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Imaginaire de l'insécurité et location d'appartement à Paris

samedi 19 juillet 2003, par René BARBIER


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Louer un appartement à Paris relève d'une épreuve olympique.

Il y a quelques années, j'ai déjà voulu vivre en ethnologue la façon dont les industriels des loisirs aquatiques organisaient leurs prestations. J'étais donc parti, avec ma famille, dans un centre de loisirs spécialisés, pendant une semaine, pour me "baigner" dans cette ambiance. J'ai pu rapporter ainsi une intéressante moisson d'observations [1]. Aujourd'hui, je reprends ma démarche, à la façon de Marc Augé enquêtant dans le métro parisien [2], pour comprendre l'absurdité généralisée de la location d'appartement à Paris.

Ce sont mes étudiants, notamment étrangers, qui m'ont donné envie de me rendre compte par moi-même, de cette quotidienneté dramatique pour eux. Comment louer un lieu de vie lorsque l'on est jeune, étranger, étudiant, sans moyens financiers exorbitants ? La réponse est simple : c'est impossible, à moins de passer par des organismes ou des personnes qui acceptent de jouer le jeu (lucratif) de l'illégalité (location "au noir").

Un professeur d'université, à la situation économique confortable, en général, en fin de carrière, ne peut imaginer le problème vécu par ses étudiants. Même s'il est au courant, intellectuellement, de la situation actuelle du système de location à Paris, il aura des difficultés à "comprendre" de l'intérieur ce que cela veut dire pour une personne obligée de se loger rapidement.

Voyons les faits. J'ai décidé de me placer dans la posture d'une personne désireuse de louer un studio à Paris. Pour ne pas tenter l'impossible, j'ai circonscrit ma démarche dans un arrondissement parisien populaire : le XXe à l'est de Paris. Je connais bien ce quartier car je possède un appartement non loin de la mairie. J'ai commencé par acheter les journaux, par chercher les sites web spécialisés et par noter des adresses. Déjà, à cette étape, les affairistes s'affairent, si j'ose dire. La demande étant importante, des sites web, comme "se loger", vous mettent en relation avec des agences immobilières proposant des locations, moyennant un tarif téléphonique conséquent (plus d'un euro 30 et ensuite 30 centimes d'euro la minute). À l'épreuve, vous vous apercevez vite que cela vous coûte cher, dans la mesure où il faut passer d'innombrables coups de téléphone, souvent sans réponse, avant de tomber sur une occasion raisonnable.

Mais c'est la suite qui est le plus inquiétant. Supposons que vous ayez trouvé, enfin, une offre correspondant à votre budget, le marathon commence vraiment. Il faut dire, tout d'abord, que les prix des locations sont, depuis quelques années, de plus en plus prohibitifs. Aujourd'hui (2003), un studio dans le XXe de 25 mètres carrés revient au minimum à 550 euros par mois en moyenne. Si vous le voulez en hauteur et bien situé, vous devrez débourser jusqu'à 700 euros mensuels. Si vous désirez un studio dans les quartiers "chics" de la capitale, multipliez ces chiffres par deux au trois.

Mais reprenons notre enquête. Doté d'une adresse immobilière, vous téléphonez et on vous donne un rendez-vous, dans le meilleur des cas, un jour précis, pour visiter l'appartement en question. Vous vous retrouvez avec une quinzaine de personnes, plutôt jeunes, qui attendent fébrilement, devant la porte de l'immeuble. Le (et plutôt la) responsable de l'agence se présente alors. Souvent il vous a fallu l'attendre une quinzaine de minutes. Deux cas de figures à ce moment. Elle vous fait monter par groupe de cinq pour la visite, ou elle prend tout le groupe et elle vous fait attendre sur le palier de l'appartement. Dans un second cas, elle prend les gens un par un et vous restez planté dans la rue pendant une bonne heure.

Si l'appartement vous intéresse elle vous fait remplir un questionnaire inquisitorial. Pour obtenir le logement, il vous faudra pas moins que :


- Trouver absolument un garant, quel que soit votre statut social

Si vous êtes salarié (on ne parle pas d'étudiant ou de chômeur, dans les papiers officiels, évidemment)


- carte d'identité recto-verso


- trois derniers bulletins de salaire


- deux derniers avis d'imposition sur les revenus


- trois dernières quittances de loyer et taxe foncière (parce que, évidemment encore, vous aviez un logement "reconnu")


- attestation d'assuré social


- RIB (original s'il vous plaît !)


- attestation d'employeur (encore "original" et pas une photocopie) avec date récente du document, date d'embauche, montant du salaire net mensuel, si vous êtes en CDI ou CDD, votre qualification, un non-préavis de départ ou de licenciement

On s'étonne qu'il ne soit pas fait mention de l'appartenance religieuse ou ethnique ou de vos moeurs sexuelles ? (il est vrai que la loi, parfois, a du bon). De toute façon, vous n'avez trop intérêt à vous présenter avec une autre "face" que celle d'un "Français bien de chez nous". Un simple coup d'oeil suffira pour la responsable de l'agence sache à quoi s'en tenir et décide en connaissance de cause, en fonction du client qu'elle représente.

Ensuite on vous indique les conditions "non officielles" (elles ne sont pas inscrites dans les formulaires demandés). Les frais d'agence représentent entre 100 à 150% d'un loyer mensuel. On vous précise que vous devez gagner quatre fois le montant du loyer, que vous devez donner au départ une caution de trois à quatre fois le loyer mensuel, que votre garant sera lui aussi tenu de déposer une sommes conséquente etc. Un garant est nécessaire, quelque soit votre revenu et la stabilité de votre emploi, même si vous gagnez 5000 euros par mois pour un loyer de 600 euros. Si vous possédez toutes ces conditions, attendez-vous à une réponse "dans les plus brefs délais"...

Bien des jeunes personnes repartent, proprement enragées, désespérés ou ancrés dans un cynisme mortifère, de cette visite. Ils iront grossir les rangs de ceux qui vont trouver un logement dans la grande banlieue parisienne.

Réflexions sur un fait social

La location d'appartement à Paris, comme fait social, demande une interprétation. Les responsables d'agences immobilières, qui prolifèrent d'une manière extraordinaire, vous en donnent une : il y a une grande demande et peu d'offres, c'est la raison pour laquelle les choses se passent ainsi. La loi du marché, comme "loi d'airain", en quelque sorte.

Ce n'est pas faux, évidemment, mais insuffisant.

D'abord parce que cette "loi d'airain" du capitalisme immobilier, n'est pas une fatalité. Elle n'est que la conséquence d'un système économique voulu par certains qui ont intérêt à le voir perdurer.

Ensuite parce que la situation du logement locatif à Paris représente ouvertement un imaginaire de l'insécurité qui s'infiltre dans tous les interstices de la vie quotidienne des Français. Il y a une logique interne qui relie les 60000 (et plus) détenus en prison aujourd'hui, pour quelques 45000 places environ, et les "garanties" demandées par les agences immobilières, au nom – paraît-il - des propriétaires, pour obtenir une location d'appartement. Le grand principe est : il faut se préserver ! Contre quoi ? Les "mauvais payeurs", les "gens qui font du bruit", les "chômeurs potentiels" (qui sont nombreux en ces temps d'incertitude), les "étrangers" (Le Pen doit être content). Je ne conteste pas un minimum de garantie. Notre société est ce qu'elle est, et l'esprit franciscain n'existe plus guère que dans les romans à l'eau de rose. Mais, entre une garantie légitime et ce qui est demandé aujourd'hui, il y a un gouffre.

De même qu'il nous faut voir régulièrement, pour être rassuré, les escouades de policiers déambulant dans les rues de nos villes, gros revolvers à la ceinture, aux allures de "rambos", aux sirènes tonitruantes, ou encore les pompiers, le SAMU, appelés à la moindre alerte, les agences immobilières imposent leurs philosophie sécuritaire dans la paperasse bureaucratique qui dresse une grande muraille de Chine contre les risques de la vie.

Les sociologues ont bien montré comment se construit et s'amplifie l'imaginaire de l'insécurité. A partir d'un fait insignifiant, les "on-dit" se développent, se répandent, imposent leurs significations dramatiques dépourvues de la moindre preuve [3] . Tout un mécanisme imaginaire se met en marche, accentué, fortifié par les médias. C'est le cas pour les "délits et les crimes" supposés. C'est également du même acabit pour les échecs dans le paiement d'une location d'appartement. Pour un mauvais payeur, l'imaginaire de l'insécurité s'amplifie et le système de garantie augmente en intensité, secondé par les rumeurs, les "je vous l'avais bien dit".

La société française devient folle, comme bien d'autres dans le système libéral. Seule, une réflexion critique sur les fondements du capitalisme contemporain, peut nous permettre d'imaginer des rapports humains plus dignes du respect de la vie personnelle et sociale.


[1] BARBIER R., 2001, L'eau et ses mythes. Remarques critiques sur deux expériences de vie aquatique, Paris, l'Harmattan, p. 285-315, in Les eaux écoformatrices , Barbier R., Pineau G. (coord), Paris, L'Harmattan, 2001, 349 p.

[2] AUGÉ Marc, 2001, Un ethnologue dans le métro, Hachette Pluriel Suivi de Traversée

[3] ACKERMANN W, DULONG R, JEUDY H-P, 1983, Imaginaires de l'insécurité, Méridiens-Klienksieck

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René BARBIER
Page personnelle de René Barbier
Professeur émérite des universités en Sciences de l'éducation (université Paris 8) Fondateur de l'Institut Supérieur des Sagesses du Monde (ISSM) en ligne. Conseiller scientifique du Centre d'Innovation et de Recherche en Pédagogie de Paris - CIRPP- (CCIP). Membre du Conseil d'administration du Centre International de Recherches et d'Etudes Transdisciplinaires (CIRET)

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Il y a 6 contribution(s) au forum.

> Imaginaire de l'insécurité et location d'apparteme
(1/4) 25 septembre 2006
Le rêve est pragmatique
(2/4) 4 janvier 2006, par Zaragon
Quelles solutions pour sortir de l'impasse ?
(3/4) 2 janvier 2006
> Imaginaire de l'insécurité et location d'apparteme
(4/4) 20 septembre 2005, par cloporte




> Imaginaire de l'insécurité et location d'apparteme
25 septembre 2006   [retour au début des forums]
3 ans de caution

les agences refusent un locataire éventuel qui offre les 3 ans de caution. Les propriétaires refusant une personne qui occuperait le logement en permanence et donc le dégraderait d'avantage.

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Le rêve est pragmatique
4 janvier 2006, par Zaragon   [retour au début des forums]

Le problème du logement n'est pas le libéralisme mais au contraire son absence.

Dans le système actuel, l'offre n'est pas atomisé (des grands propriétaires possèdent de nombreux appartements) alors que la demande l'est. Ainsi, les prix sont plus élevés que dans un marché qui serait en concurrence pure et parfaite.

Mais plus grave, les lois sociales empêchent d'expulser un locataire même s'il ne paye pas. Résultat : Il faut des garanties, plein de garanties pour ne pas se retrouver dans une situation ou le locataire profiterai du système au détriment du loueur, qui atterré par cette situation (on squatte son appartement et il ne peut rien faire !) en rependra la nouvelle et créera ainsi l'imaginaire de l'insécurité dont vous parlez.

Si l'on pouvait expulser un locataire en moins d'une semaine, s'il ne versait pas son loyer, il n'y aurait plus besoin des garanties. A chacun de se responsabiliser pour payer son loyer à temps, à chacun d'avoir ses propres garanties. Ainsi, on serait libre et responsable !

En un mot, il y aurait plus de fluidité avec des prix moins élevés.

Pour cela, il faut donc modifier deux choses dans le système.

1) Supprimer la loi interdisant d'expulser un locataire

2) Instaurer un système de prévention des expulsions géré par l'état, qui prendra en charge le locataire sans logement et sans ressources à court terme

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  • > Le rêve est pragmatique
    9 janvier 2006   [
    retour au début des forums]
    Monsieur,

    Votre analyse est, pour le moins, insatisfaisante et complaisante à l'égard d'un système économique et politique contestable : j'ai nommé le Libéralisme. Vous me rappelez mes études de sciences économiques, dans les années soixante, lorsque certains de nos professeurs nous faisaient l'éloge de l'"Homo economicus", parfaitement rationnel, dont la somme des désirs satisfaits allait réaliser l'équilibre des marchés et l'épanouissement de l'homme. On sait vers quoi cette illusion a conduit : l'aliénation et l'exploitation de l'homme par l'homme, l'augmentation de l'inégalité et la "montée de l'insignifiance" (C.Castoriadis). Non, monisieur, ce n'est pas le manque de libéralisme qui conduit les propriétaires à refuser la location de leurs biens, mais la peur de l'insécurité, en liaison avec un régime politique qui préconise, systématiquement, l'avoir sur l'être, le capitalisme fiduciaire et financier sur l'esprit d'entreprise.(RB)

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Quelles solutions pour sortir de l'impasse ?
2 janvier 2006   [retour au début des forums]

c'est une bien triste réalité. Je crois que notre génération doit malheureusement se faire à l'idée qu'elle ne pourra jamais plus être propriétaire d'un bien immobilier quelconque même au bout de 30 années de cotisations d'întérêts pour rembourser le prêt initial. J'ai 23 ans, étudiante, je connais la situation... Je vis actuellement dans une chambre de bonne de 9m2 que je paie tout de même 380 euros par mois et cela fait, paraît-il, partie des plus abordables. L'inconvénient, c'est que dans un budget d'étudiant, cela pèse très lourd sauf, bien entendu, si on a des parents richissismes... On se retrouve à courir après les petits boulots pour financer notre loyer tout en essayant de garder du temps pour ses études, de ne pas lâcher prise... Je ne suis pas sûre de pouvoir continuer de payer jusqu'à la fin du bail... Je ne sais pas trop comment je vais faire pour l'année prochaine. 2 solutions s'offrent à moi : la fraude ou l'endettement (si ce n'est pas déjà fait). Pfff...Y a vraiment des jours où j'aimerais gagner au loto mais j'ai passé l'âge de croire au Père Noël malheureusement... Bref, je ne sais pas où va notre société mais cette inflation des prix est plus qu'alarmante.

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  • recherche d'appartement à Paris parcours d'une combattante
    10 janvier 2006, par
    han na   [retour au début des forums]
    Aujourd'hui jeune femme de 25 ans j'ai déjà derrière moi un long cv de location(4appartements en 7ans). Déjà lorsque j'étais étudiante, sans garants car je n'avais plus le soutien parental, je trouvais la situation difficile mais rien en comparaison à celle d'aujourd'hui.Pourtant avec l'aide d'une personne charitable j'avais réussi à trouver et par la suite d'autres appartements et de plus est avec un salaire inférieur au smic. A présent j'ai une situation professionnelle confortable à un âge adulte qui sous entend une certaine maturité, mais hélas après 3 mois de recherche j'en suis à me demander s'il n'était pas préférable de rester une simple étudiante. Au vu de votre courrier vous seriez en droit de vous demander si je ne me paie pas votre tête. Pourtant je puis vous assurer que non car même si à l'heure actuelle je peux me permettre de me payer un appartement avec un loyer moyennement élevé (car n'oublions pas que l'on nous demande 3 à 4 fois le loyer en revenu, faut il encore qu'un propriétaire accepte de me louer son bien. Et oui car un revenu confortable ne suffit pas, le dossier locatif est pire qu'un CV professionnel, vous devez avoir en plus du salaire des garants encore plus aisés que vous, être né au bon endroit(en France bien entendu)ainsi qu'une déclaration de la part de votre employeur certifiant que vous êtes bien en CDI et ceci depuis minimum 1 an et qu'il n'est pas sur le point de vous licencier, et cerise sur le gâteau ils peuvent questionner une plate forme bancaire à partir de votre RIB pour savoir si vous êtes solvable. Il manque juste peut être quelque chose un test de séronégativité et un bilan de santé complet. Je ne parle même pas de la recherche d'appartement, car faut il encore trouver les annonces de location de plus en plus rares sur Paris, et une fois que vous avez réussi à contacter l'agence ou le proprio faut il encore caser un rdv dans votre agenda de salarié et oui car comme l'administration ils vous donne rdv en pleine journée à11h ou 15h comme si vous pouviez vous absenter à votre guise de votre travail. Durant ces 3 mois j'ai vu 20 appartements, beaucoup trop pour une location malheureusement au delà du peu d'offre la qualité en est tellement pauvre qu'après avoir visité des taudis des clapiers pour un loyer exorbitant j'ai dû poursuivre mes recherches, espérant trouver meilleure offre. Et lorsque j'ai enfin réussi à trouver la perle rare, elle me passe sous le nez au profit d'un couple de jeunes cadres dynamiques fraîchements mariés. En conclusion il n'est pas bon de ne pas être français bon teint célibataire sans parents fortunés même avec un revenu honorable pour accéder à la location à Paris. Tant qu'il y aura de la demande les prix ne cesseront pas de monter, Paris sera toujours Paris capitale convoitée donc avec un prix à payer auquel on se doît de se plier à moins que l'on s'exile mais l'herbe est elle plus verte ailleurs ?...

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> Imaginaire de l'insécurité et location d'apparteme
20 septembre 2005, par cloporte   [retour au début des forums]

"La société française devient folle, comme bien d'autres dans le système libéral"

Rappelons que si il est si difficile de trouver un appartement (ou un emploi), c'est que de nombreuses lois protègent les locataires (salariés), même quand ceux-ci sont en tord. Or, cette protection ne provient d'une poussée libérale, mais bien d'une série de lois sociales. (si il était plus facile de virer un locataire (ou un employé) en cas de problèmes, il serait aussi plus facile de trouver un appartement (un emploi))

A part ca, je souhaite bon courage à ceux qui cherchent un appart à Paris, je sais ce que c'est....

Une solution : l'exil.

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