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La mort du poète-chanteur Jean Ferrat dimanche 14 mars 2010, par René BARBIER |
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J'aurai l'innocence des roses Toi des enfants Jean Ferrat Samedi 13 mars, à 79 ans, le poète et chanteur Jean Ferrat aux deux cents chansons lui "qui n'était qu'un cri ", meurt d'un cancer à 13h30 entouré des siens à l'hôpital d'Aubenas à 15 kilomètres de son village d'Antraigues-sur-Volane, en Ardèche, où il était installé depuis plus de quarante ans. Né Jean Tenenbaum, son père juif émigré russe mourra en déportation à Auschwitz, Jean à 11 ans alors. Heureusement il est sauvé par des militants communistes. Toute sa vie il conservera une reconnaissance pour les militants de ce parti. Le film "La Rafle" de Rose Bosch (2010) montre, enfin, la réalité française de l'époque du Maréchal Pétain comme de son ministre Laval et de leur alliance avec la Gestapo pour accomplir l'holocauste. Jean Ferrat, en souvenir de son père, nous offrira "Nuit et brouillard" En 1954, il commence ses auditions dans divers cabarets de la capitale. Il fait sa première scène à l'Alhambra en 1961 où il tromphe avec Ma mome et Deux enfants au soleil. En 1963 il nous donne des chansons plus politiques comme Nuit et brouillard qui sera non diffusée sur les radios ou Potemkine (1965) interdite d'antenne (voir les faits : http://www.jean-ferrat.com/potemkinebleu.htm). Les paroles de Potemkine résonnent encore dans nos mémoires et imbibent toujours l'actualité économique et politique d'aujourd'hui « M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde " Qui chante au fond de moi au bruit de l'océan " M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde " Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents ? « Ma mémoire chante en sourdine « Potemkine... » " M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde " Où l'on punit ainsi qui veut donner la mort « M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde « Où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort « Ce soir j'aime la marine : « Potemkine. » Il demeure le révolté, l'anticonformiste, même à l'égard du parti communiste dont il s'est senti proche. En 1968 sa chanson Camarade dénonce l'invasion soviétique à Prague. En 2007 il se prononce pour José Bové et l'altermondialisme et soutient le Front de gauche en Ardèche aux dernières régionales. Son dernier combat le mènera à soutenir l'opposant iranien Madjide Chahbasian assigné à résidence en Ardèche en 2003 et menacé d'extradition. Sa région d'adoption lui inspire La Montagne qui restera dans les annales de la chanson française à dimension écologique. Il s'inspire d'Aragon dont il met en musique les poèmes dans deux albums et ne fait qu'une brève apparition à la télévision en 2003 dans une émission de Michel Drucker en affirmant son opposition à la grande industrie du disque et en revendiquant la dimension politique de certaines de ses chansons. Dans son village d'Antraigues tout le monde le connaissait et appréciait son sens de l'humain, se modestie, sa fermeté d'âme, son sens de la justice. Il fait partie des grandes figures poétiques de la chanson qui ont animé ma jeunesse avec Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré. J'avoue avoir été touché plus que de coutume par sa disparition même si je le savais malade depuis quelques années. Les internautes peuvent entendre ses chansons sur deezer ( http://www.deezer.com/fr/ ) ou sur Muzika.fr (http://video.muzika.fr/titres/1360/Jean-Ferrat ) Écoutez les titres : Aimer à perdre la raison Bicentenaire C'est beau la vie Cuba si Deux enfants au soleil Dingue Horizontalement Je ne chante pas pour passer le temps La Commune La montagne La paix sur Terre Le grillon Les guerilleros Les tournesols Ma France Maria Mon amour sauvage Nous dormirons ensemble Nuit et brouillard On ne voit pas le temps passer Pauvre Boris Petit Potemkine Que serais-je sans toi Tu aurais pu vivre À la une On visitera son site web http://www.jean-ferrat.com et on le reverra dans l'émission Carrefour en 1967 Carrefour (25 février 1967) [17 :16 min.] Jean Ferrat - Sans doute les deux chansons les plus connues de Jean Ferrat : La montagne et Potemkine. |
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