Rapport de soutenance de thèse de Madame Yun CHUNG CHUNG (épouse CHOI), intitulée " Le métissage axiologique dans l'éducation sud-coréenne : Analyse de l'imaginaire des valeurs socioculturelles "

 

René Barbier (Université Paris 8, directeur de la thèse)

 

Madame Yun Chung Chung soutient, ce jour, lundi 15 mars 1999, à l'université Paris 8, en Sciences de l'éducation, une thèse de doctorat nouveau régime, intitulée " le métissage axiologique dans l'éducation sud-coréenne : Analyse de l'imaginaire des valeurs socioculturelles ".

Le jury est composé de Madame Juliette Morillot (écrivain, spécialiste de la Corée) et des Professeurs André Akoun (université Paris 5), Jacques Ardoino (université Paris 8), René Barbier (université Paris 8, directeur de thèse), Michel Maffesoli (université Paris 5).

La thèse comprend 416 pages, dont 19 pages de bibliographie en français, en anglais et en coréen.

La partie théorique, y compris la conclusion, représente environ les deux tiers de la thèse et la partie de recueil et d'analyse des données un tiers environ. Cette dernière partie comprend des données statistiques et sociologiques, l'analyse d'un film documentaire et l'analyse de 19 entretiens représentant 350 pages dactylographiées.

Structure de la thèse

Après une introduction impliquée (pages 10 à 20), elle se divise en trois parties et une conclusion.

La première partie (pages 21 à 139) " la problématisation théorique : le conflit des valeurs vers le métissage axiologique en éducation" s'ouvre, après une introduction, sur un chapitre I " qu'est-ce que le métissage axiologique " (pages 24 à,66) dans lequel le métissage axiologique, en tant que soubassement, comme conflit de valeurs, est travaillé à partir d'une logique de l'imaginaire et présenté sous trois formes : conflit, ouverture et fermeture.

Le chapitre II (pages 67 à 111) " le métissage axiologique et le Soi " inscrit le concept dans ses rapports avec les conceptions identitaires du Soi, à partir de perspectives psychosociologique, transpersonnelle et bouddhique.

Le chapitre III " Le métissage axiologique et l'éducation " (pages 112 à 139) examine le sujet éducatif dans le métissage axiologique et réfléchit sur le processus du métissage axiologique comme finalité de l'éducation.

La deuxième partie " la construction d'un cadre d'analyse du métissage axiologique dans l'éducation sud-coréenne " (pages 140 à 242), après une introduction, comprend également trois chapitres (de chapitre IV à chapitre VI)

Le chapitre IV " le fondement des valeurs traditionnelles coréennes " (pages 142 à 192) examine l'influence du chamanisme, du bouddhisme et du confucianisme. Puis l'auteur caractérise les valeurs traditionnelles en Corée sous quatre chapeaux : le spiritualisme, le familialisme ou holisme, l'autoritarisme, et l'irrationalisme dans le fatalisme, l'affectivisme, l'attitude formaliste.

Le chapitre V " l'influence des valeurs occidentales dans la société coréenne " (pages 193 à 225) aborde le contexte coréen en rapport avec les idées occidentales et tente de cerner les valeurs occidentales qui entrent en interférence avec celles, plus traditionnelles, des Coréens. Madame Yun Chung Chung souligne particulièrement le matérialisme, l'individualisme, l'égalitarisme et le rationalisme.

Le chapitre VI " l'émergence de l'ambivalence des valeurs traditionnelles et occidentales dans la société actuelle " (pages 226 à 242) aborde la question du conflit de valeurs Orient-Occident dans ses différentes dimensions., Notamment par rapport aux nomes qui sont en jeu.

La troisième partie " Analyse de l'imaginaire dans les valeurs socioculturelles actualisées " (pages 243 à 282) constitue la partie dite " de terrain ". Elle se compose de trois chapitres (chapitres VII à 9)

Après une introduction, Madame Yun Chung Chung utilise des données officielles dans son chapitre VII (pages 246 à 251) pour analyser l'effet des valeurs traditionnelles et occidentales sur l'éducation.

Le chapitre VIII (pages 252 à 266) reprend le scripte d'un documentaire consacré à un art martial sud-coréen, le Tae-Kwon-Doe, pour en cerner la dimension métissée Orient-Occident.

Le chapitre IX est le résultat du travail sur les entretiens (pages 267 à 382). L'auteur décrit minutieusement sa méthodologie de recherche, en présentant sa grille d'entretien et le déroulement de ceux-ci. L'analyse est ensuite proposée de manière thématique et l'interprétation est effectuée en fonction de la problématique élaborée par Madame Yun Chung Chung.

Une conclusion générale nous invite à une " théorisation du métissage axiologique " (pages 383 à 395). Après une éclairante métaphore culinaire du kimch'i, l'auteur souligne l'importance du métissage axiologique comme création et valeur spécifique et nous propose son concept construit.

Une bibliographie (pages 396-416) termine le volume de thèse.

 

" Disputatio "

Comment parler des cultures asiatiques sans passer à côté de l'essentiel ? Dans son livre collectif de 1991 consacré à l'Asie (L'Asie, Mythes et traditions,éd.Brépols), André Akoun répond en ces termes :

« Peut-être en conservant, un temps, le regard ébahi de l'Occidental, cet habitant d'une autre planète, enfant de la raison et du monothéisme, devant ce monde de croyances où les dieux, les demi-dieux, les démons, les sages, les héros s'imbriquent dans un réseau si enchevêtré qu'on ne saurait comprendre aucun d'eux si on le sépare de tous les autres ; devant ce monde où les frontières entre les dieux, les hommes, les animaux, les plantes sont fluides et où l'individuation a toujours la fragilité et l'incertitude de l'illusoire, la seule réalité étant l'absolu, l'indéterminé, le "cela" impossible à représenter, d'où tout provient. » (page 11)

La recherche sur les valeurs métissées de la culture coréenne de Yun Chung Chung est, assurément, d'une grande richesse sur la plan théorique et sur celui de l'écriture. Je suis heureux que ce travail difficile arrive à son terme, puisque c'est la première étudiante asiatique qui termine ainsi, avec moi, son doctorat. Chacun sait que je suis très engagé dans l'ouverture de l'Occident aux cultures et aux sagesses asiatiques, principalement en Sciences de l'éducation.

L'existentialité coréenne me touche particulièrement. Les Coréens sont, pour moi, les Brésiliens de l'Asie. Dès que l'on pénètre en Corée, on ressent, après une période de réserve des habitants, une force existentielle où la déchirure, la balafre culturelle, est toujours présente. Au Brésil également, pays où la vie et la mort se cotoient à chaque instant. En Corée, le sentiment de Han , cette nostalgie mélancolique que ressent tout Coréen dès qu'il est loin de sa terre natale, ressemble un peu au sentiment de saudade, au Brésil, où la solitude, la nostalgie et la difficulté de vivre, donnent une coloration particulière à l'urgence d'exister. Mais en Corée, comme au Brésil, on aime bien boire, chanter et faire la fête. En Corée, comme au Brésil, l'existence quotidienne, laborieuse, écrasante, est tissée de présences invisibles qui relient les vivants aux ancètres.

J'ai connu Yun Chung Chung, il y a six ans déjà, lorsqu'elle est venue s'inscrire en DEA sous ma direction, dans l'intention de préparer une thèse. Mariée à un étudiant qui préparait alors son doctorat de sociologie à la Sorbonne sous la direction de Michel Maffesoli, mère d'un enfant en bas âge, et parlant très difficilement le français, elle est venue " se perdre " dans notre banlieue difficile. Je me souviens encore de la crainte qu'elle éprouvait, à l'époque, de devoir rentrer chez elle, tard le soir, en autobus et en métro. Dans notre université et dans notre département, où florissaient alors les approches plurielles, multiréférentielles, de l'éducation, Yun Chung Chung semblait un peu perdue, comme beaucoup d'étudiants étrangers, en particulier d'Extrême-Orient. Il lui a fallu du temps pour organiser ses nouvelles connaissances, s'y retrouver dans les méandres de la pensée complexe et interculturelle. J'ai été frappé de retrouver, dans sa thèse, la plupart des livres qui jalonnaient mon parcours de lecture pendant cette période. C'est que Yun Chung Chung ne ratait pas une seule référence et s'empressait d'acheter l'ouvrage cité et de le lire le plus tôt possible. Sa thèse s'est nettement enrichie ainsi de références théoriques multiples dans des sphères du savoir souvent peu reconnues en sciences de l'éducation.

Elle repart en Corée pour effectuer son travail sur le terrain, et j'ai l'occasion d'aller visiter son pays lors d'une série de conférences universitaires que j'ai données en 1997. J'avoue alors avoir eu une certaine crainte devant la difficulté qu'elle éprouvait encore pour transmettre en français la subtilité de sa pensée.

Elle est revenue, seule, pendant six mois, en 1998-99, pour terminer d'écrire sa thèse et se confronter à l'épreuve de la traduction. Même si une personne de langue française a revu son travail, il est évident qu'il s'agit là d'un travail de titan. Quiconque est parti un jour dans un pays de langue orientale et a imaginé ce qu'il pourrait dire d'intelligent dans la langue coréenne, japonaise ou chinoise, me comprendra sans peine. Je sais que pendant ces six mois, Yun Chung Chung n'a pas dormi beaucoup.

C'est que, non seulement la question de la langue française se posait, mais qu'en plus, Yun Chung n'a pas hésité à effectuer une recherche sur un concept qu'elle avait à construire presque totalement.

Il faut dire que cette attitude est rare chez les jeunes chercheurs. Rare parce que risquée. Lorsqu'un chercheur reprend le concept d'habitus de Pierre Bourdieu, d' "analyseur" de René Lourau ou celui de " rapport au savoir " de Bernard Charlot, il est en terrain connu ; de nombreux ouvrages sont dans les bibliothèques pour le rassurer. Mais Yun Chung Chung a repris un concept que j'avais proposé dans un article sans l'avoir complètement exploré : celui de " métissage axiologique ". Elle en a fait le coeur de sa recherche. Elle l'a construit dans un langue qui lui était quasiment inconnue. À mon avis, c'est un exploit intellectuel.

De plus, cette construction théorique a été soumise à l'épreuve de la réalité par la série d'entretiens que Yun Chung Chung a effectuée. Il en devient d'autant plus pertinent.

Je suis d'ailleurs frappé de voir que Yun Chung Chung soutient sa thèse au moment même où sortent en librairie plusieurs ouvrages consacrés au métissage culturel. L'un d'entre eux, " la pensée métisse ", de Serge Gruzinski, historien et directeur de recherche au CNRS, va tout à fait dans le même sens que la problématique développée par Yun Chung et par moi-même d'ailleurs. Le métissage culturel est une véritable création de valeurs, irréductible à l'ensemble de ses composantes. Serge Gruzinski, travaillant sur l'influence de la pensée chrétienne de la Renaissance sur l'art et la littérature amérindienne, et réciproquement, constate le métissage créateur qui en résulte. Il réfléchit, d'une façon encore plus ample sur le métissage des valeurs, dans son chapitre II " mélanges et métissages ", pour être conduit à cette conclusion : " Complexité, imprévu et aléatoire paraissent donc inhérents aux mélanges et aux métissages ". Mais ces métissages et ses hybridations, aux allures particulièrement " chaotiques ", au sens de la théorie du Chaos, " concernent tout à la fois des processus objectifs, observables dans des sources variées, et la conscience qu'en ont les acteurs du passé, qu'elle s'exprime dans les manipulations auxquels ils se livrent, les constructions qu'ils élaborent ou les discours et les condamnations qu'ils formulent " (p.57).

C'est justement ce qu'a voulu démontrer Yun Chung Chung. Elle n'est pas restée aux constats statistiques et aux données de la sociologie coréenne dont elle synthétise, malgré tout, remarquablement, les multiples résultats accessibles, mais elle a cherché à descendre dans les méandres de la conscience individuelle prise dans les rêts de la vie communautaire et familiale. Il s'agit bien de valeurs métissées, non seulement au sein des ensembles sociaux, mais, au coeur des rapports interpersonnels et familiaux. Yun Chung Chung décrypte et met au jour la prise de conscience de l'influence du métissage axiologique Orient-Occident et de son évolution dans l'historicité d'une famille concrète, examinée dans l'attitude de personnes appartenant à ses trois générations. Son analyse minutieuse des entretiens est, sur ce point, éclairante, comme celle du scénario du documentaire sur le Tae-Kwon-Doe.

 

Quelques questions me sont venues à l'esprit en lisant ce travail.

 

Je poserai maintenant quatre questions de fond et trois questions de méthode.

La première question concerne le problème du conflit inhérent au processus de métissage axiologique. Il semble que pour Yun Chung Chung le conflit soit valorisé, rendu positif, dans l'accession à un plus-être, à un " devenir métissé ". Ne peut-on envisager un conflit qui ne serait plus créateur, mais deviendrait franchement destructeur de soi-même et de l'autre, voire de la famille ? À quel moment faut-il suspendre le processus de métissage intériorisé et le peut-on ? Sans doute pas, puisque le métissage axiologique ne dépend pas uniquement de la personne, mais s'impose dans les rapports sociaux pris dans l'Englobant de la mondialisation. Pourtant, en tant que psychosociologue clinicien et pédagogue existentiel, j'ai inventé une métaphore qui me sert quotidiennement : pourquoi faut-il enlever la cagoule de la personne qui a encore besoin de la nuit sur son visage ?

À quel moment le métissage axiologique affirmé, voire revendiqué, relève-t-il de l'aphorisme précédent ? La lucidité n'est-elle pas trop abrupte parfois ? N'y-t-il pas des moments conflictuels qui requièrent les vertus de l'illusio ?

 

Ma deuxième question de fond concerne la vision du monde requise pour comprendre et assumer pleinement le métissage axiologique dans l'esprit de l'auteur de la thèse. Yun Chung Chung soutient en effet que la dualitude (concept de Gilbert Durand), la pensée non-dualiste, qui est autre chose que l'approche dualiste ou l'approche moniste, est nécessaire pour entrer dans le métissage axiologique. Mais alors, que devient le processus de métissage axiologique lorsque les personnes qui y sont confrontées se réfèrent plutôt à une vision du monde dualiste, fragmentaire, séparative ? Tout le monde n'a pas le regard de " papillon " de Tchang Tseu. Peut-on être un pur aristotélicien, c'est-à-dire un excellent occidental, et vivre pleinement, positivement, le métissage axiologique ? Ou le métissage axiologique est-il, en quelque sorte, réservé aux Orientaux qui savent concilier Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme et Chamanisme ? ou encore aux Occidentaux qui s'alimentent intellectuellement aux sources de la sophistique grecque et qui savent pleinement vivre avec l'agôn et le kaïros ?

 

Ma troisième question est en retentissement. Il m'a semblé, en lisant les remarques de Yun Chung Chung sur John Dewey (pages 200 et ss), que sa théorie très pragmatique n'était pas très éloignée du bouddhisme ? Qu'en pense Yun Chung Chung ?

 

Ma quatrième question réside dans certaines propositions de la thèse que je ressens, parfois, comme étant plus de nature nomothétique que relevant véritablement d'un doute méthodique propre à l'esprit scientifique. Évidemment je sais la difficulté d'écrire sur la question des valeurs et des interférences culturelles sans frôler l'interprétation prophétique et je sais gré à Yun Chung Chung d'avoir examiner son langage pour en châtier les dérives en ce sens. Malgré tout, une ou deux fois, elle laisse échapper une phrase qui va du côté d'une normativité future plus ou moins proclamée (par exemple page 135). Mais je sais que je suis, sur ce point, d'une exigence extrême.

 

Mon autre série de questions porte plus sur la méthode de recherche.

J'ai trouvé que les entretiens étaient bien menés et remarquablement analysés. Malgré tout, et pour jouer le jeu de la " disputatio ", je proposerai quelques questions.

Lorsqu'on écoute une personne dans un entretien de type existentiel, comme celui qu'a effectué Yun Chung Chung, on cherche " à se mettre à la place " de l'autre pour le comprendre, comme le dit l'auteur de la thèse à propos de Georges Herbert Mead (page 77). Mais Lacan rétorquait à cette attitude en affirmant " si on se met à la place de l'autre, où donc l'autre pourra-t-il se mettre ? ". Que peut donc vouloir dire " se mettre à la place de l'autre " dans une écoute attentive lors d'un entretien à dominante existentielle ?

Dans l'entretien existentiel, l'émotion nous surprend très souvent. Notre propre émotion comme celle de l'autre. Yun Chung Chung nous en donne un exemple dans un entretien page 308 (une femme pleure).

Que peut faire le chercheur dans ce cas ? Quelle doit être son attitude ?

Enfin, il est difficile d'analyser les rapports homme-femme portant sur les valeurs de la vie quotidienne sans tenir compte du statut et du sexe du chercheur comme de l'interviewé. L'implication est difficile à contrôler lorsqu'on est une femme et que l'interviewé homme exprime une attitude un peu " machiste " (par exemple page 312). Qu'en pense Yun Chung Chung ?

Je veux terminer ce rapport de soutenance en disant à quel point ce travail de recherche me semble exemplaire.

Yun Chung Chung parle, par exemple, de " processus ", et d'  " incertitude " (page 372) à propos du métissage axiologique. Or Serge Gruzinski, dans sa " pensée métisse " utilise le modèle du " nuage " (page 55) pour caractériser le métissage culturel et soutient que " C'est la présence de l'aléatoire et de l'incertitude qui confère aux métissages leur caractère insaisissable et paralyse nos efforts de compréhension. Car la diversité et la multiplicité des métissages peuvent-elles se ramener au jeu des causalités classiques ? ".

De même Yun Chung Chung nous donne un exemple exquis de métaphore culinaire à propos du kimch'i coréen. Je sais bien que l'exemple du kimch'i avait été donné dans le très beau livre de Madame Juliette Morillot sur " la Corée " paru aux éditions Autrement en février 1998. Pourtant j'ai le sentiment que l'exemple du kimch'i a été repris par Yun Chung Chung de manière vraiment originale dans l'optique d'une métaphore du métissage axiologique. En cela elle suivait, peut-être intuitivement, ce que connaissent les meilleurs ethnologues de la vie quotidienne pour lesquels, comme le rappelle Pascal Dibie, " manger, c'est comprendre l'assiette de l'autre " (p.5 de " ethnosociologie des échanges interculturels ", avec Christoph Wulf, éd. Anthropos, 1998).

Au total, donc, une recherche très originale qui marquera les sciences de l'éducation puisque celles-ci, il faut le dire, sont quasiment absentes de la réflexion sur le sens de la vie partagé conflictuellement et paradoxalement entre l'Orient et l'Occident.

 

Lundi 15 mars 1999