jin-gak (Hye-sim) (1178-1234) . Une brise aiguise les aiguilles de pin, Monte la tristesse profonde et lointaine. La lune roule sur les ondes de mon cœur, Dans mon esprit un cristal de silence. Les voix, les choses, reflets d'un miroir ! Je rôde en pinçant les cordes de mon cœur. Comme une pierre leur écho s'évanouit, Poudre de cendres mes pensées refroidies. . Traversée du plateau du Pamir Moine Hye-cho (704-787) . Neige gelée s'entasse sur la glace, Vent soufflé cisèle la terre. Mer durcie en forme d'assise plate, La rivière entaille l'abrupte falaise. À la Porte du dragon, la cascade s'immobilise, Sur la paroi de puits s'enroulent des serpents de glace. Le feu dans la main, je chantonne aux limites de la terre, Comment traverser ce plateau du Pamir ? . Une nuit blanche Muk-am-choi-nul (I) (1722-1795) . Vent levé dans les sourcils du saule et déjà les branches du cœur tremblent. Issus de chaque vallée, les nuages se mirent dans les flaques. Inutile de te perdre dans les vagues ondulantes. Dans toute apparition, mon ombre toujours présente ? . . Liberté hors des choses Cheong-kwan-il-seon (1533-1608) . Flâner tranquillement en dehors des choses, Etre libre du matin au soir. Debout sur la lune qui éclaire mille montagnes, Mon corps suit les nuages infinis. Aucune séparation dans la vision d'origine, Quelle frontière entre vérité et mensonge ? Même si un oiseau n'apporte aucun bourgeon, Le vent printanier éclôt comme une fleur. . Au méditant qui demande un texte bouddhique Hye-keun (Na-ong-hwa-sang) (I) (1320-1376) . À l'origine, tout est naturel. Pourquoi chercher la profondeur en dehors ? À l'esprit attentif, sérénité absolue. Si tu as soif, prépare ton thé, si tu es fatigué, va dormir. . À la montagne Chui-mi-su-cho . La montagne ne m'a pas invité, D'ailleurs je ne la connais pas. La montagne et moi dans l'oubli, La joie d'un instant libre ! . Un oiseau sur une brindille Jung-kwan Hae-an (1567- ?) . Une araignée s'échine à son tissage, Même vanité pour le moine affairé ! Allongé sur une rambarde, je me livre au Bouddha, Le chant d'un oiseau fleurit sur une brindille. . Montagne assombrie au bord du ciel Hyu-jeong (Cheong-heo-dang) (1520-1604) . Le champ presque noir, la brume s'éparpille, L'arc de la lune illumine les sables. Clairsemés les arbres, infinie la rivière, Au bord de l'horizon sombrent les montagnes. . Aux gens qui prient le Bouddha Hye-Keun (Na-ong-hwa-sang) (II) (1320-1376) . Ne cherchez jamais Où se trouve le Bouddha Amitâbha. Pensez et repensez jusqu'à la non-pensée, Des six portes jaillira l'or de la lumière. . Moine Kyung-heo (I) (1849-1913) . Mon pinceau effleure le vide du papier. Interminable la ligne qui me fait traverser. Pas de retour dans ce courant. Soudain le soleil rouge à la fenêtre. . Ni vide, ni pleine, la lumière Muk-am-choi-nul (II) (1722-1795) . Ni vide, ni pleine, la lumière Se diffuse dans l'univers ! Longue ou courte, Carrée ou droite, sa forme se divise. Dénouée, la lumière fait éclater l'espace, Et dans une seule poussière, le vide s'illumine ! À l'origine, de nous deux aucune trace, Le sans-forme le sans-nom . Moine Hak-myung (I) (1867-1929) . Pourquoi distinguer le nouvel an de l'année écoulée ? L'hiver passé et le printemps accueilli, un nouveau monde semble prendre forme. Mais, voyez, ce ciel a-t-il changé ? Idiots, dans les tenailles du rêve ! . Moine Hak-myung (II) (1867-1929) . Qui étais-je dans le passé ? Que deviendrai-je dans le futur ? Trop attaché à mon propre monde, J'oublie qui je suis. . À la montagne Moine Baek-wun (I) (1299-1375) . Dans la vérité, aucune forme Dans la vanité, aucune trace Nulle différence en fait Vérité et vanité, un seul corps . Les mille feux du soleil s'éteignent dans la nuit Derrière le miroir le plus lisse, nul reflet Ma conscience peut-elle vraiment s'éclairer Dans le flux des signes ? . Moine Cheong-Heo (I) (1520-1604) . Avec les nuages, mon manteau blanc Avec l'eau bleue, le fond de mes yeux Comme une perle étoilée, mon centre vital, Cosmos d'étincelles, je suis. . Chant des funérailles Moine Wol-myung (l'époque Shilla, roi Kyeong-deok) . Aux aguets et au carrefour La vie, la mort . Sur le chemin inconnu Je vais, sans trop savoir . Comme les feuilles tombent et s'éparpillent Sous le vent d'automne ! . De la même branche détachée Où allez-vous ainsi ? . Réunis, nous serons au pays du crépuscule. Au cœur du Tao, l'attente de cet instant. . Moine Cheong-heo (II) (1520-1604) . Aux quatre coins du monde, aucune demeure, Une seule canne pour toute ma vie. Au bout de la langue, la fraîcheur d'un nuage, Aimanté par ce goût, je retourne à la montagne. . Moine Cheong-heo (III) (1520-1604) . Tout projet, toute pensée, Comme un flocon de neige sur un brasero ! Une vache boueuse passe dans l'eau, Soudain divisés le ciel et la terre ! . Moine Im-seong (1567-1638) . Plus de soixante-dix ans à vivre dans un rêve, À m'efforcer de prendre soin de mon corps déjà vide. Je me dégage du matin et retourne dans mon pays, La lune déploie sa lumière aux pieds du vieux bouddha. . Moine Kyung-heo (1849-1913) . Illusion ou vérité ? Tout est vain. Dégagé de la brume un jour de feuilles mortes, Regardez cette montagne toujours immuable ! . Moine Baek-wun (II) (1299-1375) . Vivre soixante-dix ans C'est rare depuis toujours, À soixante-dix sept ans Maintenant je pars. . Devant moi mon chemin à l'horizon, Mon pays est sans lieu. Pas besoin de civière, Je partirai sans rien. . À l'origine, nul corps, Ainsi mon cœur non attaché. Brûlez-le et dispersez-le ! Mais, n'enterrez pas l'aumône. . Moine Bo-jo (1158-1210) . Éveillé on devient un bouddha, Mais toujours l'ancestrale habitude de nos vies. Le vent se calme, pourtant les vagues demeurent, La vérité émerge, mais difficile d'effacer l'illusion.
Certains de ces poèmes ont été repris dans l'ouvrage richement illustré par madame Bang Hai Ja, Les mille monts de lune, poèmes de Corée, présentées par Charles Juliet, Albin Michel, Les carnets du calligraphe, 2003, |
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René BARBIER Entretien sur le CIRPP avec F.Fourcade Les six valeurs de l'engagement éducatif du CIRPP |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. > Poèmes des moines bouddhistes de Corée
(1/1) 15 avril 2007, par Lourd comme une plume, léger comme un clavier... |
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