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La politique de l’enfant unique en Chine

(extrait d’un DEA - octobre 2005)

mardi 15 novembre 2005, par Rui LIU


La Chine a une très forte population et cela est une entrave au progrès des réformes économiques. La limitation des naissances est donc imposée par l’urgence de la situation démographique. Les débuts de la politique de contrôle démographique chinoise date du milieu des années 50. La prise de conscience du problème démographique et la mise en œuvre d’une politique de contrôle de la natalité ont déjà une longue histoire. Mais à partir de 1979, la politique démographique prend un virage déterminant. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que la Chine se décida à planifier le contrôle de la poussée démographique : dès lors un couple ne peut avoir qu’un seul enfant. La politique nationale étant adoptée par la voie de la légalisation, cela tend à harmoniser le développement de l’économie nationale, mais contraint aussi l’individu à une totale conformité à la loi.

1 : Les raisons de la politique du planning familial

Depuis la guerre d’opium en 1840 jusqu’à la veille de la fondation de la nouvelle Chine en 1949, durant presque un siècle, du fait du chaos causé par la situation de guerre chronique et la stagnation des forces productives, la croissance démographique était lente. La situation se caractérise par un taux de natalité élevé, un taux de mortalité élevé et donc une progression lente. Entre 1949 et la fin des années 50, la natalité s’accroît à une vitesse proche de celle de la population mondiale. Mais depuis la fondation de la République Populaire de Chine, le taux de moralité n’a cessé de baisser, passant de 20‰ en 1949 à 10.08 ‰ en 1957 . Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène : la paix retrouvée après une longue période de guerre ; le relèvement de l’économie nationale, la Chine entamant alors une phase de reconstruction et de développement ; la redistribution des biens transformés en propriété publique permet d’assurer les besoins vitaux de la majorité, élevant ainsi le niveau de vie général ; le souci de généraliser et diffuser les techniques médicales et pratiques hygiéniques, permettant de maîtriser ou d’enrayer la progression des maladies contagieuses ; les campagnes d’information sur la médecine, la santé et l’alimentation se succèdent pour éduquer la population.

Cependant la Chine a connu plusieurs vagues de forte natalité. L’année 1954 détient le record de taux de natalité le plus élevé, soit 24,79‰ dans les années 50. Cela est la conséquence d’un contexte culturel et social avec une démographie faible. Après la fondation de la République populaire de Chine, Mao Zedong encourage la natalité, clamant que « plus la population est nombreuse, plus l’enthousiasme et l’énergie est grande ». Ainsi, particulièrement, dans les campagnes, une famille de quatre ou cinq enfants était considérée comme la plus riche dans un village. Dans les des années 60, la natalité et le taux d’augmentation va jusqu’à atteindre 43,37 ‰, et même le taux record de 33.33 ‰ en année 1963 , des taux supérieurs aux taux habituels des pays en voie de développement. La population chinoise passe ainsi de 450 millions en 1949 à 900 millions au milieu des années 70. En 50 ans la population chinoise a donc presque triplé. Selon les résultats du dernier recensement général, le 6 en janvier en 2005, la population chinoise atteint le chiffre d’un milliard trois cent millions d’habitants .

A l’heure actuelle la Chine est donc le pays le plus peuplé du monde, et c’est là sont un problème fondamentale. En effet, les ressources nécessaires au développement de l’économie chinoise sont extrêmement limitées. Beaucoup de spécialistes chinois estiment que le chiffre démographique idéal pour l’économie se situe entre 0,7 milliard et 1 milliard ; passé cette limite la population nuit au développement de l’économie, c’est pourquoi il faut absolument la maîtriser pour éviter d’arriver à la barre fatidique des 1.6 milliard, au-delà de laquelle n’est plus viable. Le problème démographique de la Chine concerne aujourd’hui le monde. En raison de cette rapide poussée démographique, la Chine connaît une série de problèmes sociaux : les moyens de subsistance ne suivent pas, la main- d’œuvre est surnuméraire, les emplois sont plus difficiles à trouver… Le développement économique est donc soumis au à l’énorme pression de cette population en surnombre. C’est pourquoi le contrôle de la population est devenu le problème clé à régler pour développer davantage l’économie et la société chinoise.

2 : Le processus de l’application de la politique du planning familial

La mise en place d’une politique de limitation des naissances s’est déroulé en plusieurs phases de la négation du problème démographique jusqu’en 1953, à la politique de l’enfant unique en 1979, la Chine connaît deux premières tentatives politiques de limitation des naissances : 1955-1957 et 1971-1978, mais ces périodes sont entrecoupées de phases de recul que sont la période du Grand bond en avant (1958-1961) et celle de la révolution culturelle (1966-1976) pendant lesquelles dans le premier cas une forte natalité est jugée positive donc encouragée, dans le deuxième le gouvernement ne tenant plus vraiment les rênes, la Chine connaît une période de relative liberté sexuelle dans les villes, tandis que les campagnes n’en font qu’à leur tête. On peut distinguer clairement deux grandes : entre 1949 et 1963, les taux de natalité montent régulièrement jusqu’à la période charnière de 1964 (taux critique de 1963), année à partir de laquelle le taux de croissance entame une baisse continue.

2.1 : La prise de conscience et la première tentative pour contrôler les naissances (1955---1957)

Les dirigeants chinois ont pris lentement conscience du problème posé par une population trop nombreuse dans les années 50. A la suite du recensement de 1954, dont les résultats ont fait l’effet d’une bombe chez les dirigeants incrédules, Mao Zedong a estimé que la croissance de la population devait être maîtrisée, et que le contrôle des naissances était le moyen fondamental d’y parvenir. Dès 1955, le gouvernement chinois a donc lancé une campagne didactique : « Instructions pour le contrôle des naissances ». Et en janvier 1956, Mao Zedong déclare qu’« à l’exception des zones habitées par les minorités nationales, il est nécessaire de faire connaître et de populariser le contrôle de la fécondité, et de promouvoir la limitation des naissances dans toutes les régions densément peuplées ». C’est à ce moment que l’on se mit à concevoir et fabriquer des produits de contraception. La stérilisation et l’avortement devinrent accessibles sur simple demande de la femme, avec l’autorisation du mari. Ma Yinchu, célèbre économiste chinois, mis en poste en 1957 pour travailler sur le contrôle des naissances avait été le premier à suggérer que le problème démographique allait exercer une influence négative sur l’économie et la société, démontrant l’incompatibilité de la mécanisation et du surnombre, mais il n’a guère été écouté longtemps. Et malgré l’adoption de telles mesures par le gouvernement chinois, les effets de la limitation des naissances ne sont pas évidents ou seront annulés par l’épisode du Grand Bond en Avant qui revient à une politique nataliste entre 1958 et 1961.

La limitation des naissances est alors présentée non plus seulement comme un bien pour l’individu (les femmes en particulier), mais un service rendu au pays et à la nation toute entière. En effet si la population diminue, les charges de la société diminue d’autant, car la société a la charge de l’alimentation, de l’éducation et de la santé des enfants, puis la responsabilité de trouver un emploi aux enfants une fois devenus adultes.

2.2 :L’unité pilote pour encourager la planification des naissances (1962---1969)

Après la crise des « trois années noires », qui succède au Grand Bond en avant (1958---1961), la Chine connaît une deuxième vague de croissance démographique. Notamment en 1963, où le taux des naissances atteint 43,37‰ et le taux d’augmentation 33,33‰ . Pendant toute la décennie, ce sont chaque année 25 à 30 millions d’enfants qui voient le jours. Cette croissance démographique aveugle alarme le gouvernement chinois. En 1962, le Comité central du Parti Communiste Chinois promulgue alors des « instructions afin d’encourager sérieusement la planification des naissances », et insiste sur le fait que « dans les villes et les campagnes densément peuplées, il faut encourager le contrôle des naissances, limiter adéquatement le taux des naissances, et parvenir à faire baisser le taux de fécondité progressivement ». Ce document constitue un jalon décisif dans le processus de la politique du planning familial. Dès 1962, une deuxième campagne de limitation des naissances est lancée. En 1964, un Bureau du Planning familial est instauré par le Comité des affaires d’état, des organes similaires de propagande sont établis dans les régions jugées appropriées pour le mettre en pratique, soit principalement dans les villes. Ce sont alors des unités pilotes, la généralisation du contrôle des naissances à l’ensemble du pays n’intervenant qu’après la révolution culturelle à partir de 1971.

Pour réduire le nombre des naissances, on limite également l’âge du mariage. La « Loi sur le mariage » de 1950 stipule que l’âge du mariage est de 20 ans pour garçon et 18 ans pour fille. Dans les faits, depuis la fin des années 60 jusqu’au début des années 70, beaucoup de régions édictent leurs propres règles, règles non-écrites. Cela peut être : 27 ans pour garçon, 25 ans pour fille ; ou l’exigence que la somme de l’âge du garçon et de la fille additionné soit au moins 50 ans. En 1962, l’avortement peut désormais être réalisé à la seule demande de la femme, et est gratuit quand elle est mariée. Le stérilet fait son apparition, la vasectomie est aussi vivement encouragée.

2.3 : Une politique de maîtrise de la fécondité : recul de l’âge du mariage, espacement des naissances et réduction de la descendance ( résumé en chinois par la formule : wan _, xi_,shao_)(1970---1979)

Dans les années 70 du vingtième siècle, la transition démographique n’est pas encore évidente. La mortalité recule, l’espérance de vie a gagné vingt ans depuis la libération du 1949. Mais la natalité atteint des sommets, avec l’arrivée à l’âge de la reproduction des générations du premier baby –boom des années 1950, la population s’enrichit chaque année de 20 millions de personnes en moyenne. Le taux de fécondité permanent pour les femmes chinoises reste alors assez élevé. Normalement, elles ont au moins cinq enfants, même si les citadines, elles, ont au plus quatre enfants.

Zhou Enlai, premier ministre, a été chargé en personne de diriger les affaires du planning familial et a affiché explicitement les objectifs concrets du contrôle des naissances : « pendant la deuxième décennie (correspondant au quatrième plan quinquennal), le taux d’augmentation sera tombé à 10‰ dans les villes, à 5‰ dans les campagnes … ». C’est le premier document officiel qui parle ouvertement des objectifs du contrôle des naissances. En juillet 1973, un groupe est chargé de diriger le planning familial par le Comité des affaires d’État. En décembre de cette année-là, ce groupe s’est réuni pour sa première réunion pour organiser le travail du planning familial dans tout le pays. Les principales mesures de la nouvelle politique de limitation des naissances visent à repousser l’âge du mariage, espacer les naissances et réduire sa descendance. Le mariage tardif est donc préconisé par le gouvernement chinois afin de repousser l’apparition des naissances, on engage également les couples à attendre un intervalle d’au moins quatre ans avant d’envisager d’avoir un deuxième enfant. Les normes de la procréation sont donc clairement établies : le mariage n’est pas autorisé pour les filles avant 23 ans à la campagne et 25 ans en ville, et pour les garçons avant 25 et 27 ans. De plus le nombre d’enfant est limité à 2 en ville et à 3 dans les zones rurales. Le non-respect de la loi (effective à partir de 1978) étant sévèrement puni, ces mesures sont assez bien respectées.

Les chinois sont donc contraints de « se marier et de procréer tard » de façon à réduire la période de fécondité. Si on reporte l’âge de la procréation est repoussé de 20 à 25 ans, la période de croissance démographique peut être prolongée de 20 à 25ans, on peut donc parvenir à « économiser » une génération pendant cent ans.

Cette même année 1973, le gouvernement chinois lance une campagne intitulée : « pratiquer le planning familial afin de permettre le développement de l’économie nationale ». Cette politique est considérée politique « nationale » et « fondamentale », ce qui veut dire qu’elle fait partie des objectifs politiques officiels de la nation, et a donc naturellement été inscrite à au nouveau Plan pour l’économie nationale. En 1978, pour la première fois le planning familial est intégré à la nouvelle « constitution » révisée, de sorte qu’il devient une voie légale. Au début de la période de réformes et d’ouverture de l’économie chinoise en 1978, les charges qui pèsent sur la population s’alourdissent, aussi ces mesures rencontrèrent-elles provisoirement quelques résistances. Mais 1979, la politique démographique passe à la vitesse supérieure puisque c’est à partir de 1979 que la Chine décide de mettre en œuvre dans tout le pays, de manière très planifiée, sa fameuse « politique de l’enfant unique ».

2.4 : Ajustements et perfectionnement de la politique de l’enfant unique ( 1980---à nos jours)

Dès le début des années 80, les démographes annoncent l’arrivée d’un nouveau baby- boom, ce sont les enfants du Grand Bond en avant : 300 millions de petits chinois nés dans les années 60 atteignent ainsi l’âge de se marier et de procréer au milieu des années 80.

En septembre 1980, au cours de la troisième session de la cinquième Assemblée populaire nationale, le Conseil des affaires d’État déclare qu’« à l’exception des régions où la population est composée de minorités nationales, il faut préconiser la moyenne d’un enfant par couple ». Dans ce même temps, le Comité central du Parti communiste chinois s’adresse dans une « lettre ouverte à tous les communistes et membres de la Ligue de la Jeunesse communiste concernant la limitation de la croissance démographique » et leur lance un appel afin qu’ils donnent l’exemple et applique la politique de l’enfant unique. En 1981, à la quatrième session de la cinquième Assemblée populaire un « rapport de travail gouvernemental » rappelle que politique démographique du pays est le contrôle de la démographie, afin d’améliorer le niveau vie de la population. La loi définitive sur le mariage de 1980 et la nouvelle Constitution de 1982 rendent désormais obligatoire l’application de la limitation des naissances pour les couples afin d’harmoniser la croissance démographique et la rendre compatible avec les projets de développement économique et social.

Le Comité central du Parti communiste chinois (PCC) résume ainsi la politique en matière de planification des naissances : « (nous devons) encourager les grossesses et mariages tardifs, avoir moins d’enfants mais en meilleure santé ; limiter le nombre des naissances à un seul enfant par couple, la permission d’engendrer un deuxième pouvant être accordée dans des circonstances particulières. Il faudrait promouvoir la même politique dans les régions rurales (…) les différentes provinces et régions autonomes détermineront elles-mêmes les méthodes et les besoins précis (dans ce domaine) ».

En effet, l’application de la loi varie beaucoup selon les règlements des différentes provinces et municipalités, et selon qu’il s’agit de zones rurales ou de zones urbaines. Les comités déterminent presque entièrement le détail de la réglementation locale. Des mesures incitatives et répressives sont en vigueur dans chaque unité de travail, qui se voit ensuite attribué un objectif à respecter pour deux ou trois ans. Le contrôle des naissances est donc appliqué sur la base de quotas fixés dans le cadre des unités de travail, quotas qui déterminent donc le nombre d’enfants pouvant y naître annuellement. Par ailleurs, le couple est tenu par la réglementation d’obtenir une autorisation avant de se lancer dans la conception d’un enfant.

Ce système de quotas fonctionne bien dans les villes. Ainsi dans les villes chinoises, un contrôle social strict s’exerce-t-il dans les domaines les plus intimes de la vie. Les cadres d’Etat, les salariés et d’une manière générale les citadins se voient interdit d’avoir plus d’un enfant, sauf dérogation particulière faite auprès des autorités. En revanche, dans les campagnes, la politique de l’enfant unique n’a jamais atteint les objectifs prévus. Dès 1984, le gouvernement cède aux vœux des paysans. Ainsi la plupart des provinces y autorisent un deuxième enfant, lorsque le premier a été une fille ; certaines provinces tolèrent même tout simplement un deuxième enfant quelque soit le sexe du premier.

En réalité, le planning familial tel qu’il a été appliqué dès le début des années des années 80 s’est toujours déroulé selon des modalités plurielles. Les règlements sont établis par l’Etat en fonction du développement économique et social de chaque région. Actuellement, le taux de fécondité national est de 1.8 enfant par femme ce qui veut dire que dans la plupart des régions, les familles ne respectent ou n’appliquent toujours pas la politique de l’enfant unique. On a par exemple, un enfant en ville, deux enfants à la campagne et trois enfants dans les familles de certaines minorités nationales dans la mesure où elles occupent des régions peu peuplées.

Le 1er septembre 2002, la Loi sur la population et la planification des naissances de la République populaire de Chine a été promulguée ; le planning familial se perfectionne donc, institutionnalise et légalise le contenu de cette politique. Pour adapter l’application de cette loi à la situation concrète de la capitale, la Cinquième session du Douzième Comité permanent de l’Assemblée populaire a promulgué le 18 juillet 2003 à Beijing les « Règlements concernant la population et le planning familial » que nous donnons ci-dessous. En tant que capitale, Beijing est le centre culturel et politique du pays, elle présente donc la caractéristique d’avoir une densité de population élevée et une population flottante, conséquence d’un haut taux de fréquentation. Les règlements spécifiques à la capitale ont été établis en vue de limiter le nombre de population, d’élever le niveau de la qualité de vie de la population et d’améliorer la structure et la répartition démographique. L’ensemble de ces règlements se divisent en quatre parties qui traitent chacune d’une question précise : « plan et gestion démographique »,

« régulation de la procréation »,

« gratification et assurance sociale » et

« services techniques du planning familial ».

« Régulation de la procréation »

« Le droit à la procréation est un droit mais il est aussi un devoir d’appliquer le planning familial conformément aux dispositions de la loi, cela relève de la responsabilité conjointe des couples ».(Article 15)

« Les citoyens sont encouragés à se marier tard et à retarder le (choix) des grossesses (wan hun__, wan yu__), l’âge légal du mariage est de 22 ans pour les filles, 25 ans pour les garçons ; les femmes mariées sont tenues de repousser la venue du premier enfant à l’âge de 24 ans. »(Article 16)

« Un seul enfant est autorisé par couple. La loi dispose néanmoins que peuvent prétendre à avoir un deuxième enfant, avec la permission des autorités administratives du planning familial de l’arrondissement ou du district, les couples se trouvant dans les situations suivantes :

• Les couples dont le seul enfant aura été diagnostiqué handicapé par un établissement médical agréé, et qui pour cette raison n’aura jamais la capacité de subvenir normalement à ses besoins.

• Au sein du couple, chacun des deux conjoints est un enfant unique, de plus ils n’ont eu eux-mêmes droit qu’à un seul enfant » (Extrait de l’article 17) « Lorsque les couples sont autorisés à prétendre à un deuxième enfant selon les dispositions précédemment énoncées, la grossesse ne devra pas intervenir avant un intervalle d’au moins 4 ans ou avant que la femme ait atteint ses 28 ans. (Article 18)

« Allocation et assurance sociale »

« Lorsque les ouvriers et employés travaillant pour l’Etat se marient tard, les communautés sociales, les entreprises et les établissements leur accordent outre les deux semaines de congé légal, 7 jours de congé supplémentaire. Quand les femmes, ouvrières et employées, retardent la venue de leur(s) enfant(s), outre le congé maternité légal, elles peuvent bénéficier de 30 jours de congés supplémentaires (…) Pendant le congé maternité, le salaire de base et le contrat de travail de la femme sont protégés ; la femme qui ne souhaite pas bénéficier de son congé supplémentaire, recevra une somme équivalente à un mois de son salaire de base » (Extrait de l’article 20)

« Les couples qui s’engagent volontairement à n’avoir qu’un seul enfant, avant que ce dernier ait atteint ses 18 ans, se verront remettre le "Certificat d’honneur des parents d’enfant unique ;" ces parents bénéficient des récompenses et faveurs suivantes :

Chaque mois, les parents de l’enfant unique bénéficient de 10 Yuans de gratification, à compter du jour de délivrance du certificat de l’enfant unique et ce jusqu’aux 18 ans révolus de l’enfant.

Outre le fait de bénéficier des mesures prévues par l’Article 20, l’ouvrière ou l’employée (travaillant pour l’Etat) peut prolonger son congé maternité de trois mois supplémentaires, si elle renonce à percevoir pendant trois ans l’allocation de gratification due aux parents d’enfant unique.

Les frais de crèche et frais médicaux de l’enfant unique, et ce jusqu’à ses 18 ans sont remboursés conformément aux dispositions prises par l’unité de travail dans laquelle travaillent les conjoints.

Lorsque les parents de l’enfant unique auront atteint l’âge de 55 ans révolus pour la mère et de 60 ans révolus pour le père, il leur sera alloué chacun une allocation de gratification, versée en une seule fois, d’un montant minimum de 1000 Yuans » (Extrait de l’article 21)

« Services techniques du planning familial »

« Des systèmes de protection de santé sont instaurés (…) pour suivre (les femmes) depuis la période pré-nuptiale, jusque pendant la grossesse et l’accouchement afin d’améliorer le niveau de protection de la santé du nouveau-né. » (Article 28)

« Les couples mariés en âge de procréer bénéficient gratuitement des moyens de contraception et des services techniques du planning familial. » (Article 31)

« Les couples en âge de procréer doivent appliquer les mesures de contraception préconisées par le planning familial et contrôler les naissances au sein du couple. Les couples qui ont déjà un enfant sont encouragés à employer un mode de contraception « à efficacité longue » (soit stérilet etc.) (Extrait de l’article 32)

« Il est formellement interdit de pratiquer des échographies, ou avoir recours à toute autre technique, dans le but de chercher à connaître le sexe de l’enfant à naître et de le révéler lorsqu’elles ces échographies sont pratiquées dans un but médical. Les interruptions de grossesse motivée par le choix du sexe de l’enfant à naître, et ne répondant à aucune nécessité médicale, sont formellement interdites » (Article 37)

3 : Les effets par rapport à l’intention initiale de la politique de l’enfant unique

Bien que les avis soient partagés sur les conséquences de l’application de la politique de l’enfant unique en Chine, nous tenterons d’observer une attitude objective pour analyser la question et examiner le fait historique. Nous pouvons pour ce faire partir des objectifs exprimés de la politique de l’enfant unique, et examiner les conséquences observables dans le champ donné.

• Contenir la poussée rapide de la démographie et presser le changement des habitudes concernant la procréation

Vingt-cinq ans se sont écoulés déjà depuis le début de la réforme, et on peut dire que la Chine est parvenue dans une certaine mesure à contrôler le rythme de la croissance démographique. Le 6 janvier 2005, naissait, dans une maternité de Beijing, un petit garçon nommé Zhang Yichi : c’était le 1.3 milliardième citoyen chinois . Or, la naissance du 1.3 milliardième petit chinois est survenue quatre ans plus tard que prévu dans les rapports prévisionnels des spécialistes. Yu Xuejun, Directeur du Département des Règlements et stratégies de la Commission d’État pour la démographie et le planning familial déclara alors : « Cela montre bien que, malgré la multiplication grandissante du nombre absolu d’habitants, le rythme de croissance démographique de la Chine a tout de même ralenti » .

Depuis 1980, on considère que le nombre des naissances évités est de 200 millions. Le taux de naissance a baissé à 15.2‰ en 1999, le taux d’augmentation est passé de 11.87‰ à 8.8‰, en 1999. Actuellement, en zone rurale, une femme a en moyenne 2,3 enfants contre 0.8 pour une femme résidant en zone urbaine, la moyenne nationale étant de 1.8 enfants par femme. Le contrôle de la croissance démographique a permis à la Chine de réaliser un changement historique dans la reproduction de la population puisqu’on est passé d’un schéma "forte natalité --- basse mortalité --- forte croissance" à au schéma « basse natalité--- basse mortalité --- basse croissance ». La politique du planning familial en Chine a donc contribué non seulement à stabiliser la situation de croissance, mais a retardé de quatre ans le cap des six milliards de la population mondiale.

• Alléger les charges de la société et de la population, accumuler les potentiels humains pour un développement durable

Depuis 1979, année où on commence à pratiquer la politique de l’enfant unique, l’économie et la société se développent rapidement. La fécondité moyenne des femmes est passée de 5,44 en 1971 à 1,8 en 2005 dans tout le pays . Grâce à cette diminution des naissances et aux économies ou améliorations qu’elle implique dans tous les domaines de la vie matérielle (dépenses pour les vêtements, la nourriture, le logement, la gestion des offres d’emploi, des ressources énergétiques, de la qualité de l’environnement e t c…) le confort individuel des chinois s’est nettement amélioré. Cette politique a créé les conditions d’un environnement économique sain et c’est ce qui rend possible l’actuel développement de la Chine. L’Etat déploie toute son énergie dans le cadre du planning familial pour que le rythme de la croissance démographique continue d’être inférieur à celui de l’augmentation du PNB, de sorte à parvenir à élever petit à petit le niveau de vie moyen. Ces dix dernières années, l’économie chinoise ayant connu un développement continu, la vie quotidienne des chinois s’est beaucoup améliorée. On peut attribuer cette amélioration aux réformes économiques et à l’ouverture, mais l’application du planning familial a également a joué rôle important. Entre 1952 et 1978, le PIB de la Chine s’est multiplié par 3,7 ; le PIB par personne, lui, ne s’est multiplié que par 1,8. De 1978 à 1994, tout en persévérant dans la mise en œuvre de réformes et de l’ouverture pour développer l’économie, la Chine a mené conjointement sa politique de planning familial. Durant cette période le PIB a augmenté de 3,2 fois ; et le PIB par personne, de 2,4 fois. En même temps, avec l’élévation de la qualité de la vie et du pouvoir d’achat de la population, le marché des articles de consommation courante a augmenté de 12,7 fois. Le montant global des ventes au détail a augmenté en moyenne de 17,2% par an. En 1994, le montant global des ventes au détail atteindra 1 605,3 milliards de Yuans. La Chine est ainsi devenue le plus grand marché potentiel du monde. Par rapport à 1978, il est certain que le niveau de vie de la population chinoise s’est considérablement amélioré. Le revenu net moyen des citadins s’est multiplié par 9 depuis 1978, soit une augmentation annuelle moyenne de 15,5%. Le revenu net moyen de la population rurale, a, lui, été multiplié par 8 fois, soit une augmentation annuelle moyenne de 14,8%. Dans les villes et les bourgs, la superficie moyenne habitable par personne est passée de 3,6 m_ à 7,5 m_ ; à la campagne, celle-ci est passée de 8,1 m_ à 20,8 m_ . Les besoins de vitaux de base d’une majorité écrasante de familles, sur le plan de l’alimentation, de l’habillement, de la consommation d’articles courants, du logement ont pu être assurés et satisfaits. Le niveau de généralisation de biens de consommation tels que postes de télévision, radio-cassettes, le réfrigérateurs, machines à laver etc., avoisine aujourd’hui celui des pays en voie de développement.

• Organiser la mutation de la structure de la famille chinoise pour mener à une mutation de la conception de la famille

La pratique de la politique de l’enfant unique a produit des effets sur le plan social. Parmi ces effets, on note la généralisation remarquable de la famille de l’enfant. Cela est un point important pour ma recherche, et c’est pourquoi nous consacrerons précisément le chapitre suivant à l’influence de la politique de l’enfant unique sur la famille.

On a donc vu que l’apparition à si grande échelle de l’enfant unique n’est pas la conséquence nécessaire et évidente du développement économique de la société, mais qu’il est surtout le moyen choisi dans le cadre du planning familial pour contrôler la poussée démographique. Aussi dit-on que le phénomène de l’enfant unique en Chine n’est pas le fruit d’une évolution naturelle de la population, mais qu’il est un phénomène social et culturel né d’une politique volontariste. Son apparition accompagne la modernisation sociale chinoise. Ce n’est pas le cas de l’enfant unique occidental, dont l’apparition ne doit rien à l’intervention de l’état, et dont l’émergence est une conséquence logique du processus d’industrialisation et de modernisation. Si l’enfant unique dans la famille chinoise témoigne bien d’un niveau de développement économique et social atteint, il traduit aussi les conséquences d’un changement de modes de conception des choses et des modes d’action concernant les questions de la fécondité en Chine. Mais la politique de l’enfant unique est le résultat de mesures coercitives.

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19 Messages de forum

  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    6 décembre 2005 16:31, par FLORIAN

    Pourriez-vous expliciter clairement les objectifs de cette politique de l’enfant unique,car ils restent encore assez flou pour moi ! je vous remercie

    Florian,élève de 1er ES au lycée Notre Dame de Bury

    Répondre à ce message

  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    18 mars 2006 22:55, par LN
    Pourquoi parlons-nous pas de l’éliminations des filles en Chine et en Inde a cause de cette loi de "l’enfant unique" ?

    Répondre à ce message

  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    10 octobre 2006 19:37, par DeviL
    Mon commentaire est totalement inutile, mais j’aimerais juste vous remerciez pour cet article car sans vous je n’aurais pas pu faire ma dissertation =P

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    11 octobre 2006 09:35, par éleves de 1er es 3
    cher monsieur , nous sommes des élves de 1er Es au lycée privé de marcq en baroeul ! Nous élaborons un TPE qui a pour sujet la relation entre la politique de l’enfant unique et le développement de la chine ! Pourriez vous nous transmettre la plus grande partie de vos documents et de vos sources afin de nous éclairer dans notre travail ? Merci d’avance

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    • > > La politique de l’enfant unique en Chine 21 octobre 2006 10:05, par Foodgus
      salut a vous ! Nous sommes nous aussi des eleves de premiere Es et faisons nous aussi un TPE sur l’enfant unique en Chine. Nous sommes au Lycee français de Pekin car nous habitons en Chine. Avez vous recu de plus amples informations sur le sujet apres avoir ecris à l’auteur de cet article ? J’apprecierais enormement que vous m’informiez de cela. Merci de me repondre si possible à cette adresse : foodgus@hotmail.com

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  • Bonjour à tous les élèves de Première, chercheurs sur la Chine.

    Mon étudiante en doctorat est repartie en Chine actuellement. Je vais lui faire parvenir vos demandes et lui proposer de vous repondre directement ; En tout cas, bravo pour vos "intérêts de connaissance" comme on dit dans notre jargon scientifique. Cordialement

    René Barbier, Professeur de Sciences de l’éducation

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    11 novembre 2006 13:43, par LI
    Bonjour, je suis journalist pour le émissions en chinois de RFI, Radio France Internationale. Je voudrais savoir si je pourrais joindre l’auteur de cet article pour faire un interview. Merci de me répondre. Avec mes meilleures salutations. Li

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  • Cette article est vraiment très intéressant.Dommage qu’il y ait de nombreuses "coquilles" qui rendent certains passages difficilement compréhensibles

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    29 novembre 2006 17:17, par juliette b..
    j’aimerais savoir : En chine, à la campagne,combien les familles ont-elles le droit d’avoir d’enfants ? un enfant et 1 seul ? 2 enfants si l’aînée est une fille ? 2 enfants si l’aîné est un garçon ? merci de me répondre très très rapedemment car c’est très important !

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    8 décembre 2006 16:21, par Des élèves de 1ère ES
    Nous faisons un TPE sur la maîtrise des naissances en Chine,et nous voudrions savoir si il serait possible d’avoir la population exacte de la Chine en 1971 prioritairement mais aussi de 1950 à nos jours. Merci d’avance.

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    16 décembre 2006 16:19, par giantobelisk

    Bonjour à tous, je trouve cet article très intéressant et il y a en plus beaucoup d’information. À l’école, au Canada, en 2e secondaire, nous faisons une table ronde et notre sujet est : Le contrôle des natalités et des sexes en Chine est-elle une bonne chose pour la population chinoise ? Et bien, moi j’ai comme rôle d’être « Expert ». Je suis, dans cette table ronde, un professeur sur les consciences sociaux, politiques, économiques et humaines international. Merci beaucoup de tout cette information car j’ai tout trouvé sur ce merveilleux site...

    Merci bien, cordiallement, giantobelisk

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  • > La politique de l’enfant unique en Chine

    24 janvier 2007 16:11, par loic
    bonjour, quelques questions me turlupinent : est-ce que cette loi est toujours d’actualité. Pourquoi le gouveernement a fait cette loi ?

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    • > > La politique de l’enfant unique en Chine 11 novembre 2008 17:48, par Evavava

      Le gouvernement chinois encourage, en fonction de la Constitution, le planning familial dans le but de stimuler le développement économique et social, d’élever le niveau de vie, d’améliorer la qualité de la population et de préserver le droit du peuple à une vie aisée.

      La Chine est un pays en voie de développement et le plus peuplé du monde. Une population très nombreuse, les terres cultivées limitées, les ressources par habitant relativement insuffisantes, et le retard de l’économie et de la culture, telles sont les réalités fondamentales de la Chine. La croissance démographique démesurée, avec laquelle ne vont pas de pair le développement économique et social, la mise en valeur des ressources naturelles et la protection de l’environnement, a constitué un gros obstacle à l’élévation du niveau de vie des Chinois et à l’amélioration de la qualité de la population. A la fin de 1990, la partie continentale de la Chine comptait 1,14 milliard d’habitants. Avec un si grand nombre d’habitants, malgré la mise en vigueur du planning familial, la population augmente chaque année de 17 millions en moyenne, soit l’équivalent de la population d’un pays moyen. En Chine la superficie cultivée par habitant est tombée à 1,3 mu, moins de 0,1 hectare, ce qui ne représente que le quart de la moyenne mondiale, et il en va de même pour les ressources en eau douce. La production céréalière chinoise se classe au premier rang mondial, mais la quantité de grain par habitant n’est que de 22% de celle des Etats-Unis. Un quart de l’accroissement annuel du revenu national est annihilé par l’accroissement de la population, ce qui a entraîné une diminution de l’accumulation de fonds et empêché le développement économique. La croissance démographique démesurée a causé beaucoup de difficultés dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, du logement, des transports et des soins médicaux.

      Voir en ligne : Le planning familial et la protection des droits de l’homme

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