La sommeilleuse
La sommeilleuse prend sa source
dans la brise du matin
Elle ne sait rien de la crevasse
qui rature le sourire
Elle chemine sans chemin
Elle butine l'aventure
Elle plie mais ne rompt pas
La sommeilleuse boit le désir
à même la pomme
Elle se donne à petits cris
Elle signe l'épaule de l'homme
avec ses dents
Elle offre son ventre à la houle
Elle explore l'irréversible
La sommeilleuse coule sa clarté
dans la neige minuscule
Elle fait frissonner l'hirondelle
La sommeilleuse est sans pourquoi
Elle change le silence en rabot
pour le bruit de la ville
Elle tisonne le presque rien
Elle évide le presque tout
La sommeilleuse est sans mémoire
Elle est le pont entre les rives
Elle est l'abeille entre les fleurs