Parcours et présentation

Marie-Ange ABRAS

1. Trajectoire scolaire:

Après avoir terminé mes études secondaires en Belgique, j'ai suivi un enseignement professionnel pour effectuer des études paramédicales et y entreprendre mes études d'infirmière hospitalière (équivalent en France d' Infirmière Diplômée d'Etat) afin de me responsabiliser dans des priorités d'action de la « Santé-Bien-être ». Mon but était d'améliorer mes capacités de synthèse et de réflexion sur la santé avec le diagnostic infirmier, s'adressant à l'homme dans sa globalité, tout en favorisant la communication interdisciplinaire. Au cours de mes expériences professionnelles, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes mourraient dans l'isolement et la douleur. J'ai donc décidé de me perfectionner et d'entreprendre des études sur l'accompagnement des mourants, d'effectuer des journées de formation et des stages dans différents pays. Vu les nombreuses personnes âgées que je soignais à domicile, j'ai étudié la mort et le grand âge par l'intermédiaire d'un certificat de gérontologie, puis présenté un mémoire sur « Comment et pourquoi réintégrer la mort dans la société? ». Après, j'ai souhaité devenir pédagogue en soins palliatifs (Diplôme Universitaire d'approfondissement et pédagogie en soins palliatifs) pour transmettre des connaissances sur la mort à un plus large public. La rédaction de mon mémoire sur « le diagnostic infirmier en soins palliatifs » était un travail qui m'a permis de mobiliser mes compétences que ce soit au niveau de l'équipe médicale et paramédicale, qu'à titre préventif, curatif, palliatif, d'accompagnement des personnes en fin de vie et des endeuillés... la prise en charge globale de la personne concernée. Par la pratique en soins palliatifs, j'ai désiré agir en amont de la maladie, de la souffrance, du deuil, de la mort; pour cela, j'ai entrepris un doctorat en Sciences de l'Education afin de pouvoir amener la philosophie éducative dans les écoles. Parallèlement, j'effectue un Diplôme Universitaire sur le deuil dans la formation des soignants et des accompagnants, ainsi qu'un Diplôme Universitaire en psychiatrie infantile. Ces enseignements me permettent d'avoir des connaissances sur des pathologies et sur le développement afin d'assurer mes actions auprès des enfants. Au cours de réflexion sur la mort, certaines difficultés existentielles (deuil non-résolu, dépendance, névrose...) peuvent se déclarer.

2. Ambitions personnelles:

Je souhaite créer ma propre discipline en « thanatoéducologie » issue d'expériences professionnelles et de l'aboutissement de mon doctorat en Sciences de l'Education. Mon but est d'éduquer à partir de la réflexion de chacun sur «ce qu'est la mort et ce qu'est la vie?» avant de rencontrer des difficultés et de renforcer par celle-ci ses potentialités à faire face à l'existence. Ce cheminement a pour objet de compléter des projets déjà existants dans le domaine de la prévention et de l'accompagnement thérapeutique. Je propose une éducation qui explore la vie avant que des groupes potentiellement « à risque » (délinquance, suicide, toxicomanie, instabilité affective...) ne se découvrent. Je considère que la prise en charge de la douleur globale chez l'enfant tout comme le fait d'être mortel sont aussi une réflexion éducative. Dans une telle optique, je pense que s'éduquer à la mort pourrait obtenir par la société un autre regard sur la mort, la souffrance, la douleur, la maladie et donc la vie. Mon projet a une double démarche: d'une part, améliorer la prise en charge de la douleur souvent négligée chez les enfants hospitalisés (ignorance, croyances...) et qui nie la perception de l'existence de celle-ci. Cette négation pourrait probablement être le résultat d'une crainte des soignants vis-à-vis de la mort. D'autre part, donner un espace d'écoute où les enfants pourraient parler de la mort afin d'élargir leurs champs de conscience en rapprochant des concepts qui paraissent éloignées comme ceux de la vie et de la mort. L'accomplissement professionnel demande l'acceptation de la réalité d'autrui concernant la mort pour qu'il trouve des solutions existentielles différentes des nôtres. Il demande aussi une forme de neutralité face à des sujets tabous comme la mort, la douleur et la sexualité (vie).

3. Mes chances d'obtenir un budget:

Si je me permets de déposer un projet sur l'éducation à la mort et d'effectuer des actions pour parler de la mort et de la vie auprès des enfants, c'est parce que je pense avoir les connaissances nécessaires et l'expérience directement liées à cette démarche éducative. Aujourd'hui, toutes disciplines spécialisées en soins palliatifs posent des questions de viabilité professionnelle. Lors d'accompagnement des mourants, les professionnels en soins palliatifs ont acquis une compréhension des besoins de la vie et de la mort, et pourraient agir avant que des difficultés existentielles n'apparaissent (deuil compliqué, dépendance,...). De plus, parce que nous avons copié les modèles anglo-saxons, et qu'en France la mort est restée un sujet tabou, nous avons négligé ce secteur de recherche, alors que ce domaine pourrait servir la santé publique. L'engouement des médias pour les soins palliatifs prouve que la société essaie de se réapprivoiser la mort. Nous pourrions donc mettre en pratique une éducation à la mort, tout ceci pour développer à un niveau international les connaissances en matière d'accompagnement des mourants et des endeuillés, de la gestion de la douleur, à la base des premiers mouvements en soins palliatifs. Comme j'ai effectué un parcours en soins palliatifs et en accompagnement des endeuillés, il me semble logique que, dans cette dynamique, j'agisse pour accroître la réintégration de la mort par une recherche-formation existentielle. Mon projet est accueilli avec enthousiasme par des professionnels compétents dans les domaines concernés (enquête de l'Association des Hôpitaux de Paris), qui sont globalement favorables à l'esprit et au programme de ma démarche (lettre ci-jointe). Je suis également convaincue par le fait qu'un renouveau de la mort émerge dû à la maladie du SIDA, aux développement des soins palliatifs, aux suicides collectifs dans les sectes et au millénarisme.


Curriculum vitae