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Sommes-nous responsables de nos croyances par Pascal Angel

mardi 26 mai 2009, par René BARBIER


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La croyance a été sans cesse questionnée par Krishnamurti, pratiquement dans tous ses ouvrages. Les philosophes occidentaux la prennent également en charge pour la discuter. Julia Kristeva, récemment, a publié un ouvrage à ce sujet, dans une perspective psychanalytique et semble dubitative sur la possibilité de se défaire des croyances (Julia Kristeva, Cet incroyable besoin de croire, Paris, Bayard, 2007, 188 p.). Le poète Claude Roy a publié un ouvrage fort éclairant, si proche de Krishnamurti, dans Les chercheurs de Dieux. Délivrez-nous des dieux vivants, des pères du peuple et du besoin de croire, Paris Gallimard, 1981).

Ce qui est remarquable, c'est qu'un point aveugle existe dans la discussion proprement philosophique sur la croyance. Ce point est le fait que nous devons penser pour donner du sens à ce qui nous arrive où à ce que nous faisons. Or, Krishnamurti et la plupart des sagesses non-dualistes, nous demandent de questionner justement la question de la pertinence de la pensée pour trouver le sens de l'existence. Leurs perspectives s'ouvrent sur la "non-pensée" orientale par le biais de l'expérience fondamentale de la méditation sans objet (sans concept ni image).

On écoutera l'exposé de Pascal Angel, professeur à l'université Paris 4, dans la série "philosophie" de l'Université de tous les savoirs.

Sommes-nous responsables de nos croyances ?

Les croyances ont des causes plutôt que des raisons, et beaucoup d'entres elles sont soumises à des déterminations sociales. Si la croyance n'est pas volontaire, comment pourrions-nous être responsables de nos croyances ? Peut-on reprocher à quelqu'un de croire des choses stupides ? Et pourtant on peut blâmer un individu pour ses croyances racistes ou pour ses opinions irrationnelles, et nombre de conceptions de la croyance religieuse en font des engagements volontaires. Depuis le fameux argument du pari de Pascal, on a également soutenu que les raisons pratiques de croire pouvaient, dans certains cas, l'emporter sur les raisons théoriques de croire. Y-a-t-il une "éthique de la croyance" au même sens qu'il y a une éthique tout court ? Si nous voulons répondre à ces questions, il nous faut d'abord clarifier la psychologie de la croyance, et déterminer si elle relève de la part active ou de la part passive de notre esprit. Alors que l'action est soumise au contrôle, les croyances ne le sont pas. Il faut aussi réviser notre conception usuelle de la liberté dans la croyance. Celle-ci ne repose pas sur la liberté de la volonté ou le libre arbitre, et la raison pratique diffère de la raison théorique. Il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait pas de liberté de croire, ni de responsabilité quant aux croyances. Nous devons à la fois renoncer à une conception purement déterministe et causaliste des croyances, du type de celles que défendent nombre d'anthropologues, de sociologues et de psychologues cognitifs, et à une conception purement volontariste.

Écoutez l'exposé en vidéo (71 minutes) dans la célèbre collection de Canal U

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René BARBIER
Page personnelle de René Barbier
Professeur émérite des universités en Sciences de l'éducation (université Paris 8) Fondateur de l'Institut Supérieur des Sagesses du Monde (ISSM) en ligne. Conseiller scientifique du Centre d'Innovation et de Recherche en Pédagogie de Paris - CIRPP- (CCIP). Membre du Conseil d'administration du Centre International de Recherches et d'Etudes Transdisciplinaires (CIRET)

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