Exposé de soutenance de maîtrise en Sciencesde l’éducation

LUO Qin (université Paris 8)

Pour commencer, je tiens à exprimer ma gratitude envers MonsieurRené Barbier, (mon directeur de recherche) et Monsieur ChristianVerrier (membre du jury) pour leur soutien pendant ma recherche et en cejour très important pour moi.

Certains d'entre vous ne connaissent pas le sujet et le contenu demon mémoire. C'est pourquoi je vous en propose un bref résumé".
 

Le titre de cette recherche est intitulé  : °Le butde l'éducation, comment la liberté et le conditionnementse traduisent-ils en éducation dans la philosophie confucéenne?"

Ce mémoire est centré sur la pensée de Confucius,notamment sur la personnalité idéale, sur l’éthique,et sur l’éducation de Confucius, et à partir de là,la notion de  liberté et de conditionnement.
 

Dans le premier chapitre, j’aborde des questions comme : CommentConfucius a-t-il pensé la nature humaine et la conscience morale,et à partir de la découverte du désir matérielde l’homme, que la nature innée de l’homme est constante, et pourtant,ce n’est pas la vraie nature humaine.

A travers une analyse sur le sentiment humain comme la piétéfiliale, Confucius estime que la vraie nature humaine consiste dans l’espritde l’homme et cette composante spirituelle est justement la consciencemorale.

A partir de cette assertion sur la conscience morale dans la naturehumaine, Confucius préconise un retour de la vertu : en recherchantces qualités morales, l’homme atteindra la personnalité idéale.

Confucius modèle un type d’homme qui est à la foislettré et vertueux, homme de bien et assumant ses responsabilités,dans la vie quotidienne, et également dans les études etla carrière politique. A partir des « Entretiens de Confucius», mon travail sur cette partie est de sélectionner et d’expliquerselon le texte d’origine et les traductions en langue chinoise moderneet en langue française les qualités principales de l’hommede bien, en essayant de faire comprendre aux gens de l’époque modernece qu’est une valeur morale aux yeux de Confucius et de ses disciples.

Après ces descriptions concrètes de l’homme de bien,je présente les parcours indiqués par Confucius pour acquérirla personnalité idéale : basé sur la qualitémorale de l’homme, Confucius pense que la nature humaine peut se compléterà travers l’éducation. Il met le ren au centre dela personnalité idéale. Le sens fondamental du ren,difficile à traduire (en général « vertu d’humanité»), est d’aimer les autres. Il ne dessine pas un bien abstrait absolumais le bien qu’un homme peut faire à un autre : basé surla relation familiale puis se développant dans la relation sociale,il devient la sincérité et la bonté envers les autres.Donc la pratique du ren doit commencer par soi-même.

Dans la pratique de la personnalité idéale, àpart la pratique du ren, il y a également la pratique du li(qu’on traduit par « rite ») : il s’agit de garder tout letemps une attitude posée et respectueuse. Chacun a ses désirs,mais il faut les réaliser sous le contrôle des rites et del’équité : si on sait où se trouve le point d’équilibreou le juste milieu, on atteint l’harmonie qui est l’esprit fondamentaldu li. C’est l’harmonie qui prime dans ce processus.
 

Dans le deuxième chapitre, je présente d’abord unedimension principale de la philosophie chinoise qui est le Dao del’homme.

C’est la dimension sociale du Dao, autour de l’homme, de la cultureou de la société, par exemple : l’éthique sociale,les vertus de l’individu, la valeur de la vie, les normes de la vie quotidienne.Il peut être exprimé d’une façon simple : ce sont lesprincipes  auxquels on doit se conformer en tant qu’homme.

Confucius tient compte des affaires des hommes, il parle donc beaucoupdu Dao de l’homme et moins du Dao du ciel.  Le Daode l’homme et ses charges sont le contenu essentiel de l’éducationconfucéenne et celle-ci délaisse la dimension métaphysique.

Je parle ensuite de l’éthique qui est une branche de la philosophiechinoise. Tout ce qui concerne le Dao de l’homme peut être considérécomme l’éthique. L’éthique est un savoir centré surla vie de l’homme et sur la relation humaine : il s’occupe du sens de l’idéalde la vie, des normes sociales et des principes moraux. L’éducationéthique est également éducation morale. Dans l’éthiquechinoise, il s’agit du savoir-vivre d’un groupe d’hommes voire tous leshommes de la société.

Dans l’éthique il y a l’éthique familiale, qui consisteen piété filiale et amour fraternel, et l’éthiquesociale, qui est faite de notions comme ren ai (« amour del’humanité »), chengxin (honnêteté etfidélité), lirang (courtoisie et modestie).

Dans les troisième et quatrième chapitres, je présentela source de la pensée de Confucius et sa pensée éducative.Il y a la notion du rite, l’éducation des six arts de la dynastiedes Zhou, les différentes écoles de la pensée philosophiqueà son époque et les principes de son enseignement, sa pédagogie,avec les attitudes, la méthode et les contenus.

Je présente également la sagesse de Confucius appliquéeà la manière de se comporter en société. Cesconseils peuvent être utiles pour l’homme d’aujourd’hui.
 

Dans le cinquième chapitre, je traite les questions de laliberté et du conditionnement. Avant tout, la philosophie confucéennemet l’accent sur la valeur collective, Le sens de la collectivitésignifie non seulement la famille, le clan, la société, maisaussi le monde et l’univers. L’individu est toujours dans la collectivité,il ne peut pas être isolé. L’idéal de l’individu estde s’harmoniser avec l’environnement où il vit et de se conformerà l’ordre de la nature et de l’univers. Cet idéal est considérécomme la voie de la personnalité idéale. La valeur individuellepour Confucius se présente sous différents aspects : la moraleindividuelle (la partie la plus importante), la sagesse individuelle, etla santé physique. Cette valeur individuelle, pour Confucius àson époque, est différente de celle d’aujourd’hui
La valeur collective et la valeur individuelle sont baséessur le sens moral dans le confucianisme. La morale se manifeste par unerègle de conduite et des normes sociales qui s’imposent àl’individu. C’est ainsi que les confucianistes rendent compte différemmentdes autres écoles de ce que sont la liberté et le conditionnement.Pour les confucianistes, toutes ces contraintes provenant de la pratiquede la morale ne sont pas vraiment des conduites imposées, mais desmoyens pour accéder à la liberté de pensée.
 
Le mot °liberté° est différencié icien liberté d’esprit, liberté de pensée (dans l’enseignement)et liberté philosophique (sens large).
La liberté d’esprit se traduit par l’harmonie entre l’individuet l’univers. Quand Confucius atteint soixante dix ans, il peut suivreles désirs de son esprit sans transgresser les limites de ce quiest juste.
La liberté de pensée pour les confucianistes signifie: savoir bien ce qu’on veut être et ce que l’on veut faire. S’instruirepour se parfaire soi-même, c’est dans le but de se comprendre, s’accompliret se réaliser. Cette volonté et cette autonomie de penséesont justement l’origine de la liberté de pensée chez Confucius.
 

En conclusion, ma recherche est bien sûr limitée parcequ’elle porte seulement sur la pensée de Confucius vue par une Chinoisemoderne qui se penche sur ses racines. Comme la tradition n’est pas immuable,elle est dans un processus d’évolution, d’autres études pourrontutilement compléter ce travail : en effet, de l’antiquitéà l’époque moderne, de la Chine aux pays occidentaux, l’hommereste toujours un homme, une valeur a une valeur en soi à laquelleil faut attribuer le sens de l’époque et du lieu considéré.