Poèmes
par Florence Giust-Desprairies

 

Février 1997
 
L'un après l'autre
Les jours
Elaguent minutieusement
Les voyelles de tes mots
 
Par bonds
Ton regard me prend toute
Enveloppe charnelle
Sans preuve
 
L'inlassable nécessité d'enfanter
Ton visage
 
 
*
 
Mars 1997
 
Dans la brume du couchant
la ligne d'horizon
Fondante noyée
Dissout l'origine
 
Conciliante et docile
Je marche à côté du monde
L'enfance en boule creuse
A l'intérieur
 
Dans le bruissement des feuilles mêlées
La meute sans visage
Se contient
 
*
 
Mai 1997
 
Rome. A l'ombre des lauriers
L'infini glissement du temps
Suspend le souffle
 
Homme au-delà des figures
La traversée des épaisseurs
Fixe ton regard ton corps tout entier
Dans le fondement des temples entr'ouverts
 
Sur les empreintes séculaires
La fraîcheur têtue des coquelicots
Esquisse le trouble éphémère de nos émois
 
Cet éternel cantique qui descend dans les ruines
Fragments de tombeaux dans l'herbe jaillissante
Volée d'hirondelles