Les sciences de l'éducation de Paris 8

à travers les livres et revues.

 

extrait de le revue Pratiques de Formation/Analyses, Les orientations en Sciences de l'éducation à l'Université de Paris 8 (mai 1995) n°29-30 (http://WWW.fp.univ-paris8.fr/PFA/LISTEREV.htm)

CRISE

Dans ce texte, je vais essayer de répondre à la question "Y a-t-il une école de sciences de l'éducation à Paris 8?" C'est la question que pose G. Lapassade lors d'un comité de rédaction de la revue Pratiques de formation en 1994. Cette question est le point de départ du numéro 29-30 (mai 1995) de cette revue. Faire l'histoire des publications des enseignants et chercheurs en sciences de l'éducation de Paris VIII aide à répondre à la question. Le point de vue que je défend ici m'est très personnel. En effet, je tente de répondre par l'affirmative à la question posée. J'expose donc l'activité éditoriale de notre département en tentant d'en dégager quelques lignes de force.

 

 

1969-73. Les années de fondation

 

L'identité du département sur le terrain de la recherche et des publications se constitue dans les quatre premières années du département. Cette identité ira ensuite en se diversifiant, mais relativement.

 

On peut dire que les sciences de l'éducation de Paris 8 existent, comme département, bien identifié à l'extérieur, à partir de 1973, lorsque sont rassemblés, dans le collectif enseignant, les principales personnalités qui en font, longtemps, le prestige. Parmi la génération des fondateurs, citons: Michel Debeauvais, Guy Berger, Jacques Ardoino, Geneviève Jacquinot, Daniel Zimmermann, Georges Lapassade, René Lourau, Ruth Kohn, auxquels il faut ajouter de jeunes chargés de cours qui s'affirmeront, dès leur entrée au département, en septembre 1973, comme des auteurs de Paris 8 (R. Hess, A. Savoye, P. Ville).

 

Nicole Meyer, collaboratrice technique du département depuis sa création, se voit confier par l'université en 1974 la création du service de la formation permanente qui reste toujours très proche du département des sciences de l'éducation, bien que sa mission soit d'intervenir sur l'ensemble de l'université. Elle crée des Cahiers de la formation permanente qui se transforment en 1981 en Pratiques de formation, revue dont l'importance identitaire, encore aujourd'hui, est très forte pour notre département.

 

 

Les premiers institutionnalistes vincennois

 

Si, au moment où se crée le département, M. Debeauvais et G. Berger ont surtout publié des articles ou des études dans des revues, notamment celles de l'UNESCO, l'ouverture du collectif à M. Lobrot et à J. Ardoino, puis G. Lapassade et R. Lourau signifie une volonté des fondateurs de faire une place à la recherche et à la publication. Au moment où ils se retrouvent à Paris VIII, ces 4 auteurs ont une appartenance commune à la mouvance institutionnaliste (pédagogie institutionnelle, psychosociologie, analyse institutionnelle). Celle-ci, imprégnée de l'apport des mouvements pédagogiques d'avant 1968, est alors très féconde sur le terrain éducatif.

 

Michel Lobrot a, en effet, déjà publié La pédagogie institutionnelle (Gauthier-Villars, 1966, 3e éd. 1972) et Vers une science de l'éducation (Rouillé, 1968). Il publie au moment de son entrée au département: Les effets de l'éducation (ESF, 1971) et Troubles de la langue écrite et remèdes (ESF, 1972).

 

Jacques Ardoino est déjà l'auteur de Information et communications dans les entreprises et les groupes de travail (1964), Communications et relations humaines (IAE Bordeaux, 1966), Management ou commandement, participation et contestation (Fayard-Mame, 1970), mais surtout de Propos actuel sur l'éducation (1965, qui en est déjà à sa 4e édition en 1969, traduit en espagnol en 1967, en portugais en 1970 et en japonais 1971). Il dirige également une collection "hommes et organisations" qui traverse l'histoire du département puisqu'il y publie ou y publiera des ouvrages essentiels de G. Lapassade, M. Lobrot, R. Barbier et lui-même (la moitié des 18 ouvrages publiés dans cette collection émanera des enseignants de Paris 8).

 

A son arrivée à Paris 8, G. Lapassade a déjà publié L'entrée dans la vie (Minuit, 1963, réédité plusieurs fois avant d'être repris en 10/18 en 1972, réédité en 1978 aux éditions de Minuit puis en 1997 chez Anthropos), Groupe organisation, institution (vol. 1 des "recherches institutionnelles", Gauthier-Villars, 1966, 3e éd. en 1974, éd. all. 1972), Le psychosociologue dans la cité (Épi, 1967), Procès de l'université (Belfond, 1968), Clefs pour la sociologie, en collaboration avec R. Lourau (Seghers, 1971), Le bordel andalou (L'herne, 1971), Le livre fou (Épi, 1971), L'arpenteur (Épi, 1971 dont la trad. allemande paraît en 1976) ainsi que L'autogestion pédagogique et L'analyseur et l'analyste (vol. 2 et 3 des "Recherches institutionnelles", Gauthier-Villars, 1971) ouvrages auxquels il a associé Michel Lobrot, René Lourau, Remi Hess et plusieurs autres auteurs dont R. Fonvieille, qui, sans jamais avoir été enseignant au département, s'associera à nos recherches et publications dès 1974.

 

Pour sa part, René Lourau a publié L'instituant contre l'institué (Anthropos, 1969), L'illusion pédagogique (Épi, 1969), L'analyse institutionnelle (Minuit, 1970), Analyse institutionnelle et pédagogie (Épi, 1971), Les analyseurs de l'Église (Anthropos, 1972, réécrit sous le titre Interventions socianalytiques en 1996, chez Anthropos).

 

A ces auteurs, sont associés R. Hess, A. Savoye, P. Ville pour les premières publications collectives du département. Citons, rien que pour le second semestre de l'année 1973 : les numéros 32 et 33 de Pour sur l'analyse institutionnelle et formation permanente, les numéros 5 et 6 de Connexions sur L'analyse institutionnelle, le n°29-30 de l'Homme et la société (333 pages) sur Analyse institutionnelle et socianalyse. L. Gavarini, qui rentrera ultérieurement dans le département, est également associée à ce numéro.

 

S'il est important de mentionner ces numéros de revues, c'est qu'ils serviront beaucoup l'idée d'une école institutionnaliste de Vincennes, puisque les articles qu'ils contiennent donneront lieu à de nombreuses traductions présentées comme émanant d'un mouvement (en Allemand: Gruppen Dynamik, Klett Verlag, Stuttgart, 1974; en espagnol : El Analisis institucionnal, Madrid, Camp Abierto, 1977; Analisis institucionnal y socianalisis, Mexico, Nueva Imagen, 1977, etc.). Avant d'arriver à Vincennes, ce groupe a déjà publié un numéro d'Autogestion (revue dans laquelle il publie régulièrement jusqu'en 1982) :Autogestion et formation (déc. 1970) et un dossier dans Les Temps modernes ("Les analyseurs arrivent", déc. 1972).

 

Pourtant, à Vincennes, le groupe des institutionnalistes se diversifie, éclate, même si parfois il se retrouve, comme en 1980 dans L'intervention institutionnelle (Payot) où J. Ardoino, G. Lapassade et R. Lourau se retrouvent à côté d'auteurs extérieurs à Paris 8. Dès 1978, on parle de crise comme en témoigne le n°62-63 de Pour : L'analyse institutionnelle en crise? (historique, analyses, débats), "dossier préparé par les institutionnalistes de Paris VIII : J. Ardoino, R. Barbier, M. Bouvier, O. Corpet, A. Coulon, P. Dibie, Ch. Esclassan, R. Hess, G. Lapassade, R. Lourau, A. Savoye, P. Ville, L. Weber, avec la collaboration de Guy Berger ".

 

Michel Lobrot, parti de l'école non-directive de Rogers, s'oriente, en 1973-74, vers le mouvement du potentiel humain et la psychologie humaniste. Il publie : Pour ou contre l'autorité, Gauthier-Villars, 1973), Priorité à l'éducation (Payot, 1973), L'intelligence et ses formes (Dunod, 1973), Lire (ESF, 1973), Les effets de l'éducation (ESF, 1974), L'animation non-directive des groupes (Payot, 1974), Apprendre à vivre (chez l'auteur, sans date), Et plus tard: Le mal d'aimer (1982, chez l'auteur), Les forces profondes du moi, (Economica, 1983), L'écoute du désir, (Retz, 1989), Le choc des émotions (La Louvière, Tours, 1993). Il reviendra à ses réflexions institutionnalistes en 1992 avec A quoi sert l'école? (Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation").

 

Georges Lapassade, comme M. Lobrot, s'intéresse au mouvement du potentiel humain, mais en essayant de l'intégrer à l'analyse institutionnelle, comme en témoigne La bioénergie (Ed. universitaires, 1974; trad. en italien, grec en 1977), Socianalyse et potentiel humain (Gauthier-Villars, 1975, préface de J. Ardoino). A rattacher à ces livres, l'ouvrage de L. Colin et J.-M. Lemaître Le potentiel humain (Ed. universitaires, 1975, trad. esp. 1979) ou encore le numéro 41 de Pour (1975) sur Les nouveaux groupes de formation (potentiel humain, groupes de rencontres, bioénergie, gestalt...), numéro dans lequel on retrouve les signatures de J. Ardoino, L. Colin, R. Hess, G. Lapassade, M. Lobrot.

 

G. Lapassade s'intéresse aussi aux phénomènes de transe. Il publie sur ce thème Les chevaux du diable (Ed. universitaires, 1974), Essai sur la transe (Ed. universitaires, 1976, trad. en italien en 1980). Dans cette veine, il publie encore Joyeux tropiques (Stock, 1978), Gens de l'ombre (Méridiens-Anthropos, 1982), Les états altérés de conscience (PUF, 1987), La transe (PUF, 1990), Rites de possession (Anthropos, 1997).

 

René Lourau, qui a alors la double appartenance de professeur de sciences de l'éducation et de professeur de sociologie, publie L'analyseur Lip (10/18, 1974), Sociologue à plein temps (Épi, 1976), Le gai savoir des sociologues (10/18, 1977), L'État inconscient (Minuit, 1978), Autodissolution des avant-gardes (Galilée, 1980),

Jacques Ardoino se lance dans la publication d'ouvrages collectifs volumineux comme L'intervention dans les organisations et les institutions (Épi, 1974, 386 pages) ou encore les deux volumes des actes du VIe congrès international des sciences de l'éducation (1973) intitulé L'apport des sciences fondamentales aux sciences de l'éducation (Épi, 1976, 1050 pages). Dans ces livres, on retrouve les noms de nombreux enseignants de sciences de l'éducation de Paris 8. J. Ardoino publie encore Un groupe de sensibilisation d'enseignants (Épi, 1975). Mais surtout, dans cette période, Jacques Ardoino fait la somme des idées qui traversent le département de l'époque dans Éducation et politique (Gauthier-Villars, 1977, trad. esp.) qui constitue le second volume de ses Propos actuels sur l'éducation et qui reste un manuel de référence, malheureusement non réédité. Dans cet ouvrage il fonde l'analyse multiréférentielle qui sera un référent du département jusqu'en 1994. En 1980, paraît encore Éducation et relations sous la direction de J. Ardoino (avec une contribution de Guy Berger, Gauthier-Villars).

 

Pour sa part, Guy Berger publie en collaboration avec E. Brunswic L'éducateur et l'approche systémique (Unesco, 1976; 2e éd. 1981, trad. anglaise, arabe, espagnol, portugaise et serbo-croate) et en collaboration avec P. Duguet Université et collectivité (OCDE, 1982, trad. anglaise et espagnol).

 

En 1977, paraît La recherche-action dans l'institution éducative (Gauthier-Villars) de René Barbier. Ce livre, préfacé par J. Ardoino, H. Fischer et R. Lourau, s'inscrit dans une réflexion de fond du département sur le courant lewinien en éducation qui est très présent à Paris 8 comme en témoignera la publication en 1983 d'un n°90 de Pour et en 1989 d'un numéro 18 de Pratiques de formation (Recherche-action et formation). Le livre de R. Barbier fait date. Parallèlement, R. Barbier publie un livre de poèmes Simplement toi (ed. du Gouffre, 1978).

 

Pour ma part, pur produit de cette mouvance vincennoise, je publie : Les maoïstes français (Anthropos, 1974), La socianalyse (Ed. universitaires, 1975), La pédagogie institutionnelle, aujourd'hui (Ed. universitaires, 1975, trad. esp. 1976), Centre et périphérie, une introduction à l'analyse institutionnelle (Privat, 1978), Le temps des médiateurs, le socianalyste dans le travail social, (Anthropos, 450 pages, dont 120 de chroniques sur les sciences de l'éducation à Vincennes, 1981), La sociologie d'intervention (Presses universitaires de France, 1981, trad. portugaise 1983) et avec M. Authier L'analyse institutionnelle ("Que sais-je?, PUF, 1981).

 

 

Le non-verbal

Parallèlement à cette mouvance institutionnaliste dont on a étudié la diversification dans les années 1970, Daniel Zimmermann, chargé de cours de la première heure, puis très rapidement assistant, crée la collection "Sciences de l'éducation" chez ESF qu'il dirige jusqu'en 1990, année de sa retraite. Cette collection publie beaucoup (200 titres en vingt ans). Parmi les auteurs du département qui publient dans cette collection : D. Zimmermann lui-même, mais aussi G. Lapassade (Le corps interdit, en coll. avec R. Schérer, 1977), M. Lobrot (ouvrages cités plus haut), Claude Pujade-Renaud qui rentrera au département en 1975, M. Jubin. Il est à signaler que durant de nombreuses années cette collection sera la seule, en France, à se réclamer explicitement des sciences de l'éducation et, qu'en surface éditoriale, elle fera jeu égal avec les deux prestigieuses collections de G. Mialaret aux PUF (Le pédagogue, et Pédagogies d'aujourd'hui).

 

En tant qu'auteur de sciences de l'éducation (car parallèlement, il sera l'auteur de nombreux romans, dont le Gogol qui met en scène les enseignants du département), D. Zimmermann, ancien instituteur, sera l'un des plus productifs de notre département. Seul ou associé à d'autres auteurs, notamment Claude Pujade-Renaud, il explorera principalement les voies de la communication non verbale. Citons chez ESF : Recherche pédagogique dans une classe de perfectionnement, La rééducation pour quoi faire?, Observation et communication non-verbale en école maternelle (1982), La sélection non-verbale à l'école (1982), et en collaboration : Questions-réponses sur l'école maternelle, La lecture adulte (avec M. Lobrot), La recherche en éducation (avec Claude Pujade-Renaud et Y. Guyot), Les voies non-verbales de la relation pédagogique (avec Claude Pujade-Renaud, 1976).

 

Pour sa part, Claude Pujade-Renaud, venant de l'éducation physique et de la danse, donne une dimension particulière au département en publiant, chez ESF, avant 1976: Expression corporelle langage du silence, ainsi que Danse et narcissisme en éducation, puis Le corps de l'enseignant dans la classe (1983), Le corps de l'élève dans la classe (1983), L'école dans la littérature (1986). A ces travaux en sciences de l'éducation, Claude Pujade-Renaud ajoute des essais et des nouvelles, notamment Les enfants des autres (Acte-Sud). Avec D. Zimmermann, elle anime la revue Nouvelles nouvelles qui sort une trentaine de numéros dans les années 1980.

 

 

Le corps

 

Sur la question du corps, à côté de D. Zimmermann et Claude Pujade-Renaud, mais de manière originale, il faut mentionner Georges Vigarello qui marque le Vincennes de la fin des années 1970 avec la publication de sa thèse d'état Le corps redressé (Ed. universitaires, 1978). G. Vigarello participe (avec L. Colin) à Quelles pratiques corporelles maintenant? (Ed. universitaires, 1978), ouvrage publié sous la direction de Michel Bernard (auteur d'une Critique des fondements de l'éducation, Chiron, 1989). G. Vigarello poursuit ses recherches dans cette direction. Au début des années 1980, il dirige encore de nombreux travaux sur ce thème à Paris 8. Après son départ pour Paris V, les recherches et publications sur l'éducation corporelle se développent grâce à une équipe de l'INSEP qu'il a associé à Paris 8. G. Vigarello a encore publié Le propre et le sale, l'hygiène du corps depuis le Moyen Age, (Le Seuil, 1985), Une histoire culturelle du sport (Laffont, 1988), Le sain et le malsain (Le Seuil, 1993)...

 

R. Hess s'inscrit plus tard dans cette mouvance avec ses recherches sur la danse et la création de son option "anthropologie de la danse et éducation" (cf. R. Hess, La valse, la révolution du couple en Europe, Paris, Métailié, 2 éd. en 1989, trad. ital. Einaudi, 1993; all. Eva, 1996) et la création de la revue Dansons (22 numéros parus entre 1990 et 1996) qui a rassemblé plusieurs auteurs du département: L. Colin, G. Lapassade, G. Vigarello, R. Hess, Ch. Dubar, notamment. Signalons la réédition de Cellarius, La danse des salons, par R. Hess (1994) et le n° 145 de Pour sur Danse, éducation et société (1995) sur l'activité en danse dans le département. Depuis 1994, R. Hess anime au département un module "tango" et dirige le Laboratoire d'anthropologie des danses sociales. Il est l'auteur du "Que sais-je?" sur Le tango et directeur, depuis 1997, de la collection anthropologie de la danse (Anthropos) qui a notamment publié L'invitation à la danse de Christian Dubar (DEA soutenu au département).

 

 

Saint-Denis

 

Le déménagement à Saint-Denis s'effectue juste après le colloque "chercheurs et praticiens", organisé à Vincennes et qui marque une rupture dans l'histoire éditoriale du département. En effet, en 1981, se crée, grâce à Nicole Meyer, responsable de la formation permanente, la revue Pratiques de formation, qui rassemble autour de Jacques Ardoino (rédacteur en chef) un comité de rédaction comprenant une majorité d'enseignants de sciences de l'éducation: René Barbier, Guy Berger, Michel Debeauvais, Remi Hess, Georges Lapassade, Claude Traulet. Cette revue suit de près les recherches qui se développent dans le département et obtient une grande légitimité universitaire auprès des enseignants et chercheurs des autres universités (y publier aide beaucoup une carrière).

 

Les années 1980-85, faisant suite au déménagement, sont des années difficiles, de tâtonnement institutionnels, qui aboutissent à une dissociation du premier et du second cycle jusqu'alors mêlés en sciences de l'éducation à Paris 8 . Cette coupure voir émerger le DEUG Communication où un groupe peu développé à Vincennes prend son envol à Paris 8.

 

Il s'agit du groupe des "technologies éducatives" qu'anime Geneviève Jacquinot. Celle-ci a publié en 1977 Image et pédagogie (PUF, "L'éducateur"). Elle publiera encore L'école face aux écrans (ESF). Elle deviendra l'une des principales animatrices de la revue Média-scope (publiée par le CRDP de Versailles, 3 numéros par an à partir de 1992).

 

En 1983, J. Ardoino publie les actes du colloque de l'association des enseignants et chercheurs en sciences de l'éducation Sciences anthroposociales et sciences de l'éducation (deux volumes: un ronéoté, l'autre à l'Épi, 1983).

 

En 1984, paraît le Dictionnaire des philosophes (sous la direction de D. Huisman, aux Presses Universitaires de France). Plusieurs enseignants du département y collaborent : A. Savoye, Catherine Tourette-Turgis, Lucette Colin. R. Hess y publie une soixante d'articles dont plusieurs sur des philosophes de l'éducation du département : J. Ardoino, G. Lapassade, R. Lourau, M. Lobrot, G. Vigarello. Dans cette ligne philosophique R. Hess publiera en 1995 Les 25 livres-clé de la philosophie (Marabout).

 

 

La pratique du journal

 

En avril 1985, paraît le numéro 9 de Pratiques de formation coordonné par R. Barbier qui s'intitule Imaginaire et formation II. Il contient un énorme dossier sur la pratique du journal en sciences de l'éducation. R. Lourau, Y. Lecerf, R. Hess, D. Hussaud, J.-A. Bizet, G. Lapassade, A. Coulon, N. Zilber-Neiss, D. Blaise, R. Barbier y exposent leur différentes pratiques des journaux (journal institutionnel, de recherche, d'affiliation, d'itinérance). Ce numéro qui sera réédité est caractéristique d'une pratique qui se diffuse largement à l'époque.

 

Dernière la question du journal, c'est la question de l'implication du chercheur par rapport à son objet qui est posée. Cette question a déjà été abordée par G. Lapassade, L'autobiographe (Duculot, 1980, réédité en 1997 par Ivan Davy, à Vauchrétien) ou par le n°88 de Pour (1983) sur L'analyse de l'implication dans les pratiques sociales (coordonné par R. Hess, avec des contributions de R. Lourau, J. Ardoino, R. Barbier, D. Zay, D. Hocquart, G. Lapassade)... R. Lourau prolonge cette recherche dans Le journal de recherche, matériaux pour une théorie de l'implication (Méridiens Klincksieck, 1988, trad. esp. 1989)... comme plus tard R. Hess (La pratique du journal, Anthropos, 1997; ainsi que l'édition du journal de son grand-père: Paul Hess La vie à Reims en 1914-18, Anthropos, 1997).

 

 

La formation des enseignants

 

S'amorce, dans le département, la structuration d'un travail sur la formation des enseignants (rapprochement avec les écoles normales) autour de Guy Berger et Remi Hess auquel collaborent Jacques Jahan puis Mehdi Farzad (cf. le n°10 de Pratiques de formation sur La formation des enseignants, coordonné par R. Hess et qui rassemble des contributions de G. Berger, G. Lapassade, D. Zay, A.-M. et F. Imbert, P. Berthier, J.-A. Bizet, F. Rigaud, R. Barbier, P. Boumard). Plusieurs de ces auteurs, travaillant à l'INRP, sont, pour certains, enseignants à Paris VIII ou le deviennent.

 

Patrick Boumard, entré après le colloque "Chercheurs et praticiens" a publié Un conseil de classe très ordinaire (Stock, 1978). Il publie encore : Les gros mots des enfants (Stock, 1980), Court traité de mauvaise conduite (Stock, 1981), Tu seras ministre, mon fils (Barrault, 1985)...

 

Proche de J. Ardoino, Francis Imbert, aujourd'hui à l'IUFM de Créteil, a été quelques temps chargé de cours à Paris 8. Il est l'auteur, en collaboration avec A.-M. Imbert, de : L'école à la recherche d'une nouvelle identité (Armand Colin, 1973) et Le groupe-classe et ses pouvoir (Armand Colin, 1976. Seul, il a publié: Si tu pouvais changer l'école, l'enfant stratège (Le centurion, 1983), Pour une Praxis pédagogique (Matrice, 1985, avec une préface de J. Ardoino), La question de l'éthique dans le champ éducatif (Matrice, 1987), L'Émile ou l'interdit de la jouissance, l'éducateur, le désir et la loi (Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1989), Vers une clinique du pédagogique (Matrice, 1992).

 

Danielle Zay, publiera, dans ce champ, La formation des instituteurs (Ed. universitaires, 1988), et dirigera des ouvrages collectifs comme École normale et université dans la formation des enseignants du premier degré (1979-85), en collaboration avec R. Bourdoncle (INRP, 1989), La formation des enseignants au partenariat (Presses Universitaires de France, "Pédagogie d'aujourd'hui", 1994) et Enseignants et partenaires de l'école, démarches et instruments pour travailler ensemble (De Boeck, 1994). Elle part à Lille en 1996 pour obtenir un poste de professeur.

 

Pour sa part, P. Berthier, maître de conférence venu également des écoles normales, publie une traduction de L'ethnographie de l'école de Peter Woods (Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1990) et un ouvrage personnel : L'ethnographie de l'école, éloge critique (Anthropos, 1996).

 

Pratiques de formation publie un numéro (oct. 1992) sur Les IUFM, entre formation et conformisme. Sur la formation continue des enseignants, R. Hess, en collaboration avec les pilotes de l'Académie d'Orléans-Tours publie Formation et changement en éducation, la pratique du pilotage (Pratiques de formation, numéro spécial, 1993).

 

Signalons, dans ce créneau de la formation des maîtres, la série "Enseigner" de la collection "Formation des maîtres" de chez Armand Colin qui a été créée par L. Colin, R. Hess et A.-M. Imbert et qui a sorti aujourd'hui une trentaine de titres.

 

 

Ethnométhodologies, ethnographie, ethnologie de l'éducation, une réévaluation des méthodes qualitatives

 

En 1984, G. Lapassade découvre l'ethnométhodologie et sensibilise un certain nombre d'enseignants du département à ce courant connu en linguistique (Backman et Simonin s'y réfèrent dès 1973), en sociologie, mais pas en sciences de l'éducation. Il invite deux professeurs américains Sam Combs et Pierce Flynn à venir enseigner durant un semestre à Paris VIII. Louis Quéré, Paul Loubière, Alain Coulon, Remi Hess, Georges Lapassade, Bernard Conein, Patrick Boumard, René Lourau, Ruth Kohn, Albert Ogien contribueront au numéro 11-12 de Pratiques de formation que coordonnera Yves Lecerf (216 pages, 1985, réédité en 1986) sur Ethnométhodologies.

 

Dans le prolongement de ce numéro, le mouvement étudiant de 1986 donne l'occasion d'appliquer la posture descriptive prônée par l'ethnométhodologie. P. Boumard, R. Hess et G. Lapassade publient L'université en transe (Syros, 1987), analyse du mouvement dans le département de sciences de l'éducation de Paris 8.

 

Alain Coulon met en forme un dossier d'articles diffusé par Sam Combs et publie L'ethnométhodologie ("Que sais-je?", 1987) qui l'institue comme l'ethnométhodologue du département. Suite à un voyage aux États-Unis, à Chicago, où il bénéficie d'un congé sabbatique, il publie, dans la même veine: L'école de Chicago ("Que sais-je?", 1990), puis Ethnométhodologie et éducation (Presses Universitaires de France, "L'éducateur", 1993). Ces ouvrages sont traduits. Il crée le laboratoire de recherche ethnométhodologique qui publie, à Paris 8, deux numéros des Cahiers de recherche ethnométhodologique (le premier en 1993, le second en 1996), un dossier dirigé par A. Coulon sur L'évaluation des enseignements de méthodologie documentaire à l'université de Paris 8 (1993) et une enquête d'A. Coulon sur Connaissance de la guerre d'Algérie (1993). L'ethnométhodologie se développe en sciences de l'éducation en relation avec le département d'Informatique (cf. L'ethnométhodologie, de Hubert de Luze, Anthropos, 1997). Hubert de Luze a publié plusieurs ouvrages sur l'ethnométhodologie chez Loris Talmart: Indexicalité (1994), La science de l'homme (1996), Ethnométhodologie, morale et grammaire générative des moeurs (1996), Une morale ondulatoire (1996).

 

Pour sa part, G. Lapassade, sans totalement abandonner l'ethnométhodologie, se tourne davantage vers l'ethnographie. Georges Lapassade publie L'ethnographie de l'école selon Peter Woods (Cahiers de l'ISP, 1988), L'ethnosociologie (Méridiens Klincksieck, coll. "Analyse institutionnelle", 1991) qui est une présentation de l'observation participante, Guerre et paix dans la classe, la déviance scolaire (Armand Colin, 1993), Microsociologies (Anthropos, 1996). Il est suivi par R. Hess qui publie Le lycée au jour le jour, ethnographie d'un établissement d'éducation (Méridiens Klincksieck, "Analyse institutionnelle", 1989), La relation pédagogique (en collaboration avec G. Weigand, Paris, Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1994), et en collaboration avec L. Colin : L'interaction pédagogique (Carra, Lecce, 1997). Signalons encore dans cette mouvance: Patrick Boumard qui publie Les savants de l'intérieur, l'analyse de la société scolaire par ses acteurs (Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1989) et Chahuts, ordre et désordre dans l'institution éducative (Armand Colin, 1993), en collaboration avec J.-F. Marchat, qui, lui aussi, fut chargé de cours au département (il est aujourd'hui maître de conférence à Limoges). Patrick Boumard coordonne le numéro 20 (déc. 1990) de Pratiques de formation sur L'approche ethnographique: l'école et la formation des adultes.

 

Ces publications rentrent dans une démarche de valorisation des méthodes d'observation qualitatives déjà fortement présentes grâce à Ruth Kohn. Celle-ci a publié en 1972 The Exploring Child, a Handbook for Pre-primary Teachers (New Delhi, Orient Longman Limited, rééd. 1984), en 1976, L'environnement, c'est nous (Paris, Téma), en 1982 Les enjeux de l'observation (Presses Universitaires de France, "Pédagogies d'aujourd'hui"). Elle publie encore avec Pierre Nègre Les voies de l'observation chez Nathan (1991).

 

A cette mouvance, il convient de rattacher Jean-Louis Legrand, co-auteur d'un "Que sais-je?" sur Les histoires de vie et auteur de très nombreux articles sur ce thème. Il a coordonné le numéro 31 de Pratiques de formation sur Les filiations théoriques des histoires de vie en formation (janvier 1996).

 

Pour sa part, A. Savoye s'est lancé dans une exploration des origines de l'observation dans les sciences sociales. Il réévalue l'oeuvre d'un précurseur (qui influence l'École de Chicago) Frédéric Le Play. Il publie en collaboration avec Bernard Kalaora : La forêt pacifiée. les forestiers de l'École de Le Play, experts des sociétés pastorales (L'Harmattan, 1986), Les inventeurs oubliés, Le Play et ses continuateurs aux origines des sciences sociales (Champ Vallon, 1989). La même année, A. Savoye réédite en la présentant La méthode sociale de F. Le Play (Méridiens Klincksieck, "Analyse institutionnelle", 1989). Il publie encore dans cette perspective : Les débuts de la sociologie empirique, études socio-historiques (1830-1930), (Méridiens Klincksieck, "Analyse institutionnelle", 1994). En 1996, A. Savoye publie Des forêts, considérées dans leurs rapports avec la constitution physique du globe et l'économie des sociétés, un ouvrage inédit de F. Le Play (ENS Éditions, Fontenay/Saint-Cloud, 236 pages).

 

Tous ces travaux contribuent à asseoir le département par rapport à la sociologie.

 

Politique de l'éducation

 

En 1987, moment de son départ en retraite, Michel Debeauvais veut ouvrir le département à un spécialiste de politique d'éducation. Il parvient à faire entrer Bernard Charlot qui est un auteur connu grâce à La mystification pédagogique (Payot, 1976), L'école aux enchères (Payot, 1979, en coll. avec Madeleine Figeat) et L'histoire de la formation des ouvriers (avec Madeleine Figeat, Minerve, 1985). B. Charlot est l'auteur de très nombreux articles.

 

Dès son arrivée au département, B. Charlot lui donne une nouvelle impulsion de recherche en publiant L'école en mutation (Payot, 1987), Faire des mathématiques, le plaisir du sens (en collaboration, Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1992), L'école et le territoire (en collaboration, Armand Colin, "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation", 1994) et Écoles et savoir dans les banlieues... et ailleurs, en collaboration avec Élisabeth Bautier et Jean-Yves Rochex, entrés peu après B. Charlot dans le département (Armand Colin, "Formation des enseignants", 1993 et réédité régulièrement depuis).

 

En 1995, B. Charlot publie Les sciences de l'éducation, un enjeu, un défi (ESF) à partir d'un rapport que la direction de l'enseignement supérieur lui a demandé sur l'état de la discipline. Il est à cette époque président de l'association des enseignants et chercheurs en sciences de l'éducation. Cet ouvrage fait bien le tour de la situation des sciences de l'éducation à l'époque en France.

 

Bien que venu de la philosophie marxiste, B. Charlot va être très sensible à l'approche ethnographique, en vogue dans le département; elle marque ses derniers travaux. Nous explorons, par ailleurs à la fin de notre chapitre premier, son dernier livre Du rapport au savoir (Anthropos, 1997) qui est une synthèse théorique (et en même temps très accessible) de sa recherche qui évolue vers une sociologie du sujet.

 

Élisabeth Bautier a surtout travaillé sur la langue, la sociolinguistique, le langage utilisé à l'école (60 articles et participations à des livres collectifs sur ce thème). Elle a publié en 1995, Pratiques langagières, pratiques sociales (L'Harmattan).

 

Collaborent également à une réflexion sur le langage: Dany Dufour (Le bégaiement des maîtres, Fr. Bourin, 1988; Les mystères de la trinité, Gallimard, 1990; Folie et démocratie, essai sur la forme unaire, Gallimard, 1996) et Patrick Berthier. Ces deux auteurs coordonnent ensemble Philosophie du langage, esthétique et éducation (L'harmattan, 1996).

 

Dan Ferrand-Bechmann a travaillé sur le bénévolat et les politiques sociales (articles sur ce thèmes). Elle a publié Bénévolat et solidarités avant d'entrer à Paris VIII.

 

L'interculturel

 

Le département de Paris VIII est ouvert depuis son origine aux étrangers. Le numéro 5 de Pratique de formation (1982) fut consacré à l'interculturel. Ce secteur est très vivant. De très nombreux enseignants se réclament de recherches sur le terrain interculturel. Signalons deux ouvrages récents importants, fruit du travail de terrain accompli à la demande de l'Office franco-allemand pour la jeunesse : Lucette Colin et Burkhard Müller, La pédagogie des rencontres interculturelles (Anthropos, 1996) et Florence Giust Desprairies et B. Müller, Se former dans les rencontres interculturelles (Anthropos, 1997). Florence Giust-Desprairies, psychosociologue au département, a également publié Crises (Desclée de Brouwer, 1996).

Lucette Colin dirige avec R. Hess la collection Exploration interculturelle et sciences sociale, chez Anthropos, qui a publié 20 ouvrages depuis juin 1996 dont un certain nombre rédigés par des auteurs de Paris VIII (R. Barbier, L'approche transversale, notamment, ou la réédition de L'entrée dans la vie, essai sur l'inachèvement de l'homme, de G. Lapassade). Ils publient ensemble des recherches menées sur le terrain de l'observation de classes en France et en Allemagne (L'enfant, l'école et l'étranger, Anthropos, à paraître).

 

On peut rattacher à ce domaine de l'interculturel le travail de traduction conduit par R. Hess. Il a publié une traduction de l'allemand : Introduction aux sciences de l'éducation, entre théorie et pratique de Christoph Wulf (Armand Colin, 1995) et une de l'Italien : Corrado Veneziano, Le mandarin et le clandestin (Anthropos, 1997). Cet ouvrage aborde la difficulté du professeur d'université à comprendre les Étrangers clandestins dans un pays européen...

 

G. Lapassade, consultant en Italie depuis sa retraite, a tissé un réseau éditorial entre Paris VIII et plusieurs villes italiennes, dont Lecce où commence une collection dirigée conjointement par Vito d'Armento, Remi Hess et Gabriele Weigand. D'autres collections sont en préparation sur le plan européen.

 

 

En conclusion

 

Nous n'avons pas mentionné tous les auteurs du Département. Les informations nous ont manqué concernant certains secteurs. La psychologie avec J.-F. Vézin, par exemple, devrait être mentionnée... On sent émerger de nouveaux travaux dans ce secteur (J.-F. Vézin, L. Colin, J.-Y. Rochex, A. Guy)... Dans le travail social également...

 

Mais globalement, de notre point de vue, sur vingt-cinq ans, les institutionnalistes ont été les principaux producteurs du département (220 livres recensés dans Perspectives de l'analyse institutionnelle). Ces dernières années, ce courant se montre encore le plus productif comme le montrent: Jacques Ardoino et R. Lourau, Les pédagogies institutionnelles, (Presses Universitaires de France, 1994, "Pédagogues et pédagogies", collection dirigée par J. Ardoino, F. Best, M. Soëtard et G. Mialaret), la réédition de Remi Hess et Michel Authier, L'analyse institutionnelle (Presses Universitaires de France, coll. "L'éducateur", 1994), Remi Hess et Antoine Savoye, L'analyse institutionnelle (Presses Universitaires de France, coll. "Que sais-je ?", 1993), la publication de la thèse soutenue dans le département par Ahmed Lamihi, De Freinet à la pédagogie institutionnelle ou l'école de Gennevilliers (Ivan Davy, La Botellerie, 49320 Vauchrétien, 1994),

 

René Lourau, auteur de Les actes manqués de la recherche (Presses Universitaires de France, coll. "Politique éclatée", 1994) coordonne avec A. Savoye le numéro 144 de Pour sur Analyse institutionnelle et éducation qui rassemble 18 auteurs de sciences de l'éducation de Paris 8. Signalons le numéro Microsociologies (décembre 1994) de Pratiques de formation... produit par la même équipe.

 

Plus récemment encore le numéro 32 de Pratiques de formation "Socianalyse et ethnosociologie" (nov. 1996) rassemble 18 contributions d'auteurs de département... R. Lourau vient de publier Implication, transduction (Anthropos, 1997); Le principe du subsidiarité contre Europe (Paris, PUF, 1997) ou encore La clé des champ, une introduction à l'analyse institutionnelle (Anthropos, "Ethnosociologie-poche", 1997). Le collectif institutionnaliste a publié Les pédagogies autogestionnaires, sous la direction de P. Boumard et A. Lamihi (I. Davy, 1995)...

 

Entre 1988 et 1995, J. Ardoino ou D. Zimmermann, dans leur fonction de directeur de collection, ont été relayés par R. Hess et A. Savoye qui ont publié 35 ouvrages dans leur "Bibliothèque européenne des sciences de l'éducation" (Armand Colin) et dans la collection "analyse institutionnelle" (Méridiens Klincksieck)... Ces collections ont pu apparaître (comme le suggérait le numéro 333 des Cahiers pédagogiques, sur Les sciences de l'éducation), à côté de celle de Philippe Mérieu, comme les plus dynamiques de notre discipline. Mais il faut en parler au passé.

 

Ils sont déjà relayées par de nouvelles collections qui apparaissent depuis 1996. Signalons tout particulièrement chez Anthropos la collection Éducation poche , dirigée par Lucette Colin, qui commence. R. Hess a sorti, chez le même éditeur, dans Ethnosociologie poche, une douzaine d'ouvrages en 1996-97. Les auteurs du département y ont une place de choix.

 

Parmi les nouveautés, signalons encore la collection "itinéraires" d'Ahmed Lamihi (chez Ivan Davy, 49 Vauchrétien) qui publie depuis 1996 des autobiographies d'enseignants de sciences de l'éducation (R. Hess, Chemin faisant; G. Lapassade, L'autobiographe; R. Fonvieille, De l'écolier écoeuré à l'enseignant innovant, etc. En préparation: J. Ardoino).

 

On voit donc une constante de la présence institutionnaliste entre 1972 et 1997... Qu'en sera-t-il dans les années qui viennent? Du fait des départs en retraite, on assiste à une modification de la composition de notre équipe pédagogique qui semble se diversifier. Il faudra probablement des années encore pour voir émerger une nouvelle école. Mais ces vingt-cinq dernières années, les sciences de l'éducation de Paris VIII, dans le secteur éditorial, ont été profondément marquées par le courant de l'analyse institutionnelle, pour ne pas dire l'École institutionnaliste. Comme d'autres grands départements de sciences de l'éducation (Caen, Lyon II... ou la Freie Universität Berlin) les sciences de l'éducation de Paris VIII ont su se développer de façon constante grâce, notamment, à une politique pédagogique ouverte sur les besoins renouvelés de la société en matière d'éducation, mais aussi par une politique éditoriale qui s'est institutionnalisée autour d'une revue et autour de diverses collections.

 

 

Remi HESS

 

(extrait de Des sciences de l'éducation, Paris, Anthropos, 1997, coll. "Ethnosociologie-poche")