Détresse
Broussailles de l'âme
La triste nouvelle circule comme un serpent
Elle
reprise par l'Abîme
s'écartèle
Demain le soleil fera sa mise en scène
Aujourd'hui seulement
les barbelés de sa nuit
Pourquoi tant de silence
dans les mots
Pourquoi tant de détresse
dans les fleurs
Nous n'arrêtons jamais de mourir
sans passer la porte
ouverte sur le Rien
Nous sommes si jeunes dans nos tumultes
Nous sommes si affamés de nos croyances
Souffrance
Bloc de béton armé
posé sur une tulipe
Une enfant regarde partir
le dernier oiseau de la dernière ville
C'est un aigle
Pourquoi tant de griffes
pour survivre
Joie
Touffe de lilas
dans sa blancheur
Je t'aime
Comment te le dire
pour que tes yeux de matin clair
reprennent le goût du large
et les couleurs de ton pays
René Barbier
Paris, le 17 avril 2000