Jamais la vie ne fut si croustillante
qu'à l'instant où tu bondis de tes cheveux
comme un cheval au dessus des haies
Je tentais de te suivre
Un arbre peut-il s'élancer vers le soleil
Je retombais derrière le ciel avec mes montagnes
Je t'appelais une dernière fois par tes noms
habituels
Printemps d'écharpe
Saule de flammes
Pierre à silence
Coeur d'outre-mer
Chanson de feuilles
Lac à mésanges
Nous fûmes repris par la tempête
Je t'ai vue repartir vers tes songes
avec la foultitude de tes formes
Je n'ai pas pu regarder l'horizon
Un pin parasol arrêta mon univers
Je m'endormis
Il ne faut pas jouer avec nos yeux
Le torrent jamais ne devient terre à mémoire
Je t'aime comme une eau coule des fontaines
Je ne sais plus respirer sans sentir ta présence
Un jour nous prendrons la mer tous les deux
Le feu sera notre voilier
Nous parcourrons le plus haut des vagues
Et le plus profond silence
Tout sera sans la moindre faille
Même le jardin de notre enfance
Demain nous reviendrons courir parmi les cendres bleues
Toute les couleurs crisperont l'arc-en-ciel
Jamais un baiser ne sera si léger
Jamais ton regard ne portera tant d'écumes
René Barbier