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"Ici, on braise bien !".
UNE CERTAINE MÉMOIRE DE L'UNIVERSITÉ PARIS 8 "À VINCENNES"

mercredi 11 février 2009, par René BARBIER


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En novembre 2005, avec des collègues amis, à la "cafète" de l'université Paris 8 à Saint-Denis, nous discutons sur les origines de notre institution universitaire et de son implantation dans le Bois de Vincennes au début des années 1970. On parle d'un slogan possible pour caractériser l'ambiance de l'époque. "Ici, on braise bien ! me vient immédiatement à l'esprit.

Il faut dire que je suis depuis plus de 35 ans membre de cette communauté éducative. Certainement, l'un des plus anciens professeurs encore en activité aujourd'hui. J'étais assistant à l'université Paris 13 lorsque l'université Paris 8 à été instituée. J'y suis entré immédiatement comme jeune doctorant avec l'équipe du sociologue Jean-Claude Passeron. Dès 1973-1974, j'étais chargé de cours à Paris 8. J'investissais mes recherches dans le cadre de son épistémologie tout en restant encore pendant vingt ans à l'université Paris 13 comme, successivement, maître-assistant et maître de conférences. En 1988, j'étais, enfin, muté à l'université Paris 8. Je devenais professeur en Sciences de l'éducation en 1993.

Des étudiants et quelques collègues, actuellement, veulent proposer un projet de "mémorial" du souvenir de l'université Paris 8 dans le Bois de Vincennes. Je ne suis guère enclin à l'instauration de monuments aux morts, même si le "devoir de mémoire", par rapport à toute barbarie, me semble indispensable. J'ai écrit, dans les années soixante-dix, ce poème :

Pendant la guerre des Sept Ages

Golem vécut en agent double

Dès qu'on apprit sa trahison

Il déroula ses pélerinages

La paix conclue un peu plus tard

On fit jaillir un monument

Immense et crénelé

Le Monument du souvenir

On y chantait les jours de gloire

Ce que les enfants ignoraient

Pour l'occasion Golem s'installait

Comme au théâtre

(extrait de "Golem")

J'ai toujours pensé que la véritable "mémoire" devait être dans la tête des plus jeunes et non à l'extérieur, dans la "société du spectacle" (Guy Debord) dont notre temps est si friand.

Alors, un monument pour Paris 8-Vincennes, dans le Bois, non merci ! Je vois déjà d'ici la mise en scène politicarde - pour et contre - que cela pourrait suggérer. Par contre, le jeu d'un "épitaphe" possible pour notre institution universitaire de cette époque a excité mon imagination poétique.

Ce qui est venu : "Ici, on braise bien !"

C'est, sans doute, par analogie spontanée avec les "flambées" de voitures dans les banlieues en 2005, lesquelles, dans leurs dimensions imaginaires, sont connotées par la Mimesis ludique et narquoise de l'autorité, habituelle dans les groupes de jeunes. Mais peut-être, également, par une histoire que m'a racontée, dans les années soixante-dix, un étudiant du lieu, plutôt culotté, malgré sa petite histoire. Il faut se rappeler que, pendant la décennie soixante-dix, nous avons assisté à un grand bouleversement des moeurs et de la libération sexuelle, encore sans danger de Sida. Ce jeune homme m'a affirmé avoir eu un rapport sexuel, avec son amie, dans les locaux d'une salle de classe, sans fermer la porte. Fait réel ou pure invention ? Volonté de provocation ? désir de narguer les autorités au risque de se faire prendre, bien dans l'esprit de l'époque ?

Il est vrai qu'en ce temps-là, les portes n'étaient pas blindées, les vigiles non bottés, et aucun sas de protection n'empêchait les étudiants d'aller trouver directement leur Président lorsque quelque chose n'allait pas à l'université. Un peu comme aujourd'hui, les portes ouvertes dans les villes frontières au Canada par rapport aux maisons barricadées et armées, de l'autre côté du fleuve, à Détroit aux USA, comme le montre le film de l'américain Michael Moore, "Bowling for Columbine" (2002)(note 1)

La métaphore est apparue, subitement, "ici, on braise bien !"

Derrière toute image poétique, il y a souvent une pensée dissimulée à découvrir. Paul Eluard parle de la poésie qui "donne à voir".

Que cette image nous donne-t-elle à voir ?

Je propose deux versants interprétatifs pour comprendre l'institution de l'université Paris 8 des années 70-80 :


- Le risque de la relation humaine


- Le "foyer" vincennois

1 - Le risque de la relation humaine

Aucune relation humaine digne de ce nom, sans qu'un tison n'allume une passion. Les relations "refroidies", maîtrisées à souhait, bien "psychanalytiquement correctes", comme le proposent les "experts" du nouveau pape, ne sont que le sarcophage de la vie en acte. L'université Paris 8 à Vincennes était le contraire de cette attitude. Tout y était intense, tumultueux.

- Les retombées des événements de Mai-Juin 1968

Certes, on peut penser que l'ambiance de joie bouleversante de Mai-Juin 68 continuait à structurer celle de notre institution universitaire, créée justement avec beaucoup d'anciens "soixante-huitards", enseignants et étudiants. Je me souviens de l'air de fête qu'on trouvait très souvent dans nos locaux. Du "souk", sorte de marché africain, aux portes de l'université. Des inscriptions murales de toutes sortes, des peintures et dessins bariolés. De la musique toujours en filigrane. Des assemblées générales qui n'en finissaient plus. Des jeunes gens qui s'embrassaient dans les couloirs. Des groupes homosexuels qui commençaient, ici, à s'affirmer. Paris 8-Vincennes créait une sub-culture contestataire qui alliait le jeu, le désir et l'esprit critique.

- Narguer toute autorité

La côté ludique par rapport à l'autorité, me reste comme le côté le plus marquant. Il était très difficile d'instituer quelque chose car, immédiatement, les étudiants et les enseignants prenaient le contre-pied. On était un peu comme un "groupe en fusion" sartrien. Lacan se faisait chahuter en amphithéâtre. Je me souviens d'un étudiant qui commença à se déshabiller complètement durant l'une de ses conférences. Le président de l'université était parfois "sequestré" pour quelques heures. Les policiers n'entraient pas dans nos locaux. L'autorité professorale n'avait aucune base institutionnelle sérieuse. Chaque enseignant devait trouver sa propre autorité morale et intellectuelle pour faire cours. Les propos échangés, parfois très virulents, auraient fait pâlir de honte certains jeunes collègues d'aujourd'hui "bon chic, bon genre" et quelques anciens soixante-huitards devenus, depuis, les plus rigoureux mandarins, plus royalistes que le Roi. Les étudiants discutaient les modalités d'évaluations. Des dérives étaient possibles mais, dans l'ensemble, une véritable transmission de connaissances était réalisée.

- Retrouver du sens

À l'université Paris 8-Vincennes, le sens retrouvait toute son importance.

* sens comme sensation : la place du corps, de la pulsion et de l'affectivité était très présente, y compris dans les cours.

* sens comme signification : les univers symboliques se croisaient, s'interpellaient, se contredisaient. dans une production multiréférentielle toujours en alerte.

* sens comme direction : non une direction imposée par un parti, une bureaucratie (malgré les tentatives en ce sens), mais des chemins multiples qui, en fin de compte, conduisaient vers un horizon humaniste plus ouvert, plus différencié, plus interculturel.

- Assumer le conflit

Dans une telle institution, inutile de chercher à dissimuler le conflit. Il éclatait de partout. Entre groupes d'étudiants, adeptes de partis d'extrême gauche qui s'opposaient sur des "points fondamentaux", comme ils disaient. Entre enseignants, certains plus libertaires et d'autres plus épris de maîtrise en pédagogie. Entre théoriciens plus classiques et d'autres avant-gardistes.

Mais, sous les échanges parfois difficiles, le conflit était plutôt créateur. Il imposait de trouver une solution nouvelle par la remise en cause de vieilles formules. Personne n'attendait que la "solution" vienne d'en haut ! (du ministère, du conseil d'administration, du conseil scientifique etc). Les concepts de "groupe-sujet", contraire au "groupe-objet", chers à Gilles Deleuze et à Félix Guattari, prenaient tout leur sens.

2 - Le "foyer" vincennois

- l'idée de braise comme "feu qui couve"

Le feu dont il s'agit est celui, d'abord, qui réchauffe le corps et le coeur. Par temps de grands froids - comme de nos jours en politique - on cherche en vain ce type de foyer. A contrario, le ministre de l'intérieur, fait fureur comme Grand Inquisiteur débusquant l'Etranger et l'éducation nouvelle dans les banlieues, et se présente comme un modèle pour les partisans de l'extrême-droitisation de notre époque glaciaire. Les anciens "nouveaux philosophes", dans la foulée de Alain Finkielkraut, deviennent les "intellectuels organiques" (Gramsci) et les idéologues "néo-réacs" du parti au pouvoir (cf. Le nouvel observateur du 1-7 décembre 2005, n°2143).

Dans les années soixante-dix, l'université Paris 8 à Vincennes représentait ce "feu qui couve" auprès duquel on venait retrouver la force de la dissidence par rapport à l'ordre établi.

Le feu est également cette source de lumière par laquelle on éclaire le monde et on peut lui donner du sens. A Paris 8, la présentation des théories les plus originales étaient de rigueur. Les penseurs les plus prestigieux venaient y donner des conférences. C'était la fête intellectuelle tous les jours ! On sentait une effervescence réflexive de chaque instant. mais surtout, les enseignants, les directeurs de recherche - même les plus classiques - n'étaient pas "fermés". Mon directeur de thèse de sociologie, Jean-Claude Passeron, accepta une "analyse institutionnelle" de son séminaire de doctorat. Je vois mal, aujourd'hui, une telle situation pouvoir se reproduire durant cette nouvelle scolarisation du troisième cycle qu'on nomme "L-M-D".

- l'idée de "foyer" comme esprit de famille et de communauté

Nous étions dans notre université comme des poissons dans l'eau. Nous avions un air de famille. Nous étions "de Vincennes" ! Cette appellation n'était pas la même chose que de dire je suis "de la Sorbonne". Dans cette dernière affirmation, encore aujourd'hui comme hier, c'est l'institué traditionnel qui prime. On est de l'ancestrale Sorbonne moyenâgeuse, celle qui a traversé l'Histoire intellectuelle de la France. A Paris 8, être "de Vincennes" signifiait être dans la plus dynamique modernité en éducation et dans le domaine des connaissances pointues.

Paris 8 était notre point de ralliement. On s'y retrouvait quand nous étions un peu perdus ailleurs. On sait que certains professeurs en ont fait presque leur maisonnée ! Même après leur retraite, ils sont restés dans ses alentours.

Que voulait dire "être de Vincennes" ?

* appartenir à une communauté politique nettement située à gauche

Le champ politique de notre université était vraiment à gauche, avec des tendances fortes à l'extrême-gauche. Malgré nos divergences, nous nous reconnaissions dans un champ symbolique critique à l'égard des forces instituées à droite. Nous avions ainsi nos réseaux de connivence et d'appartenance, parfois nos "fraternités". Elles nous fournissaient une énergie critique à toute épreuve.

* appartenir à une communauté de novateurs pédagogiques

La première fois que je suis arrivé dans cette université, j'ai tout de suite senti qu'elle était différente des autres et de la mienne, en particulier (je venais de la faculté de droit du Panthéon). A Paris 8, on pouvait parler avec les professeurs. On pouvait aller boire un café avec eux. On pouvait les interrompre pendant leurs exposés. On pouvait travailler en sous-groupes. On pouvait proposer des projets dérangeant l'habitus académique de l'enseignant. Plus tard, on tant que professeur dans cette université, je n'ai jamais été empêché de développer mes projets d'invention pédagogique, avec une liberté de manoeuvre que, même comme chargé de cours, on me reconnaissait. J'ai vraiment le sentiment que cette université était (et reste malgré tout) une exception dans l'univers académique français.

* appartenir à une communauté de chercheurs de connaissance

Dans les années soixante-dix, j'ai toujours eu l'impression, dans cette université, de rencontrer des intellectuels d'envergure, des chercheurs peu communs, pour lesquels la connaissance n'était pas qu'une accumulation de savoirs pour se faire "mousser" auprès des instances officielles. On reconnaissait un désir de comprendre qui transcendait toute envie de réduire systématiquement la complexité du réel à sa portion congrue. Certes, cela n'a pas duré longtemps car l'institué, sur ce point, à été le plus fort et l'enfermement doctrinal a eu tendance à reprendre le dessus, avec ce que j'ai appelé son nécessaire "effet Ben Barka" (note 2, voir Lettre à Lara 2 ).

La pulsion de savoir dans notre université dépassait l'utilisation et la compréhension en sciences humaines et de la société. Elle s'articulait sur un véritable désir de "connaissance de soi" qui nous faisait inventer des dispositifs pédagogiques souvent étonnants, conjuguant l'émotionnel, l'imaginatif, le cognitif, le spirituel, mais toujours avec un souci de réflexion critique (« la connaissance de soi (éléments d'histoire de vie », ).

Conclusion : Que reste-t-il de nos amours ?

Ainsi parlent les chanteurs un peu poètes. Puisque nous avons été des passionnés de l'université Paris 8 à Vincennes, que reste-t-il de cet investissement de temps, d'énergie, de rencontres ?

Il serait malhonnête de dire que l'université Paris 8 à Saint-Denis n'a plus rien à voir avec celle de son origine à Vincennes.

Il existe encore beaucoup d'inventions, de ressources intellectuelles, de "possibles pédagogiques" dans notre université. Les étudiants reconnaissent, dans leur évaluation, qu'à Paris 8 la relation pédagogique, les contacts avec les enseignants et entre étudiants, demeurent un des points essentiels. Une certaine socialité parcourt l'univers symbolique de l'université Paris 8.

J'ai pu, dans les dix dernières années, instituer un cours axé sur (l'improvisation mythopoétique en éducation). J'ai réussi à maintenir pendant vingt ans un cours impliqué sur le philosophe indien Jiddu Krishnamurti, ce qui a été une innovation radicale en sciences de l'éducation (voir mon cours en ligne) .

Avec des collègues, nous avons élaboré des cours en ligne dès 2001 que nous avons transformés en licence complète en 2005, avec une pédagogie d'avant-garde centrée sur l'efficacité de la relation humaine. Mon collègue Rémi Hess a institué un cours pratique sur la valse et sur le tango, une première à l'université, et auquel participent des membres de l'administration universitaire. Nous conservons encore une grande liberté dans l'évaluation pédagogique, malgré les tentatives de quelques uns pour nous contraindre à une réglementation homogène pour "le bien des étudiants", comme disent ceux qui sont le plus largement dans l'imaginaire de la "science".

Mais, malgré ces ouvertures encore présentes, les vingt dernières années, ont vu la pédagogie innovatrice de l'université Paris 8 à Vincennes, fondre comme neige au soleil. La persévérante scolarisation du troisième cycle débouchant, désormais, sur le processus formalisé par le 3-5-8 années d'enseignement après le baccalauréat, nommé L. (licence), M. (maîtrise) et D (doctorat), a conduit à une passivité généralisée des étudiants, de plus en plus "muets" durant des exposés magistraux sophistiqués. (voir "l'étudiant imaginaire", R.Barbier).

Les conditions de travail et de vie enseignante et étudiante se sont dégradées d'une manière extraordinaire, à l'intérieur même de l'université. Ne parlons pas de l'état des sanitaires, une monstruosité ! Inutile de vouloir commander, sérieusement, des ouvrages ou du matériel informatique, tant la bureaucratie est dominante et paralysante, à décourager le plus médiateur des enseignants. Les étudiants en doctorat doivent rester des heures à attendre d'être reçus parce que les instances universitaires n'ont pas accordé les personnels administratifs nécessaires pour pouvoir assumer les lourdes formalités demandées pour l'inscription ou la réinscription. Le nombre d'ordinateurs connectés à internet, à la bibliothèque, est notoirement insuffisant.

Mais, plus encore que tous ces inconvénients, c'est l'hostilité larvée entre enseignants, en fonction d'une conception d'une scientificité qui oppose les tenants de l'implication et ceux qui pensent à la distanciation absolue du chercheur et de son objet d'observation, qui ruine, de mieux en mieux, pour les uns comme pour les autres, le désir de rester dans cette université.

Il se peut que la rupture épistémologique soit complètement réalisée, sans qu'elle soit, pour autant, énoncée comme telle. Malgré deux orientations franchement différentes du Master, en sciences de l'éducation et de la formation, par exemple, par deux laboratoires de recherche légitimes, ce "non-dit" destructeur débouche sur des obstacles dirimants dans la possibilité de travailler ensemble et sur un manque de confiance entre collègues, très difficile à vivre pour tout le monde.

En fin de compte, tout se passe comme si l'université Paris 8 à Saint-Denis, depuis son aménagement en 1981, cheminait de plus en plus vite vers un besoin de reconnaissance académique, de "respectabilité" qui la ferait apparaître comme n'importe quelle autre université de Paris intra-muros. Beaucoup d'enseignants et, sans doute, d'étudiants contemporains, le demandent explicitement, emportés par le désir d'être « comme tout le monde ». Cette légitimité académique qui s'inscrit dans son organisation concrète, réduit l'originalité de cette université, naguère "dérogatoire" par sa nouveauté. Les rares "résistants", encore attachés à son histoire innovatrice en pédagogie et en objets de connaissance, partent à la retraite ou changent de lieu. En analyse institutionnelle, on parle alors d'émergence de plus en plus nette d'un "effet Mühlmann" - ou effet historique de disparition de la dimension prophétique d'une institution éducative ! (note 3)

note 1 : Michael Moore, Bowling for Columbine France 2 mar. 29 nov. 23h05 (125 min., 2002, USA/Germany/Canada)

Michael Moore enquête sur l'attirance que les Etats-Unis ont toujours eue pour les armes. Il commence son documentaire par une banque qui offre un fusil à chaque nouveau client. Se souvenant de son enfance, élevé dans le Michigan, une région où les gens sont très attachés à la chasse, il gagna un prix de tireur d'élite, et reçut ainsi une adhésion à vie à la Nationalité Rifle Association (NRA), lobby des armes américain dirigé par Charlton Heston. De l'intérieur des Etats-Unis jusqu'au Canada, Michael Moore interroge ceux que la possession libre des armes effraie et essaie de déterminer pourquoi les gens se sentent rassurés avec une arme.

note 2. Je traite de cet "effet Ben Barka" dans mon livre "l'Approche Transversale, l'écoute sensible en sciences humaines", Paris, Anthropos, 1997, 357 pages

note 3 : René Lourau, professeur de sociologie à l'université Paris 8, crée Effet Mühlmann à partir de la lecture du livre de W. Mühlmann, Messianismes révolutionnaires du Tiers Monde, Gallimard, 1968 Pour Lourau, L'institutionnalisation d'un mouvement social (religieux, politique, esthétique, etc.) est fonction de l'échec de la prophétie qui donnait son contenu et sa force au mouvement. Ainsi, le simulacre de réalisation du projet initial accompagne forcément l'échec de ce projet.

Aquarelle de Jean Cuillerat, article initialement publié en 2006

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René BARBIER
Page personnelle de René Barbier
Professeur émérite des universités en Sciences de l'éducation (université Paris 8) Fondateur de l'Institut Supérieur des Sagesses du Monde (ISSM) en ligne. Conseiller scientifique du Centre d'Innovation et de Recherche en Pédagogie de Paris - CIRPP- (CCIP). Membre du Conseil d'administration du Centre International de Recherches et d'Etudes Transdisciplinaires (CIRET)







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