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Krishnamurti présenté au "philosophe débutant"

dimanche 12 juin 2005, par Dewez jean-Louis


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Pourquoi présenter Krishnamurti, et pourquoi le faire à 'l'étudiant' en philosophie, ou plus largement au 'philosophe débutant' comme se nomme lui-même Husserl, le père de la philosophie contemporaine ? Je ne suis pas moi-même un philosophe érudit, de plus il n'est pas clair que l'enseignement de Krishnamurti puisse être 'expliqué'. Le présenter ici n'est donc pas l'expliquer. Vouloir le présenter aux philosophes c'est essayer de le faire dans une recherche des fondements philosophiques, des 'évidences adéquates', tels que les aborde Krishnamurti.

Pourquoi le faire ? Parce que les 'philosophes débutants' se posent des questions importantes ; parce que Krishnamurti se pose les mêmes questions ; parce que Krishnamurti ne fait pas partie des lectures courantes en philosophie occidentale. Bien qu'ayant passé sa vie essentiellement en Occident, il y est probablement perçu aujourd'hui, au mieux, comme un maître de la sagesse orientale.

Ce que je vais dire ci-dessous de l'enseignement de Krishnamurti sera de mon fait, non de celui de Krishnamurti, et cela, même si je me sers essentiellement de citations. Ce que je vais en dire ne vous fera pas même pénétrer dans cet univers. Seule la lecture de l'auteur, et en fait, seule la recherche avec l'auteur au cours de sa lecture ou l'audition de ses nombreux enregistrements, est de nature à vous faire connaître son enseignement. Je n'en prends pas moins le risque de cette présentation car je crois que l'on ne va aux sources que si la soif nous taraude et j'espère qu'en partant d'un discours reconnaissable comme philosophique, l'envie de lire cet auteur naîtra chez quelques lecteurs philosophes, débutants ou non.

La question philosophique

Intéresser le philosophe, c'est d'abord se demander qu'est-ce que la philosophie ?

Comme on le sait, ce mot vient du grec philosophia de philein aimer et sophia sagesse, connaissance, savoir. L'étymologie nous donne immédiatement l'occasion de poser une question de fond qui sépare certains courants philosophiques : s'agit-il de sagesse ou de savoir ?

Une partie du travail des philosophes a recherché les fondements du savoir universel et en particulier les racines de la démarche scientifique. Des systèmes intellectuels ont été proposés qui font l'objet des études philosophiques. Un deuxième courant philosophique, parfois simultané chez le même auteur, porte sur la recherche d'un autre rapport à la vie, à l'action, à la cité. Ce projet philosophique se fonde sur l'adéquation entre les actes et le discours de l'auteur. Il prend son origine dans les philosophies occidentales les plus anciennes. Socrate en est probablement l'exemple le plus connu, lui qui meurt en philosophe.

Présentation de l'enseignement de Krishnamurti

Si Krishnamurti doit être présenté à des philosophes c'est sans aucun doute dans le cadre de ce dernier courant. Son enseignement est de nature à transformer celui qui accompagne sa recherche, pas à l'instruire, encore moins à lui fournir un système intellectuel de compréhension du monde ou de la vie. Il n'en est pas moins un enseignement rationnel et une forme originale de recherche fondamentale au sens scientifique du terme, au sens ou Husserl après Descartes appelle à une réduction systématique qui permette de fonder notre démarche sur des évidences adéquates.

Commencer par le doute

Comment une recherche sérieuse, une recherche qui souhaite explorer les fondements de toute philosophie, pourrait elle commencer autrement que par le doute ? « Doutez non seulement de ce que les autres disent, mais doutez également de vos propres expériences, de vos propres pensées, de vos propres attitudes et valeurs. Pourquoi faisons nous certaines choses dans la vie, pourquoi croyons nous ? Nous devrions exercer un doute rationnel, un scepticisme, car le doute décape l'esprit, le rafraîchit, il brisera les vieilles habitudes, les anciennes conclusions, les concepts archaïques. » [1]

Ce doute commence donc tout d'abord par la remise en cause de toute croyance. « La plupart d'entre nous appartenons à la catégorie de ceux qui dépendent de la foi pour expliquer leur être. J'inclus dans ce mot 'foi', les nombreuses demandes subtiles, les prières et les supplications à un être extérieur, qu'il soit un Maître ou un Saint, ou bien l'attrait pour l'autorité des croyances, des idéaux et des disciplines auto imposées. Habité d'une telle foi, avec toutes ses implications, nous sommes conduits à engendrer la dualité dans notre vie, c'est-à-dire, il y a cet acteur s'efforçant toujours de rapprocher lui-même et ses actes d'un concept, d'un standard, d'une croyance, d'un idéal. Il y a donc une constante dualité. » [2]

Ceci suppose, comme l'ont exprimé depuis longtemps les philosophes, la mise 'entre parenthèses' de tous les préjugés, de toutes les illusions. « Supposez que je sois pris dans une illusion - le mot 'illusion' vient de 'illudere', jouer, jouer avec les idées, jouer avec des choses qui ne sont pas réelles, qui sont conceptuelles, une série de conclusions et de croyances qui ne sont pas réelles. Je joue avec elles. Si cette croyance ne me convient pas, j'en prends une autre. Je joue avec les croyances et ce jeu est illusion, parce que je ne peux pas affronter ainsi la réalité de ce qui se produit effectivement. Ainsi l'esprit invente les croyances, les dogmes et tout ce qui s'en suit. Maintenant être conscient de cela, savoir que je suis dans une illusion -quand vous savez que vous êtes dans une fiction, c'est terminé. Vous comprenez ? C'est seulement quand je ne sais pas que je suis dans l'illusion qu'il n'y a pas de possibilité d'en sortir. Mais au moment où je suis conscient du fait que je suis pris dans une fiction, cette prise de conscience elle-même disperse l'illusion. » [3]

Pour entreprendre cette recherche du 'philosophe débutant' la liberté doit être au premier pas. « Certainement, pour être libre de toute influence vous devez avoir un corps extraordinairement sensitif, et aussi un esprit, un cerveau, qui n'a pas été rendu engourdi par la tradition, par la société, par l'église avec ses croyances et ses dogmes. Toutes ces influences, et bien d'autres, rendent l'esprit alourdi. » [4] « Ainsi le corps, le système nerveux, le cerveau, l'esprit, l'entité totale, ce qui inclut l'inconscient aussi bien que le conscient, doivent avoir une grande sensitivité. Vous devez être conscient de ce que vous aimez comme de ce qui vous déplait, de la façon dont vous marchez, dont vous parlez, dont vous écoutez, de sorte que l'inconscient soit sensible. » [5]

Ici Krishnamurti va plus loin encore. Il entreprend de questionner l'outil par lequel nous, 'philosophes débutants', conduisons notre recherche : la pensée elle-même !

« Pour découvrir cela nous devons explorer la totalité du mouvement de la pensée – d'accord ? Parce que notre société, nos religions, notre morale, toutes nos relations sont basées sur la pensée. Nous avons donc à approfondir la totalité du mouvement de la pensée. La pensée n'a pas seulement créée l'extraordinaire avancée technologique, mais la pensée a aussi créé les guerres. La pensée a créée toutes les religions dans le monde, avec leurs images, avec leurs rituels, avec leurs sauveurs, avec leurs dieux – tous basés sur la pensée. Et la pensée a divisé l'homme contre l'homme – mon pays, votre pays, mon Dieu et votre Dieu, ma croyance et votre croyance, les idéaux, tout cela. La pensée est responsable de cela. Pouvons nous voir la vérité de cela, que la pensée est responsable, et la pensée de dire « Je peux résoudre ce problème ».[6]

« La pensée peut elle voir le tout ? S'il vous plait, nous devons nous assurer de cela avant d'aller plus loin. La pensée, qui est mémoire, qui est expérience, qui est connaissance – la connaissance étant le passé – la pensée peut-elle voir la totalité de l'existence ? »[7]

« Alors qu'est-ce donc que la pensée ? Parce que c'est là une question très importante à poser. Si la pensée peut transformer nos esprits, nos cœurs, notre être, alors nous devons utiliser la pensée. Si la pensée ne peut pas apporter une transformation radicale, alors quelle est sa place ? Donc je me demande à moi-même comment vais changer radicalement ? La pensée me changera-t-elle ? Vous comprenez ma question ? S'il vous plait suivez cela. La pensée se voit elle même, ce qu'elle a apporté psychologiquement, intérieurement, comme extérieurement. Et je me demande : la pensée peut elle être consciente d'elle-même ? Le processus de pensée qui se déroule en moi, peut-il être conscient de lui-même, voir son propre mouvement, ce qu'il a fait, ce qu'il ne peut pas faire et ce qu'il veut faire ?

Pourquoi la pensée a-t-elle acquis une telle prédominance dans le monde ? Alors qu'est-ce que la pensée ? Qu'est-ce que cette chose qui est toujours en action, toujours en mouvement, bavardant tout le temps ? Apportant une division, moi et vous, ma famille, mon dieu, votre dieu – vous suivez ?- tout ce mouvement qui se poursuit en moi. Donc qu'est-ce que ce mouvement ? Le mouvement implique le temps, n'est-ce pas ? S'il vous plait, est-ce vrai ? Le temps étant se déplacer d'ici à là, couvrir la distance de ce 'qui est' à 'ce qui devrait être', aussi bien extérieurement qu'intérieurement. Le temps est mouvement. Donc la pensée elle-même est un mouvement – d'accord ? Donc la pensée est temps. Est-ce que nous nous comprenons, s'il vous plait ?

Donc je vois, il y a observation que la pensée est mouvement comme temps. D'accord ? Alors qu'est-ce que la pensée ? La pensée est mémoire - n'est-ce pas ? Mémoire stockée dans le cerveau,, enregistrée comme expérience et savoir – d'accord ? Savoir quand je conduis une voiture, savoir quand je dis 'je me connais' – vous comprenez ? Donc l'accumulation de l'expérience, qui est devenue savoir, est stockée dans le cerveau, et la réponse en est la pensée, d'accord ?

La pensée, disons nous, est la réponse de la mémoire, la mémoire est savoir, savoir basé sur l'expérience, le savoir est toujours sur le passé, il n'y a pas de savoir du futur. Ainsi la pensée rencontrant le présent, se modifie elle-même et projette le futur, d'accord ? C'est pourquoi la pensée basée sur le savoir, l'expérience, qui est le passé, est toujours fragmentaire. Avalez cette pilule ! d'accord ?

Et la pensée, étant fragmentaire, a créée cette culture qui est fragmentaire : l'arabe et le juif, vous savez, tout ce 'business', et la pensée de dire, 'je vais résoudre ce problème, politiquement, religieusement, psychologiquement' – tous les problèmes qu'elle a créée. Ce qu'elle a créée est fragmentaire et la pensée dit 'je vais aller au-delà du fragment' – la pensée étant elle même un fragment. Vous comprenez ? Par conséquent elle ne peut possiblement aller au-delà d'elle-même. S'il vous plait, voyez cela, même verbalement, intellectuellement, n'importe comment, mais voyez le. Une fois que vous le voyez, observez en la vérité, alors tout notre processus de pensée devient radicalement différent. Si la pensée ne peut pas résoudre ce problème, le problème humain, alors qu'est-ce qui le fera ? Vous comprenez ma question ? Nous avons, jusqu'à maintenant, pour des millénaires, dépendu de la pensée pour résoudre nos problèmes. Toutes nos philosophies, des grands philosophes, sont basées sur la pensée – Les philosophes modernes, les philosophes grecs comme les anciens philosophes indous. … Et de leur philosophie qui est la fille de leur pensée, l'homme espère résoudre le problème. Vous comprenez ? Nous avons donc accepté la pensée comme la solution complète à tout. Et quand vous réalisez, pas émotionnellement, mais logiquement, sainement que la pensée est un fragment et que par conséquent elle ne peut pas résoudre le problème de l'homme dans son ensemble, alors vous avez à demander, qu'est-ce qui résoudra les problèmes de l'homme ? Vous comprenez ma question ? L'avez-vous saisi ? Sommes nous ensemble ? Sommes nous en communication les uns avec les autres ? S'il vous plait.

C'est à dire, est-ce que vous en voyez la vérité, pas son expression verbale, sa vérité ? Regardez, je vais mettre quelque chose en évidence. Le conférencier fait cette déclaration que la pensée étant fragmentaire, ne peut pas, possiblement, résoudre les difficultés qu'elle a créées, d'accord ? Maintenant j'ai fait une affirmation. Comment la recevez vous ? Vous comprenez ? Voyez vous l'affirmation comme la vérité elle même ? Ou bien faites vous une abstraction de cette déclaration en une idée et acceptez cette idée, et pas le fait ? Alors que faites vous ? Est-ce devenu une idée ? Ou un fait ? Vous comprenez cela ? Qu'avez vous fait ? Comment avez vous reçu cette déclaration que la pensée, quelque soit ce qu'elle ait créé, cela doit être fragmenté, et la pensée essayant de résoudre le problème, les difficultés qu'elle a créées avec ses problèmes, ne peut jamais le résoudre ? Comment recevez vous cette déclaration ? Est-ce une idée ? Ou bien voyez vous cela ainsi ? Vous comprenez ma question ? Si c'est une idée – le mot 'idée' en Grec signifie observer, pas ce que nous en avons fait. Alors est-ce une idée ou un fait dont vous dites 'Oui, il en est ainsi' ? Vous comprenez ? Qu'en est-il ? Parce que c'est très important de comprendre cela. Si c'est une idée, c'est toujours fragmentaire. Mais si vous voyez le fait ce n'est plus le cas. Pouvons nous poursuivre à partir de ce point ? C'est très important.

Si vous tirez une conclusion de ce qui a été dit, cette pensée est un fragment, alors cette conclusion est le mouvement de la pensée – d'accord ? Mais si vous voyez ce qui a été dit, que la pensée est un fragment, c'est un fait, alors vous faites face à des faits pas à des idées. Vous comprenez ? Nous vivons avec des idées, des conclusions, des concepts, qui ne sont pas des faits, et par conséquent nous devenons complètement perdus. Tandis que si nous nous confrontons à des faits alors il y a un moyen de communication. Vous avez compris cela ? » [8]

D'ailleurs le penseur lui-même est-il distinct de la pensée ?

« Aussi longtemps que vous établissez un penseur indépendant de ses pensées, vous êtes contraints à avoir un conflit entre le penseur et la pensée, et là où il y a conflit, il ne peut pas y avoir compréhension. Si vous ne comprenez pas cette division en vous-même, faites ce que vous voulez, refreinez, analysez, découvrez la cause du conflit, allez chez un psychanalyste, et tout le reste, vous resterez inévitablement dans le processus du conflit.. Mais si vous pouvez voir et comprendre la vérité du fait que le penseur est la pensée, l'analyseur est l'analysé – si vous pouvez comprendre, pas simplement verbalement, mais d'expérience effective, alors vous découvrirez qu'une extraordinaire révolution prend place. »[9]

« Si vous examinez attentivement, vous percevrez que l'individualité est seulement une suite de limitations, une série d'actions cumulatives, d'entraves, qui donnent à la conscience l'identité appelée 'Je'. Le 'Je' est seulement une succession de mémoires, d'intentions, qui sont nés d'appétits, et l'action est ce tiraillement entre le désir et son objet. »[10]

"Il doit y avoir cessation de l'expérimentateur et de l'expérience, des choses que l'expérimentateur se remémore, reconnaît – ce qui signifie, il doit y avoir un état dans lequel il n'y a pas de reconnaissance , ce qui signifie, mourir à chaque expérience qui survient et ne pas créer l'expérimentateur. » [14]

Et d'ailleurs ce penseur peut-il réellement rechercher la vérité, fut-elle philosophique ?

« Maintenant nous devons approfondir cela très, très attentivement, doucement, ne pas être dogmatique, ne pas être affirmatif, ne pas se disperser, mais investiguer, découvrir le mouvement de la pensée, et si la pensée peut être consciente d'elle-même, peut voir son activité. D'accord ? La pensée peut elle être consciente d'elle-même, de ce qu'elle a fait, peut elle devenir attentive, consciente de son mouvement comme temps et peut elle devenir consciente qu'elle est fragment, pas totalité ? [15]

« Ce que l'esprit cherche est évidemment sa propre création et donc non vrai. Et voir la vérité de ceci, la vérité de ce qui vient juste d'être dit, est déjà un processus de libération, n'est-ce pas ? Simplement de le voir, être conscient que la cupidité ne peut trouver, l'envie ne peut trouver ce qui est vrai. Simplement l'observer, le voir, en être silencieusement conscient, apportera, non seulement la délivrance de l'avidité, mais la réalisation de ce qui est vrai. Ainsi, ceux qui essaient de trouver la vérité seront de toute évidence pris dans l'illusion, et par conséquent, la vérité doit venir à vous, vous ne pouvez la poursuivre, vous ne pouvez la pourchasser. » [11]

Il n'y a pas même de méthode possible pour découvrir la vérité.

« Méthode implique temps, n'est-ce pas ? Quand vous pratiquez une méthode, vous devez avoir du temps pour couvrir l'espace entre ce qui est et ce qui devrait être. »[12]

"Qu'est-ce qui est impliqué dans une méthode ? Il s'agit d'une procédure organisée, spécialisée dans le but de vous aider à arriver, et vous commencez à pratiquer cette procédure, jour après jour, doucement, délibérément- ce dans quoi est impliqué un grand effort. Il y a donc la méthode et il y a la pratique. Au travers d'une méthode ou de méthodes vous arriverez seulement à un stade qui doit être statique. Si vous avez une méthode, cela vous conduira quelque part, ce quelque part doit être statique, il ne peut pas être mouvant, dynamique, il ne peut pas être vivant, il n'est pas mouvement, il est fixe. .

Pratiquer une méthode implique l'autorité. Pratiquer une méthode implique une procédure mécanique, cela devient mécanique. De la même manière, vous pratiquez un système dont vous espérez qu'il vous conduira à la paix, vous pratiquez simplement et établissez une habitude, en conséquence votre esprit s'émousse et devient insensible, mécanique. Tout ceci est impliqué quand vous pratiquez une méthode, il y a l'autorité, il y a cultivation mécanique d'une habitude qui limite, qui vous aide à vous échapper de vous-même. Voyez en le fait. » [13]

Tout juste la méditation, mais quelle médiation ?

« la méditation n'est pas la prière, pas la répétition de mots, pas la pratique, pas la poursuite d'une méthode particulière ou d'un système dans lequel serait impliqué une autorité. » [13]

« La méditation est conscience de la pensée, du sentiment, sans jamais les corriger, sans jamais dire c'est juste ou c'est faux, sans jamais justifier, mais simplement observer et accompagner. Dans cette observation et accompagnement de la pensée, du sentiment, vous commencez à comprendre et à être conscient de la nature complète des pensées et des sentiments. De cette attention émerge le silence, non simulé, non contrôlé, non provoqué par la pensée, car le silence provoqué par la pensée est stagnant, est mort. Le silence vient quand la pensée a compris sa propre source, la nature d'elle-même, en quoi toute pensée n'est jamais libre, mais toujours ancienne. Voir tout cela, voir le mouvement de chaque pensée, le comprendre, en être conscient, est naître à ce silence qui est méditation, dans laquelle 'l'observateur' n'est jamais. [16]

l'éveil de l' intelligence :

"L'intelligence est intemporelle, l'intelligence est essence de l'esprit. Cette intelligence est réalité, l'esprit lui-même, elle ne doit pas être séparée de l'esprit, cette intelligence est extase, elle est toujours en devenir, toujours en mouvement. Quand à la mémoire, elle est l'empêchement de cette intelligence, la mémoire est indépendante de cette intelligence, la mémoire est la perpétuation de cette conscience d'un 'Je' qui est le résultat de l'environnement, de cet environnement dont la signification a échappé à l'esprit. Ainsi la mémoire émousse, contrarie cette intelligence toujours naissante, toujours mouvante, intemporelle. L'esprit est intelligence, mais la mémoire s'est imposée à l'esprit. C'est-à-dire, la mémoire qui est cette conscience du 'Je', s'identifie avec l'esprit, et la conscience du 'Je' s'interpose entre l'intelligence et l'esprit, le divisant, l'émoussant, le contrariant, le pervertissant. Donc la mémoire, s'identifiant avec l'esprit, essaie de devenir intelligence, ce qui pour moi est faux – si je peux utiliser le mot 'faux' ici – car l'esprit lui-même est intelligence, et c'est la mémoire qui pervertit l'esprit et ainsi assombrit l'intelligence. Et de là l'esprit semble toujours chercher cette intelligence intemporelle, qui est l'esprit lui-même. » [17]

Le silence de l'intelligence est source de la connaissance,

« Apprendre c'est approcher tout problème paisiblement, silencieusement. Seul un esprit silencieux, un esprit paisible, l'esprit qui se meut avec le fait, apprend. » [18]

et de l'action juste

"Ainsi la connaissance de soi est le commencement de la sagesse, de laquelle vient la pensée juste, et sans pensée juste il ne peut y avoir d'action juste, et par conséquent pas de création d'une nouvelle structure sociale. » [19]

références

[1] Bombay 3rd Public Talk 30th January 1982

[2] 1936 4th Public Talk in Ojai

[3] 4th Public talk, Ojai, 1979

[4] Saanen 14th July 1963

[5] London 3rd May 1965

[6] 1st Public Talk, Saanen, 1976

[7] Saanen 2nd Public Dialogue 31st July 1975

[8] 1st Public Talk, Saanen, 1976

[9] New York 1st Public Talk 4th June 1950

[10] 1936 1st Public Talk in New York City

[11] 1949 3rd Public Talk, London

[12] Banaras 1st Public Talk 11th December 1955

[13] 1965 6th Public Talk, Bombay

[14] Bombay 5th Public Talk 21st February 1954

[15] 1st Public Talk, Saanen, 1976

[16] talks and dialogues

[17] 1934 4th Public Talk in the Oak Grove, Ojai

[18] Madras 1965

[19] 1948 6th Public Talk, Bombay

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Dewez jean-Louis
http://www.krishnamurti-france.org
Professeur d'informatique au CNAM







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