Château-Arnoux

à Roseline et Jean-Pierre Gautheron
(Il y a quarante ans, près de Château-Arnoux)

Peut-être bien qu'un jour pour célébrernos noces
Nous goûterons encor le pain chaud de Provence
La lèvre du soleil sur le croûton desroches
La fraîcheur de l'eau douce un doigt dans laDurance

Nous chercherons alors les souches familières
L'insecte délivrant la chemise des fleurs
Un pas près de l'étoile au fond de larivière
Nous prendrons au galet l'écho de sa blancheur

Nous reverrons le pont où riait Roseline
Les lavandes ses yeux sa mèche les cigales
Sa taille en équilibre au bord de la ravine
Lorsqu'elle s'accrochait aux touffes du mistral

Dans l'herbe et le ciel nu près de Château-Arnoux
Je nous vois enlacés l'horizon à l'équerre
Un signe de nos mains apaise le vent loup
Et le marteau du soir brise un coucou de pierre

René Barbier (été 1963)