2ème semestre année scolaire 1997/1998

DEA en Sciences de l'Éducation

Joëlle MACREZ

 

L'AUTORISATION NOETIQUE OU

LE SENS DE L'EDUCATION

 

Fiche de lecture du livre

 

"GEOPOLITIQUE DU CHAOS"

d'Ignacio Ramonet

 

Editions Galilée, Paris, 1997 - 163 pages.

 

 

Sommaire

 

 

 

 

1 - Présentation de l'ouvrage

 

Ce livre est une description critique et inquiète des changements que génère la révolution technologique, économique et sociologique actuelle. Cette révolution mène à la mondialisation de l'économie fondée sur l'idéologie d'une pensée unique reposant sur l'économie de marché où règnent la compétitivité, la productivité, le libre-échange, la rentabilité conduisant à davantage d'inégalité et d'aliénation. L'accélération des technologies ultra-performantes de l'information favorise le développement et la prise de pouvoir par le monde de la finance qui ne s'embarrasse pas des questions éthiques et déontologiques. Ainsi aux paradigmes de la démocratie, qui étaient le progrès visant à réduire les inégalités et à exclure la violence dans les rapports sociaux et la machine qui permettait à chacun de trouver sa place, succèdent les paradigmes de la communication et du marché risquant de conduire à davantage de conditionnement, d'aliénation d'une part et à l'exclusion des plus défavorisés, à une progression de la pauvreté et une diminution des droits de l'homme d'autre part. Les changements actuels, sous couvert de progrès et de rapprochement des états, provoquent la déstabilisation des dirigeants politiques auxquels le pouvoir échappe et une montée du nationalisme risquant de conduire à la violence et à des guerres ethniques.

Ce livre est donc un appel à la prise de conscience des hommes sur la façon dont fonctionne le monde actuellement et qui risque de conduire la planète au chaos.

 

2 - Sources théoriques

 

L'auteur, dans un souci d'une vision globale et mondiale des choses ne s'est pas limité à un champ théorique mais s'appuie sur de nombreux savoirs conceptuels. Ainsi il s'appuie sur la politique, l'économie, la géographie, l'écologie, la sociologie, la démographie, l'histoire, les nouvelles technologies de la communication, .... et à tous champs conceptuels permettant de mieux comprendre la complexité actuelle du monde.

La pensée complexe d'Edgar Morin traverse le livre et l'accompagne ainsi que la théorie générale des systèmes mais on trouve également la pensée humaniste d'un auteur comme Thomas Mann, le symbolisme, la montée de l'irrationnel et la littérature de science-fiction qui, il y a quelques années déjà, avait dénoncé les risques d'aliénation des hommes sous le prétexte d'un faux progrès.

 

3 - Concepts utilisés par l'auteur

 

La mondialisation : système économique qui rend les économies dépendantes les unes des autres. Ainsi, les marchés financiers relient les pays et, dans le même temps, emprisonnent les gouvernements qui ne peuvent plus s'isoler du reste de la planète.

 

La pensée unique : la mondialisation de l'économie est fondée sur l'idéologie de la pensée unique, une pensée qui a décidé qu'une seule politique économique est désormais possible et que seuls les critères du marché permettent à une société de survivre dans notre monde de concurrence.

 

Le marché : le marché ce sont les maîtres de la géofinance, c'est-à-dire les gestionnaires des fonds de pension et des fonds communs de placement qui, désormais, gèrent l'économie du monde selon leurs propres règles.

 

la société d'information : La société d'information remplace peu à peu la société de consommation. Elle est favorisée par la révolution technologique des techniques d'information. Elle sert les buts de l'économie de marché et de la globalisation bien que les firmes commerciales du multimédia tentent de faire croire, par l'endoctrinement et l'anesthésie des esprits, qu'une telle société permettra de servir le progrès social et l'éducation.

 

La fusion : tendance des états à s'associer, s'intégrer dans des espaces économiques, commerciaux et politiques

 

La fission : fracture de l'ensemble de la planète qui se fonde sur la montée d'un nationalisme revendiquant la conservation des distinctions ethniques (langue, sang, religion, territoire) et qui provient des inégalités engendrées par la mondialisation.

 

Le système PPII : système planétaire, permanent, immédiat, immatériel. Système dont les nouveaux paradigmes de la mondialisation que sont la communication et le marché favorisent les activités : Planétaire parce que touchant toutes les parties du monde, Permanent parce que fonctionnant 24 heures sur 24, Immédiat parce que les techniques actuelles de communication ont supprimé l'espace temps, Immatériel parce que les activités ne concernent pas des produits manufacturés mais des activités immatérielles (finances, informations, échanges de données....).

 

La complexité : Le concept de complexité définit souvent un système ouvert, comme quelque chose de plus que la somme de ses parties. Un système ouvert est un système où les choses sont placées dans leur contexte et où il n'y a pas de frontière. De ce fait même le système est complexe. Le nombre d'éléments est illimité et il y a échange entre les éléments. L'approche d'un tel système est dynamique et l'appréhension des choses s'effectue en matière de communication.

La complexité est un nouveau paradigme dans les sciences humaines et sociales défini par Edgar Morin comme un phénomène quantitatif qui se mesure à la quantité d'interactions et d'interférences entre un très grand nombre d'unités. Cependant, "la complexité ne comprend pas seulement des quantités d'unités et d'interactions qui défient nos possibilités de calcul ; elle comprend aussi des incertitudes, des indéterminations, des phénomènes aléatoires." Ainsi, la complexité désigne ce qui est tissé ensemble et qui oblige à penser l'un et le multiple ensemble, ainsi que le certain et l'incertain, la logique et la contradiction et une pensée éminemment paradoxale.

 

La globalisation : système économique dans lequel ni le capital, ni le travail, ni les matières premières ne constituent le facteur économique déterminant. L'important étant la relation optimale entre ces trois facteurs conduisant au profit maximal. Ainsi, pour obtenir cette relation "l'entreprise globale" ne tient compte ni des frontières, ni des réglementations, mais seulement de l'exploitation qu'elle peut faire de l'information, de l'organisation du travail et de la révolution de la gestion. Un tel système conduit à une fracture des solidarités au sein d'un même pays, au divorce entre l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt de la collectivité, entre la logique du marché et celle de la démocratie.

 

4 - Les problématiques soulevées par Ignacio Ramonet

 

. Instabilité et désordre.... Vers une mutation du monde.

 

Le climat général actuel est au pessimisme. Partout le désordre et l'instabilité surgissent. Il semble que les grands événements politiques des dix dernières années, tels que l'unification allemande, la disparition des régimes communistes, l'effondrement de l'URSS, la renaissance de la Chine, l'émergence de l'Inde, modifient totalement le visage géostratégique de la planète. A cela il faut ajouter le bouleversement de l'organisation du travail et des méthodes de production en raison de l'introduction des nouvelles technologies de la communication dans les entreprises.

Ainsi, notre temps est en train de vivre des changements fondamentaux, une mutation menant vers une société globale dont on ne peut encore imaginer la structure.

Doucement nous évoluons donc vers une société qui prend en compte des concepts tels que la non-séparativité, l'holisme, la complexité, développés par les physiciens quantiques mais qui furent énoncés il y a fort longtemps par la philosophie orientale et, plus récemment par des penseurs comme C.G. Jung, Aurobindo, Krishnamurti, R. Steiner,...

Tout est donc lié et les grands problèmes de notre temps n'appartiennent pas uniquement à un état mais concernent la planète toute entière. En effet qui peut s'exclure des problèmes de l'environnement, de la faim, des risques nucléaires, des nouvelles épidémies telles que le Sida, des grandes migrations ?

Tous sont concernés mais seulement quelques uns ont le pouvoir et dominent le monde. Ainsi, l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord et le Japon sont les trois centres où se concentrent les richesses industrielles et technologiques.

Par ailleurs le phénomène planétaire d'une mondialisation de l'économie favorisant le libre-échange permet l'émergence de l'Asie annonçant que l'Occident pourrait, dans l'avenir, ne plus être le maître du monde.

Dans ce monde où tout repose sur la technologie et, désormais, sur la mondialisation de l'économie, le pouvoir des états est de plus en plus limité dans sa liberté d'action nationale, ce qui les rend de moins en moins crédibles aux yeux de leurs citoyens.

Ainsi, ce n'est plus la démocratie et les droits de l'homme qui dirigent les états et le monde par l'intermédiaire des chefs de gouvernements élus, mais le marché économique, ce que l'auteur nomme le marché total : "le marché dicte le vrai, le beau, le bien, le juste. Les "lois du marché" sont devenues la nouvelle Table à révérer. S'écarter de ces lois reviendrait à s'acheminer fatalement vers la ruine et le dépérissement". Ainsi, un pays qui s'aventurerait à ne pas suivre la loi du marché verrait tout ses capitaux disparaître et voler vers d'autres horizons ce qui déstabiliserait complètement l'économie du pays. Le marché total s'intéresse essentiellement au profit et à la rentabilité ; ainsi, la technologie permettant désormais de produire plus en moins de temps et avec moins de salariés, le chômage devient un problème extrêmement sérieux car, au nom du marché total, des milliers d'emplois vont continuer de disparaître, permettant à certains pays de s'enrichir alors que les citoyens s'appauvrissent. Selon l'auteur, l'Occident serait en train de sacrifier la démocratie pour sauver le marché. La corruption et le mensonge gouvernent le monde. On ne s'étonnera donc pas, dans de telles conditions que la grogne, la violence, l'insatisfaction générale montent du fait d'une fracture entre les institutions existantes et les préoccupations concrètes des citoyens qui aspirent de plus en plus à l'intégrité des états, à l'honnêteté, à l'éthique, au partage....

 

. Le nouveau modèle américain

 

Après la première guerre mondiale deux grandes puissances tentent d'imposer leur modèle à la terre entière. D'un côté, à l'est l'Union soviétique avec la promesse du partage du travail et de l'égalité, de l'autre, à l'ouest, l'Amérique avec la liberté et le capitalisme. En Europe occidentale c'est le modèle américain qui s'impose et marque la modernité. Cependant, dans les années soixante-dix et quatre-vingts, si l'Amérique continue de dominer l'Occident par sa puissance économique et militaire, elle cesse peu à peu d'être un modèle à imiter.

La chute du mur de Berlin, le 11 novembre 1989, l'implosion de l'Union soviétique en octobre 1991, événements extrêmement importants survenant après la victoire américaine dans la guerre du Golfe, permettent aux États-Unis d'être sans rival et de dominer le monde. L'Amérique va rêver un instant d'un nouvel ordre mondial répondant à ses objectifs historiques et à ses ambitions stratégiques mais elle devra bien vite y renoncer devant une réalité douloureuse dévoilant plusieurs points :

- l'Amérique n'a plus les moyens économiques de ses ambitions et ne peut venir en aide à la dégradation et l'appauvrissement de l'ex-Union soviétique,

- l'apparition, du fait de cette dégradation, de multiples foyers d'instabilité, stimulés par la renaissance des nationalisme ethniques conduisant dans différents endroits à des guerres ouvertes de longue durée (Balkans, Caucase),

- le nucléaire reste un danger très important du fait de la dispersion des spécialistes soviétiques de l'atome dans des pays "du seuil", c'est-à-dire sur le point de se doter de l'arme nucléaire.

Les problèmes extérieurs de cette période coïncident avec l'effondrement, à l'intérieur des États-Unis, du rêve de l'argent facile. On découvrait alors que ceux qui semblaient montrer l'efficacité du capitalisme : les grands héros de la Bourse, n'étaient que des imposteurs ayant mis en difficulté le système boursier américain mais aussi le système financier international. Ainsi, la mauvaise situation économique américaine a conduit à une augmentation de la pauvreté, des inégalités, de l'insécurité, un délabrement généralisé des infrastructures publiques et une augmentation du chômage, les entreprises réduisant leur personnel sous le prétexte d'améliorer leur compétitivité.

Cependant, malgré ces réalités les États-Unis, du fait de leur puissance militaire, de leur suprématie dans le contrôle des réseaux économiques, des flux financiers, des innovations technologiques, des échanges commerciaux, des extensions et des projections de tous ordres, restent ceux qui dominent la planète. Conscients qu'ils sont désormais sans rivaux, ils agissent sur le monde en fonction de leurs propres critères et pour servir leurs intérêts sans se préoccuper des instances internationales, comme, par exemple, l'ONU .

Le président des États-Unis, Monsieur Clinton, semblerait pratiquer une politique de redressement économique de son pays. Cependant, selon l'auteur, les victoires de croissance économique intérieure seraient illusoires et masqueraient son adhésion à la politique du marché, aggravant les inégalités sociales et la pauvreté. A ceci s'ajoute l'explosion actuelle des technologies de la communication qui s'édifient sur l'univers de l'informatique conduisant à une bataille économique qui se livre dans le champ des médias.

L'Amérique, avec une précarité sociale qui augmente sans cesse, un pouvoir d'état se réduisant au profit de la toute puissance financière du marché et le mythe de la communication qui se répand, constitue un nouveau modèle que de nombreux dirigeants acceptent comme une réponse aux défis contemporains.

Ainsi, ceux qui gouvernent le monde, financiers et hommes d'états, succombent peu à peu au complexe de toute puissance. Ils possèdent la vérité, la puissance technologique et financière et veulent l'imposer au monde entier sans se préoccuper des conséquences pour l'homme et la terre. Nous retrouvons ici le concept de ressemblance avec Dieu jungien , ou de toute puissance d'Alder .

 

. Régimes globalitaires : vers la disparition des droits de l'homme et le déni des différences

 

La modernité, symbole il y a quelques années de meilleures conditions de vie et de liberté, du fait de l'explosion des technologies de la communication et de la vitesse à laquelle la transmission s'effectue, est devenue prétexte à la culture globale, c'est-à-dire à la standardisation du monde. La mondialisation n'est donc pas seulement économique mais concerne tous les domaines de la vie humaine. Ainsi, dans ce régime global, l'individu comme l'entreprise perdent leur identité, ce qui suscite de plus en plus de réactions identitaires et peut expliquer la montée du nationalisme. L'individu, l'état, l'entreprise n'ont plus de centre. Pourtant, toute structure, pour être équilibrée, doit s'organiser autour d'un centre. Cette pensée mandala a été développée par de nombreuse cultures et le psychanalyste C.G. Jung l'a reprise pour montrer comment l'être humain pouvait accéder à son équilibre psychique. Ce modèle peut également s'appliquer à la société, à l'entreprise : une entreprise sans centre est dispersée, fragmentée et perd son unité, sa stabilité.

Ainsi, les caractéristiques des régimes globalitaires sont la dispersion, la fragmentation et le but de l'entreprise globale, par la délocalisation, l'augmentation de la productivité et la réduction des travailleurs est le profit maximal. Ainsi une telle entreprise produit là où les coûts sociaux sont les plus faibles et vend là où les niveaux de vie sont les plus élevés. Bien évidemment cela creuse les inégalités et ces entreprises fonctionnent essentiellement dans les trois pôles dominant l'économie mondiale : l'Amérique du Nord, l'Asie-Pacifique et l'Europe occidentale tandis que le reste du monde est de plus en plus exclu du commerce mondial et de la modernisation technologique.

Dans une telle organisation il y a rupture entre l'intérêt de l'entreprise et celle de la collectivité, entre la logique du marché et celle de la démocratie. Ainsi la démocratie qui semble se répandre partout n'a plus aucun sens et dissimule le totalitarisme naissant des régimes globalitaires dont la seule loi est le profit pour les plus riches et un retour aux inégalités et à la pauvreté pour les autres.

La standardisation de la culture, l'abrutissement et l'aliénation des masses par l'information et les médias conduisent l'homme vers une déshumanisation et une régression.

Les gouvernements semblent démunis devant le pouvoir des marchés, c'est-à-dire les maîtres de la géofinance qui sont les gestionnaires des fonds de pension et des fonds communs de placement. Sans doute le pouvoir échappe-t-il aux hommes d'états mais ne peut-on dénoncer cependant leur inconscience lorsqu'ils acceptent les règles des financiers sans en dénoncer les risques pour les citoyens ? La corruption et le profit règnent également chez les hommes politiques qui, s'ils ont moins de pouvoir, ne semblent pas encourager une résistance devant la montée du totalitarisme des régimes globalitaires. Un gouvernement intègre et soucieux de la démocratie pourrait, grâce aux formidables moyens de communication actuels favoriser une prise de conscience des hommes afin de les mobiliser pour lutter contre cette progression vers le chaos. Mais les humanistes ne courent plus les rues de nos jours. L'auteur semble presque excuser les états qui "sont dépourvus de moyens pour freiner les flux formidables de capitaux, ou pour contrer l'action des marchés contre leurs intérêts et ceux de leurs citoyens". Mais ne pourraient-ils pas "éduquer" leurs citoyens au sens d'une prise de conscience des risques pour l'avenir ? Ne pourraient-ils pas prendre leur responsabilité et résister aux marchés en les dénonçant par une véritable information auprès des citoyens ? Ne pourraient-ils pas appeler à la réaction, à la dissidence des citoyens en les encourageant à faire prévaloir leurs droits ?

. Le système PPII : les dogmes de l'idéologie globalitaire

 

Désormais, les deux modèles mondiaux sont la communication et le marché. D'une part il faut remplacer l'idéologie du progrès au sens d'une évolution de la vie dans tous ces domaines par l'idéologie d'une communication qui, au lieu de favoriser l'évolution de l'être, l'aliène et le conditionne à accepter son sort. Selon l'auteur, le pouvoir des médias et de la communication échapperait, lui-aussi, au pouvoir de l'état. D'autre part il faut remplacer le modèle de la machine comme système d'organisation dont les mécanismes et le fonctionnement assurent l'évolution d'un système par celui du marché. On passe d'un modèle de partage et de solidarité à celui de la rentabilité, de la compétitivité et du chacun pour soi.

Un nouveau système se met en place : le système PPII qui stimule toutes les activités ayant quatre qualités principales : planétaire, permanent, immédiat et immatériel. Ces activités sont les finances, le commerce, la culture et les médias. Ce nouveau système, avec ses deux modèles directeurs : communication et marché, impose peu à peu la manière de penser la réalité de notre fin de siècle et tente d'introduire, après les régimes globalitaires et la mondialisation, une pensée unique faisant croire que seuls les critères du marché permettront aux sociétés de survivre en essayant d'anesthésier la possibilité de discrimination par un conditionnement de masse imposé par le pouvoir des médias.

 

. Irrationnel et intolérance

Dans les sociétés où domine une rationalité en décomposition, les citoyens se tournent vers l'irrationnel et cherchent ailleurs du sens à leur existence. Ainsi "l'actuelle rationalité économique méprisante pour l'homme favorise la montée d'un irrationalisme social". L'auteur semble définir l'irrationnel social par un retour à la croyance, au magico-religieux marquant la résurgence d'affects collectifs archaïques. Les gens, désespérés devant une démocratie qui les trahit et un progrès qui favorise désormais seulement l'inégalité, se tournent donc vers des paradis artificiels tels que la drogue, l'alcool ou vers les parasciences et les pratiques occultistes. Selon l'auteur l'augmentation des films catastrophes serait également le signe de l'entrée d'une société industrielle dans une ère d'angoisse sociale et le spectacle du sport permettrait de défouler l'agressivité contenue et intériorisée.

Les difficultés économiques et sociales actuelles pousseraient donc les individus vers une quête irrationnelle pouvant déboucher sur une montée du nationalisme telle que l'a connue l'Allemagne avec le nazisme qui s'était enraciné dans une Allemagne en désarroi. L'égoïsme du rationnalisme risque donc, aujourd'hui encore, de provoquer une montée de la pensée magique comme nouveau phénomène religieux. C.G. Jung a essayé de montré, dans son oeuvre, que ce retour à la croyance était le fait d'un effet-masse extrêmement dangereux faisant régresser dans l'inconscient souvent possible parce que l'individu ne connaît qu'une partie de lui-même et qu'il ne connaît pas la totalité de son être. Ainsi il y a une quarantaine d'années déjà Jung disait que c'est "par la tâche éthique d'individuation qui incombe à l'homme d'aujourd'hui que la conscience socio-politique de l'humain peut se transformer et s'élever"

L'auteur tente de nous montrer que dans une telle période d'incertitude, les hommes ont besoin de retrouver du sens à leur existence et qu'ils peuvent être facilement manipulables par un esprit illuminé et en quête d'absolu risquant de désigner les gens d'ethnies différentes comme responsables de la dégradation économique d'un pays. Il est clair que l'histoire nous a montré combien le fanatisme pouvait s'emparer d'une nation lorsqu'un homme ayant succombé à la toute puissance et étant sous l'emprise d'une vérité idéologique intérieure puissante parvenait à faire rayonner ses idées.

Il est clair que la montée du nationalisme est le résultat des graves problèmes économiques actuels mais aussi de cette tentative de nier les différences culturelles en imposant une standardisation à travers le monde. Clair aussi qu'il y a danger de guerres ethniques et l'histoire récente de l'ex-Yougoslavie nous l'a hélas montré. Il est vrai que la montée de l'irrationnel peut favoriser, à travers un homme sous l'emprise d'un désir de toute puissance et d'une forte idéologie de pureté ethnique, culturelle ou religieuse, la haine raciale et une certaine folie humaine. Ceci est très vrai et C.G. Jung a très bien montré comment, dans des périodes de difficultés sociales, les hommes pouvaient succomber à un inconscient collectif destructeur et néfaste.

Cependant, il a aussi montré que l'inconscient collectif est porteur de prise de conscience et de valeurs positives ; qu'il peut agir de façon compensatoire . Ainsi, dans un monde tel que le nôtre, en perte complète de valeurs et en décomposition, ce que l'auteur nomme l'irrationnel peut aussi correspondre à un profond désir de retrouver un centre, un équilibre, ainsi qu'une certaine intégrité. Il ne s'agit plus alors d'une émergence de l'irrationnel mais du non-rationnel, c'est à dire d'une pensée symbolique pouvant conduire à une prise de conscience réelle et ouvrant au spirituel, au suprarationnel que nous définissons comme la transcendance de l'être humain vers des valeurs plus hautes. Nous voyons aujourd'hui, à travers ce que l'auteur nomme la montée de l'irrationnel, également une ouverture au non-rationnel, au symbolique que l'auteur oublie de mentionner et qui peut conduire vers une certaine quête de sens, de valeur qui émerge et qui va davantage vers l'acceptation de l'autre et de ses différences que vers un désir de le détruire. "Nous n'aurons jamais de l'inconscient, à de rares exceptions près, qu'une connaissance indirecte, médiate, à travers un instrument privilégié : le symbole" .

Bien évidemment cette montée de l'irrationnel et du non-rationnel peut mener à l'une ou l'autre de ces deux extrêmes . Cependant pour éviter tout débordement dans le sens d'une montée du rationalisme, l'éducation a un rôle à jouer. La situation actuelle ne provient-elle pas d'une éducation contemporaine qui a nié l'irrationnel et favorisé la scientificité, le rationalisme pur et dur. N'est-ce pas parce que l'homme moderne a nié une partie de lui-même qu'il construit aujourd'hui une société de robots qui va vers sa destruction ? La croyance de la modernité n'a t-elle pas enfermé l'homme au lieu de le libérer ? N'est-ce pas parce que les hommes sont malades que la société est malade ? C. G. Jung, une fois encore, avait prévu ce qui arrive aujourd'hui. "L'individu, avec la multiplicité de ses tendances et de ses composantes, constitue en tout point un microcosme social".... "C'est à partir de l'individu, unité de base de la société, que se crée par sommation la dissociation collective"..."La séparation d'avec sa nature instinctive conduit immanquablement l'homme civilisé à un conflit entre le conscient et l'inconscient, l'esprit et la nature, le savoir et la croyance, c'est-à-dire à une scission de son être qui devient pathologique au moment où, les choses ayant été trop loin, le conscient n'est plus capable d'imposer à la nature instinctive de nouvelles oppressions ou de nouvelles négligences. L'accumulation d'individus qui ont atteint ce stade critique déclenche un mouvement de masse qui se donne l'allure d'être le défenseur des opprimés."

Un autre grand visionnaire, Sri Aurobindo, avait prévu la fracture sociale actuelle et indiqué qu'une éducation basée sur la reconnaissance de la globalité de l'individu était nécessaire à l'équilibre de l'homme mais aussi du monde.

Ainsi, la situation générale de désillusion et la sensation de vivre dans un monde inhumain favorisent la montée de la xénophobie et du racisme. C'est bien par l'information qu'un pays ethniquement pur est une illusion, par une éducation de masse à l'acceptation d'un métissage culturel dans le respect des différences qu'il est possible de lutter contre cette montée du rationalisme. Les intellectuels de tous les pays ne devraient-ils pas prendre conscience des enjeux planétaires actuels et se battre pour une éducation différente ?

Devant la progression des inégalités et de la pauvreté accentuées par la politique du marché et la mondialisation, il devient donc urgent de réagir et de s'interroger sur le moyen d'associer croissance économique et lutte contre les inégalités et de trouver comment échapper au paradoxe qui fait qu'un pays s'enrichit alors que ses habitants s'appauvrissent.

Si ces questions fondamentales ne sont pas prises en compte et résolues la voix des pauvres se fera de plus en plus entendre jusqu'au moment où viendra le temps de la révolution.

 

. Le rôle de la culture ?

 

Nous sommes au coeur d'une époque carrefour où toutes les données de fonctionnement du monde se modifient. Ceci oblige à la remise en cause des certitudes les plus profondes et d'une compréhension des nouveaux paramètres qui surgissent. Nous sommes en train d'évoluer d'un monde de déterminismes simples vers un monde complexe et incertain. Ainsi la crise économique actuelle est aussi une crise démographique et culturelle.

Économique à cause des deux nouveaux modèles dirigeant le monde : la communication et le marché, démographique du fait que l'Europe a un taux de fécondité très insuffisant pouvant conduire à terme à sa disparition. Culturelle aussi à cause des pressions qui détruisent et réduisent le rôle des intellectuels. Dans un monde où la science détient seule la vérité il est essentiel que les hommes de culture puissent être entendus sur des problèmes déontologiques et éthiques que posent les nouvelles technologies et la mondialisation. Le rêve de bien des intellectuels d'une société bâtie sur les vertus de la démocratie, sur l'éthique et la responsabilité dont le but est le sens de la communauté et le respect de l'autre est détruit par une société axée désormais sur le profit, le pouvoir, la corruption générale, mais ils ne doivent pas pour cela renoncer. Le rôle des intellectuels est essentiel pour faire prendre conscience de la situation aux citoyens et les aider à devenir dissidents. Leur rôle est également de remettre en cause l'éducation actuelle encore entièrement basée sur le rationalisme et la scientificité. Ils doivent cheminer vers une éducation qui prend en compte la totalité de l'individu afin que ce dernier retrouve son unité intérieure, son centre. C'est à cette condition que la société et le monde pourront eux-mêmes retrouver leur unité et leur centre. Comme l'a tant dit Krishnamurti, nous sommes le monde et le monde est nous. C'est uniquement par une prise de conscience massive des individus et par un changement individuel que le monde peut évoluer vers une issue moins chaotique.

 

. La société d'information

La révolution technologique actuelle des techniques d'information (transmission à la vitesse de la lumière, numérisation des textes, des sons et des images, généralisation de l'informatique, la mise en réseau, etc...) transforme la société de consommation en une société d'information chamboulant peu à peu l'ordre du monde. Les multimédias rayonnant sur le monde entier deviennent un domaine stratégique pour la politique, la technologie, l'industrie et la culture par la réunion du téléphone, de l'ordinateur, de la télévision et du satellite. Cette explosion en matière de communication devrait être favorable à l'éducation et mise au service des hommes, cependant la globalisation des marchés et des circuits de la finance conduit à une déréglementation menant vers une perte de pouvoir des états donnant aux entreprises et au marché une toute puissance pour ce qu'ils nomment la liberté d'expression commerciale au détriment de la liberté d'expression des hommes. Ainsi, les disparités sociales provoquées par l'économie de marché et la mondialisation risquent fortement d'être renforcées par l'ère de l'information. Selon l'auteur, ceux qui parviendront, à l'échelle planétaire, à contrôler les secteurs des ordinateurs, du téléphone et de la télévision et à régner sur le réseau internet, domineront le monde. Ainsi, il est illusoire de s'imaginer que plus il y a de communication dans une société et plus il y a d'harmonie sociale car la communication ne constitue par un progrès social, surtout lorsqu'elle est contrôlée par les grandes firmes commerciales du multimédia qui ne pensent qu'au profit, à la rentabilité et qui accentuent les inégalités et le conditionnement.

Ainsi, l'ère internet, si elle constitue un progrès technologique et une possiblité de meilleure communication et de partage de l'information, des savoirs, etc..., ne peut réellement contribuer à l'amélioration de la démocratie que s'il y a une lutte des citoyens contre la mondialisation que préparent les multimédias et qui visent à la libération totale du marché avec tout ce que cela implique de risque et de destabilisation .

 

5 - Ce que l'auteur cherche à nous dire

 

Ignacio Ramonet tente de nous faire prendre conscience de la situation du monde actuel afin de nous placer devant nos responsabilités de citoyens. Il nous montre qu'en cette fin de siècle l'économie tend à se mondialiser et qu'elle repose sur l'idéologie d'une pensée unique écartant le pouvoir des états, donc des citoyens sur la démocratie en le remplaçant par le pouvoir des marchés basé sur la rentabilité, le profit, la compétitivité, la productivité, le libre échange, les inégalités, etc... Il nous indique que cette mondialisation repose sur la puissance des médias de masse en pleine expansion grâce ou à cause des nouvelles technologies de communication risquant d'aliéner l'homme plutôt que de l'aider dans son évolution. Une économie et une culture globale s'installent et tentent d'imposer un modèle standard niant les différences. Cependant, devant la montée de la pauvreté et l'inégalité sociale, certains pays risquent de se retourner vers ceux qui sont " différents " pour expliquer la crise économique et le nationalisme pourrait retrouver de la vigueur.

De plus en plus, cependant, les hommes prennent conscience que la politique, l'économie, la société, la culture, l'écologie sont liées. Nous ne pouvons donc plus nier un certain hoslisme du monde, ni la complexité que cela entraîne pour comprendre les mécanismes de ce monde. Cependant accepter de voir une certaine unité du monde alors que depuis longtemps tout reposait sur la fragmentation, ne signifie pas qu'il faille nier les différences. De plus, la reconnaissance des intéractions entre tous les secteurs de la vie n'autorise pas à nier certains pays ou certaines régions de la planète. Or, la politique des marchés et de la communication mondiale est un leurre et concerne uniquement les pays riches et équipés des structures nécessaires à un tel modèle tout en niant les pays les plus pauvres et en trahissant la démocratie par une augmentation des injustices et de la pauvreté.

Une telle révolution technologique et économique risque donc de créer aussi une remise en cause du pouvoir politique et de la démocratie, les citoyens ne pouvant plus intervenir, par leur vote, dans le domaine décisif de l'économie placée hors d'atteinte des gouvernements.

La prise de conscience que tous ces changements risquent de mener le monde vers le chaos, devrait inciter les hommes à la discrimination et à la dissidence afin de préserver la démocratie dans son sens absolu. Mais cela suppose un retour à l'éthique, à l'intégrité, à la responsabilité, à la tolérance et à la lucidité.

L'homme est-il prêt à regarder le monde tel qu'il est ? Est-il prêt à accepter de voir combien notre planète est malade, tant sur un plan écologique, qu'économique, politique, culturel, humain... . ? Est-il capable de prendre conscience que c'est lui-même qu'il détruit en détruisant la planète ? Le pessimisme et le non sens semblent actuellement l'emporter sur l'optimisme et le sens mais si chacun, individuellement, prend conscience de ce qui se passe actuellement et des risques pour l'avenir, alors peut-être que chacun, individuellement, pourra avoir une action sur le monde car, Krishnamurti nous l'a souvent dit : vous êtes le monde et le monde est vous. Ce message est repris aujourd'hui par bien des physiciens quantiques avec le concept de non-séparativité. Peut-être peut-on espérer que les intellectuels ne renonceront pas à remettre en cause la scientificité et la rationalité toute puissance pour aider les masses à s'ouvrir à une autre vision du monde qui, si elle tend aussi vers la globalisation et la mondialisation, saura respecter les différences et prendre conscience que le marché et la communication tels qu'ils sont envisagés n'apporteront que le chaos et non l'harmonie.

 

6 - La géopolitique du chaos et moi

 

je n 'avais pas besoin de lire ce livre pour prendre conscience des difficultés du monde actuel mais il a eu le mérite de me replacer devant une certaine réalité difficile qui fait atrocement souffrir quand on la regarde avec lucidité et qu'on se sent relié au monde et aux hommes.

Ainsi, plus que jamais, je suis consciente de mes limites et de ma petitesse face à la montée du chaos. Que faire pour être dissident et lutter contre ce qui peu à peu tente de s'installer ? Il me semble que c'est à travers ma façon d'être et dans mon rapport à l'éducation, au quotidien, qu'il m'est possible d'apporter ma petite contribution en essayant d'éveiller les hommes à une plus grande conscience d'eux-mêmes et du monde dans lequel ils vivent.

Actuellement, on passe d'une vision linéaire, fragmentée, simple du monde à une vision circulaire, globale et complexe menant à cette mondialisation dont nous parle Ignacio Ramonet. Ce changement semble s'appuyer sur les concepts développés par la théorie générale des systèmes et les découvertes des physiciens quantiques sur la non-séparativité. Cependant, s'il semble évident que le monde peut être considéré comme un tout dont l'ensemble des parties est relié et interdépendant et que le système mondial est une totalité apparaissant comme une réalité plus complexe que la somme de ses éléments, il repose toujours sur une vision dualiste du monde dans laquelle il semble difficile de trouver l'équilibre. Ainsi la rétroaction négative tend à maintenir le système dans une certaine stabilité et la rétroaction positive tend à amplifier l'écart entre l'état de stabilité et le déséquilibre. La géopolitique du chaos tend à montrer que la rétroaction positive, si elle pousse au changement, conduit également à la déstabilisation du système et peut conduire à sa destruction malgré sa conception holistique.

Nous pensons que cette vision globalisante du monde, reposant sur un principe duel, peut être dépassée par une vision unitaire du monde, reposant sur un principe trinitaire, dans lequel serait prise en compte la notion d'énergie comme force transcendant la dualité. Cette conception du monde est valable tant pour l'homme que pour le monde, puisque l'homme est le monde et que le monde est l'homme (non-séparabilité). Mais cela suppose la prise en compte de ce que les hommes de sciences nomment le non-rationnel, l'inconscient, la subjectivité, la pensée symbolique et qu'ils ne semblent pas encore prêts à accepter aujourd'hui. Il semble, au contraire, que les concepts de non-séparabilité, de globalisation, d'unité soient utilisés par des hommes qui s'en servent, non pas pour les comprendre afin d'améliorer la vie, mais uniquement pour mettre à profit leur désir de toute puissance et de profit. En effet il ne s'agit pas, dans une conception trinitaire du monde, de passer d'un monde de fragmentation à un monde unitaire où la dualité continue d'entretenir un conflit entre les hommes, les nations, et tout ce qui touche à la vie, mais de transcender la dualité et la non-dualité pour découvrir autre chose servant la vie et son épanouissement à tous les niveaux car le réel est au-delà de la dualité et de la non-dualité. Cela passe, avant tout, par un éveil individuel des êtres, une prise de conscience que le réel n'est pas cette réalité d'un monde allant vers le chaos. Cela suppose d'affronter l'intolérable, de devenir lucide, responsable et autonome et je ne sais pas si les hommes sont prêts à cheminer vers cela.

Sans doute est-ce le rôle de l'éducation d'aider les hommes à s'ouvrir à une autre vision du monde, à prendre conscience de leur aliénation et de leur ignorance mais, ici encore, bien du travail reste à faire, à commencer par une remise en cause complète de l'éducation et des éducateurs eux-mêmes.

 

Notes

 

Edgar Morin, Introduction à la complexité, p. 49.

Michel Random, La pensée transdisciplinaire et le réel", Paris, 1996, Édition Dervy. "Le fameux paradoxe d'Einstein-Podolsky-Rosen a été expérimentalement prouvé par Aspect. Et c'est ce que révèle l'expérience d'Aspect en 1983 qui montre qu'effectivement il y a des relations, pas de communication par signaux, mais des corrélations, des influences immédiates entre unités microphysiques qui dans un sens ne sont plus séparées par le temps et l'espace, où n'existe plus une limite à toute relation entre corps physiques, par exemple celle de la vitesse de la lumière. Cela nous montre que tout ce qui est séparé est en même temps inséparable. Depuis, inséparabilité et séparabilité sont deux faces du réel". Edgar Morin, p. 95. Ainsi, les trois piliers de la modernité, "l'ordre, la séparativité et la soi-disant rationalité fondée sur la logique classique, sont atteints. Ca ne veut pas dire qu'on va remplacer l'ordre par le désordre, la séparativité par la non-séparativité et la logique par n'importe quoi ! Ce que j'appelle le traitement complexe, la pensée complexe, c'est celle qui conçoit l'union de l'ordre, du désordre et de l'organisation. C'est l'union de la séparativité et de la non-séparativité". Edgar Morin, p. 97. "La logique formelle de Lupasco entraîne d'une manière inéluctable la non séparabilité" : ..."Il n'est pas d'élément, d'événement, de point quelconque au monde qui soit indépendant, qui ne soit dans un rapport quelconque de liaison ou de rupture avec un autre élément ou événement ou point, du moment qu'il y a plus d'un élément ou événement ou point dans le monde. Tout ainsi est lié dans le monde... Si le monde, bien entendu, est logique". Basarab Nicolescu citant Lupasco, p. 274.

Ignacio Ramonet, Géopolitique du Chaos, 1997, Paris, Galilée, p 29.

Organisation des Nations Unies.

C.G. Jung a montré comment l'homme pouvait succomber à une grande inflation de lui-même en étant sous l'emprise de son inconscient ce qui peut le mener au sentiment d'une grande supériorité. Il a montré aussi combien l'homme est un loup pour l'homme et a manifesté son inquiétude pour l'avenir du monde et de l'humanité dans son dernier ouvrage. Voir Présent et avenir, Paris, 1962, Buchet/Chastel.

Alfred Adler a fondé tout son travail sur l'idée que l'homme est aux prises avec un désir de toute puissance, une volonté de toute puissance pouvant le mener, s'il y succombe et s'il en a la possibilité, à l'aliénation complète des autres hommes. Voir son livre, Le sens de la vie, Paris, 1933.

Le concept d'individuation a été élaboré par Jung et défini comme un processus d'élargissement de la conscience humaine pourvant survenir par un travail de connaissance de soi menant à une confrontation avec son inconscient.

Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré, Paris, 1998, Albin Michel, p. 36.

C.G. Jung, Essai d'exploration de l'inconscient, Paris, 1964, Robert Laffont.

Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré, Paris, 1998, Albin Michel, p. 51.

Voir le livre de Michel Lacroix, L'idéologie du new âge, Paris, 1996, Flammarion, qui fait le point sur cette délicate question?

C.G. Jung, Présent et avenir, Paris, 1962, Buchet/Chastel, p. 1O8 et p. 117