Mardi 3 août 1999
 
 

Encore une fois tu es présente

Il a suffi d'un reflet derrière la vitre

D'une feuille tombée du ciel

D'un cri d'oiseau

Je te vois ma porteuse de beauté

Ton visage où se niche

le visage du Bouddha

Je te vois et je m'éloigne

Je parcours l'entre deux

Je suis la première lueur du jour

J'avance vers toi les yeux fermés

Tu es la fragilité

La source qui tremble dans la pierre

Ton ventre est plus tendre que l'aubier

Ta main plus fraîche que l'algue sous la mer

Je touche tes aurores

Je circule dans tes boucles

Jamais je n'ai vu pareille frondaison

Jamais je n'ai goûté un geyser si profond

Ton cri soulève même la montagne

Tes yeux portent l'arbre du monde

Nous nous aimons

Je suis poussière d'étoile

J'avance doucement à la vitesse de la lumière
 
 

René Barbier