Le GRAPPE fait partie du Centre de Recherche sur l'Imaginaire Social et l'Éducation de l'Université Paris 8 (CRISE)
LE GRAPPE
L'anthropologie poétique de l'éducation
Mais c'est en poète que l'homme habite sur cette terre
F. Hölderlin
L'anthropologie poétique de l'éducation est la partie
des sciences de l'homme et de la société qui vise à
l'étude des processus de relations humaines, des formes de sociabilités
et des systèmes de valeurs, notamment des cultures lointaines ou
"autres", dans leurs rapports à la sensibilité symbolique
et mythique de l'être humain considéré comme un apprenant
en éducation permanente. Elle tente de comprendre plus que d'expliquer
les mécanismes de création propres aux personnes et aux groupes
sociaux en liaison avec la question de l'imaginaire et débouche
sur une écoformation, une compréhension des liens étroits
entre l'homme et la nature, pertinente pour notre époque.
Depuis 1990, un certain nombre de chercheurs en sciences de l'éducation
de l'Université Paris 8 ont tourné leurs intérêts
de recherche vers les champs de l'anthropologie culturelle, de la vision
mythopoétique et de l'écologie appliquées à
l'éducation.
Nous partons du postulat déjà formulé, plus haut,
par la poète allemand Friedrich Hölderlin. Ce principe doit
être pris dans toute son ampleur existentielle.
- L'histoire des sociétés et des cultures humaines nous
renseigne sur sa pertinence et sur sa longévité. Nous avons
à apprendre à vivre avec nos mythes et nos symboles, comme
nous le propose Edgar Morin.
- L' activité créatrice de l'être humain, fondée
sur son "imagination radicale" (Cornelius Castoriadis) et exprimée
par les différentes disciplines artistiques et poétiques,
est traduite quotidiennement dans les pratiques individuelles et sociales
et demande à être dégagée et pensée dans
une perspective instituante de l'organisation sociale.
- La vision proprement "poétique" de la vie nous conduit à
évaluer notre action sur le monde naturel et social et à
proposer une "écologie politique" de l'éducation et une "éco-formation"
(Gaston Pineau), animée par une nouvelle philosophie de l'éducation.
Les champs de recherche et de formation du GRAPPE
1°) Le premier champ de recherche de ce Groupe s'ouvre sur l'Anthropologie
culturelle de l'éducation.
Il s'agit d'étudier les univers symboliques des "cultures autres",
des cultures lointaines, en particulier des civilisations orientales, à
partir du postulat inspiré de Hölderlin.
- En quoi les cultures en question développent-elles une vision
du monde qui permette à l'être humain de dynamiser son rapport
à la nature et à la société autrement que par
la destruction et la pollution généralisée de la vie
individuelle et collective.
- Ces cultures peuvent-elles nous apprendre quelque chose d'autre sur
le sens d'une éducation réellement reliée à
un projet communautaire ?
- Les personnalités et les groupes sociaux de ces cultures peuvent-ils
être connus pour nous conduire vers une interpellation sur nos propres
modes de vie, sur nos propres tendances à l'individualisme ?
- Mais également quelles sont les limites logiques d'une référence
à ces cultures dans notre modernité ? Que peut-on retenir
et que doit-on rejeter des mythes et des symboles qui tissent la vie quotidienne
de ces sociétés ? Le système de contraintes inhérent
à toute tradition n'est-il pas un frein, voire un blocage, à
l'expression de la vie prise dans son devenir démocratique ?
2°) Un deuxième champ de recherche de ce Groupe vise à
développer la pratique créatrice des éducateurs dans
une visée de recherche-action existentielle, conjuguant l'action
et la réflexion sur l'action. Il s'agit bien là de mettre
en pratique des activités d'expression artistique et poétique
et d'y réfléchir sous l'angle de l'éducation.
Les Sciences de l'éducation manquent cruellement de réflexion
en ce sens. Notre Groupe a pour objectif à la fois de développer
ce qui existe déjà et d'inventer de nouvelles formes d'expression
et de recherche, en proposant une théorisation en acte des pratiques
artistiques et poétiques appliquées à l'éducation.
Il incite également les chercheurs à étudier les rapports
entre l'éducation et ces voies d'expression de la sensibilité
humaine, dans l'institution scolaire et universitaire mais également
dans des organisations industrielles, sociales ou culturelles, voire dans
celles qui sont plus ou moins marginalisées liées à
l'éducation informelle.
3°) Enfin le troisième champ de recherche explore les rapports
entre la formation et l'écologie dans notre modernité. Que
pouvons-nous faire, concrètement, dans le domaine éducatif,
pour aller vers une prise de conscience du postulat de Hölderlin ?
Comment développer ou créer des cursus de formation qui permettent
une véritable éducation écologique pour notre temps
?
En quoi cette prise de conscience s'ouvre-t-elle sur une visée
du "politique" différente et sur une répartition "autre"
des biens et des services dans la communauté humaine ?
Le Groupe soutient toutes les recherches allant dans le sens des trois champs proposés précédemment. Il insiste sur l'importance de recherches, soit fondamentales, soit de type "recherches-actions". Il peut répondre, dans une visée formative ou de recherche, à toutes les organisations éducatives, économiques, sociales ou culturelles désireuses d'agir dans ce sens.
Trois groupes de recherche, dirigés par René Barbier,
fonctionnent depuis 1992 avec ces objectifs :
- Le Groupe de Recherche sur l'EcoFormation (G.R.E.F.) travaillant
sur "l'eau et l'éducation", en codirection avec le professeur Gaston
Pineau, de l'Université de Tours, qui propose une première
investigation de ce qui pourrait devenir une voie ouverte vers un cursus
d'écoformation
- Le G.R.E.K. (Groupe de Recherche sur l'Enseignement de Krishnamurti)
: Une recherche fondamentale entreprise par René Barbier et des
étudiants-chercheurs de 3eme cycle, en relation avec une activité
d'enseignement en sciences de l'éducation à l'Université
Paris 8, sur la vision éducative de Jiddu Krishnamurti (1895-1986).
Organisation d'un symposium international à l'université
Paris 8, les 29 et 30 mai 1995, sur Krishnamurti et l'éducation
à la fin du XX eme siècle. Sortie des Actes en 1996 (s'adresser
au Secrétariat du GRAPPE)
- Le G.R.É.M.A. (Groupe de Recherche sur l'Étude
du Métissage Axiologique) qui vise à approcher le conflit
actuel des valeurs planétaires en fonction des confrontations interculturelles
Orient/Occident et en vue d'une délimitation d'une notion heuristique
: le "métissage axiologique" comme création d'un système
symbolique au sein de l'imaginaire social contemporain. Organisation d'une
Journée d'études en mai 1996 sur "Éducation et cultures
"autres". Actes en cours de publication.
- Des recherches sur les relations entre "poésie et école",
"écoute poétique et champ de la santé"...
- Une recherche fondamentale sur la question de l'Imaginaire dans les
théories en Sciences humaines (en cours)
- recherche-formation en cours sur l'écoute anthropologique
des mourants dans le cadre de la formation de personnel hospitalier (en
cours)
- recherche-action sur les pratiques poétiques de lycéens
dans un grand lycée parisien (en cours)
- recherche sur l'information des étudiants ingénieurs
quant à leurs connaissances de la question environnementale dans
les grandes écoles d'ingénieurs (en projet)
GRÉMA-Asie
(2001)
GROUPE DE RECHERCHE
ET D'ÉTUDE SUR LE MÉTISSAGE AXIOLOGIQUE
(Sagesses de modernité
- Orient/Occident)
Sous la direction du Pr. René Barbier
Présentation
1- L'intensification des rencontres entre nations et cultures à
l'échelle mondiale fait de la confrontation des Valeurs l'enjeu
majeur de notre époque.
Découlant de l'expansion de l'Occident colonial, la pénétration
des valeurs occidentales dans les pays de structures traditionnelles introduit
une nouvelle situation provoquant une crise au niveau des pôles les
plus constitutifs de leur identité culturelle. Cette situation met
en relief la résistance de la &laqno;Tradition» dans ces
pays. Celle-ci revendique sa légitimité, sa validité
et sa place. La rencontre de la Tradition avec les effets envahissants
de la Modernité occidentale paraît ainsi à l'origine
d'une confrontation des valeurs. La mondialisation, en proposant un nouveau
cadre à ce phénomène, révèle l'urgence
de son traitement.
Cette confrontation s'inscrit dans le domaine de la société
en général, et de l'Éducation en particulier. L'école
paraît comme son bassin le plus manifeste.
Mais comment s'articule cette confrontation?
Chaque pays, chaque &laqno;aire culturelle», impose son propre
registre identitaire dans le rapport qu'il établit avec les valeurs
de la modernité pénétrante. Ce rapport produit, dans
une réciprocité, une composition des valeurs, mais une composition
conflictuelle, chargée d'une tension profonde entre les éléments
de la Tradition résistante, et ceux d'une Modernité destructrice,
en principe hostile à toute Tradition. Cette composition ne peut
être ni tout à fait de la Tradition, ni de la Modernité
en tant que telle. Elle ne peut être ni totalement contre la première,
ni contre la deuxième. Elle est le fruit immédiat de la confrontation
des valeurs ; elle est inédite.
Mais comment cette composition se construit-elle ? et une fois faite,
quels seraient son &laqno;sens» et son contenu ? Que veut dire
la "confrontation des valeurs" ? Quelles sont les pistes les plus immédiates
; et comment s'organise cette tension? Comment l'Éducation la reçoit-elle
? et comment compose-t-elle, en son sein, avec cette diversité des
valeurs ?
Le &laqno;Métissage Axiologique» correspond à
cette réalité. Il revendique avant tout la reconnaissance
de la Tradition en tant que composante majeure de l'identité des
civilisations historiquement non-modernes, et celle de la Modernité,
en tant que réalité irréfutable. Toutes deux appartiennent
à l'humanité.
Le métissage culturel est un terme peu employé dans la
littérature sociologique ou anthropologique contemporaine. Bien
qu'on parle volontiers de "métissage" chez les philosophes ou les
journalistes, le mot est peu usité, et peut-être considéré
comme tabou dans les sciences humaines. On lui préfère les
termes d'intégration, de choc culturel, d'assimilation, d'interculturalité,
de transculturel, de multiculturalisme, de mosaïque culturelle etc.
Nous revendiquons l'emploi des termes de métissage culturel,
de métissage axiologique, en précisant le sens de ces concepts.
Le métissage culturel est ce brassage des système symboliques
relativement hétérogènes les uns aux autres et conduisant
d'une manière toujours inachevée, vers la création
d'une structure symbolique d'un nouveau genre totalement original.
Le métissage axiologique représente au sein du métissage
culturel tout ce que ce brassage signifie sur le plan des valeurs existentielles,
et en particulier, tout ce qui fait sens d'une façon absolue pour
une personne ou un groupe, tout ce qui le rattache à la vie.
Dans cette perspective quelle est la place et la fonction de l'autre,
de l'altération ?
L'autre m'oblige à me reconnaître, à contempler,
à apprécier mon identité culturelle, parfois jusqu'à
la position défensive.
Mais également il me met face à un manque à être
inhérent à toute inscription sociale et culturelle nécessairement
relative et arbitraire.
L'autre impose ainsi chez moi le jeu d'une dialectique entre soi et
non-soi, entre moi et l'univers. Il est le moteur de tout changement. Sans
autrui, je ne suis rien qu'une poussière isolée sur un fil
invisible et infini. Avec l'autre je ne suis plus séparé,
je me vis comme un trait d'union, un système de relations.
L'autre - par son visage tour à tour inquiétant et lumineux
- m'oblige à me reconnaître essentiellement comme une totalité
processuelle et interactive. Grâce à l'autre je voyage à
l'intérieur de moi-même comme un grain de lumière,
à la fois onde et corpuscule.
L'autre est le Grand Dérangeur de sens. D'un mot, d'un geste,
d'un comportement minuscule, il surprend ma naissance en tant qu'être
de culture. Il fait trembler ma maison intérieure où tout
était en ordre depuis des générations.
Mais cet ordre n'était-il pas qu'un désordre établi,
une illusion dangereuse ?
Avec l'autre s'ouvre la porte de la connaissance de soi. Ce qui pénètre
à l'intérieur de ma maison, de mon ordre culturel intériorisé,
c'est le vent du large. Cet ouragan relativise toutes les microsignifications
de mon existence instituée.
La rencontre interculturelle est toujours une petite explosion nucléaire
dans l'univers du sens.
Nul ne saurait contrôler ses réactions en chaîne.
Car ce sont les valeurs qui sont en question, celles qui structurent mon
implication, c'est-à-dire ce qui me rattachent à la vie.
Une seule rencontre et tout s'ébranle, se fissure, se brise
et peut s'écrouler. C'est la crise culturelle avec - comme disent
les anciens Chinois - les deux dimensions de la crise : danger et opportunité.
Si tout en moi résiste, se barricade, prend les armes pour défendre
mon territoire intérieur considéré comme absolu, alors
c'est la mort pour l'autre ou pour moi-même. A moins que nous n'entrions
dans un rapport maître-esclave.
Si, au contraire et plus heureusement, je considère l'opportunité
de cette rencontre pour une visite évaluative de mes certitudes,
alors ce peut être la voie d'un changement profond et l'ouverture
sur des régions d'existence imprévisibles et fructueuses.
Avec l'autre trois dialectiques peuvent se mettre à l'oeuvre
suivant que nous considérons défavorablement ou favorablement
la totalité dynamique de notre univers interculturel commun (François
Perroux, Henri Janne).
- Une dialectique de l'antagonisme. Dans ce cas les parties l'emportent
sur le tout. C'est le "moi d'abord", ou "après-moi le déluge"
et les autres peuvent mourir, idéologie de toutes les thèses
totalitaires.
- Une dialectique du conflit si nous reconnaissons, moi et l'autre,
au moins un minimum de valeurs communes et nécessaires à
notre survie, sans nier nos particularismes, nos intérêts
singuliers. Il y a tension entre totalité et particularité.
- Une dialectique du dialogue enfin si la totalité l'emporte
sur notre univers personnel et limité.
Ensemble nous agissons pour créer dans la négociation
et l'autonomie une totalité vivante et ouverte.
Ensemble nous apprenons à créer un monde qui attendait
son heure. La dialectique du dialogue implique une conversion du regard
et du coeur. Une compréhension de l'universel qui est le signe de
toute intelligence.
Ce début de réflexion constitue la problématique du GRÉMA, le Groupe de Recherche et d'Étude sur le Métissage Axiologique (sagesses et modernité - Orient/Occident).
2- Le GRÉMA ne cherche pas à répondre immédiatement
à ces questions, mais tentera d'exposer les interrogations les plus
profondes, qui sont celles de notre époque dans le rapport entre
les civilisations. Une tentative d'analyse et de critique, mais plus encore
de compréhension, se trouve à l'origine de notre initiative.
Chaque interrogation ainsi formulée, pour qu'elle soit fondamentale,
doit admettre au moins deux délimitations : elle doit restreindre
son espace géographique, d'une part et fixer, limiter les pistes
des problèmes à traiter.
2-1) En ce qui concerne la limitation géographique, le champ
de nos réflexions s'arrête à l'Orient. Le terme évoque,
on le sait, un vaste débat. Une précision s'impose ; dans
un premier temps, l'Orient, tel que nous l'entendons, fait référence
à l'Asie géographique et historique (de la Turquie au Japon)
; dans un deuxième temps, il s'agit de tout l'Orient culturel et
spirituel. Toute Tradition contient notre &laqno;Orient spirituel».
Sous cet angle, il s'agit avant tout d'une recherche sur les "sagesses
du monde" . Par "sagesses du monde" nous entendons toutes les formes d'intelligibilité
et de sensibilité que les êtres humains, au sein des différentes
cultures, ont inventées pour symboliser et exprimer, souvent d'une
façon mythique et poétique, leurs rapports à la connaissance
de l'être-au-monde et à son mystère d'exister. Les
"sagesses du monde" ainsi conçues sont ouvertes, non seulement à
celles qui se sont fait reconnaître dans la sphère de la culture
occidentale, mais également à celles de toutes les autres
régions du monde, en particulier, en Afrique, en Asie, en Océanie,
ou dans les cultures amérindiennes.
2-2) Quant au contenu, les recherches et les études du GRÉMA
doivent se limiter aux divers domaines des Sciences Humaines en général,
et de l'Éducation en particulier.
De manière plus précise, notre préoccupation majeure
correspond à l'étude sur les civilisations.
La Modernité et la Tradition s'y représentent comme deux
axes principaux. Ainsi trois champs nous intéressent. Schématiquement
:
1- l'Orient ancien ; les sagesses des divers espaces asiatiques (notamment
le Japon, la Chine, l'Inde et la Perse historique, etc.) et africains,
ou amérindiens, et les valeurs de leurs traditions respectives.
2- La modernité occidentale ; son histoire et ses éléments
constitutifs, notamment ses crises intérieures dans son actualité,
mais aussi dans son devenir et ses contacts avec les diverses traditions
orientales influentes.
3- L'Orient d'aujourd'hui ; dans ses rapports avec l'Occident, ses
tensions internes et les nouvelles données de la confrontations
des valeurs dans ses axes les plus conflictuels à l'époque
de la mondialisation.
Voici les grandes lignes de notre groupe de recherche, le GRÉMA.
Dans ce cadre, nous demandons aux étudiants avancés, jeunes
chercheurs, enseignants et professeurs, intéressés de nous
contacter en écrivant à l'adresse suivante :
GRÉMA, Pr. René Barbier, Département des sciences
de l'éducation, Université Paris 8, Bâtiment C, 4 eme
étage. Fax F.P. R. Barbier 49406557, tel 49406564 (bur), E.mail
: barbier@univ-paris8.fr
Secrétariat du Groupe : Ata HOODASHTIAN, Boniface N'GUESSAN.
G.R.E.K.
Groupe de Recherche sur l'Enseignement de Krishnamurti
Objectifs de ce Groupe
Le G.R.E.K. est institué comme groupe de recherche universitaire
dans le cadre du département des Sciences de l'éducation
de l'Université Paris 8 (Vincennes à Saint-Denis) à
compter de la rentrée universitaire 1995. Il s'inscrit comme groupe
de recherche effectif du Centre de Recherche sur l'Imaginaire Social (C.R.I.S.E.),
laboratoire dépendant de l'institution des formations doctorales
de D.E.A.. et dépend d'un Groupe plus vaste, le Groupe de Recherche
en Anthropologie des pratiques Educatives (G.R.A.P.P.E.)
Il vise :
- à promouvoir la connaissance de l'approche éducative
du philosophe et psychologue d'origine indienne Jiddu Krishnamurti (1995-1986)
dont l'O.N.U. va célébrer cette année (1995) le centenaire
de la naissance et qui a suscité la création d'écoles
ou de centres d'études et de documentation dans divers pays (Inde,
U.S.A., Grande-Bretagne, Suisse, France, Belgique, Australie, Canada, Russie,
etc.)
- à impulser des recherches, dès le niveau de la maîtrise
en Sciences de l'éducation et jusqu'au doctorat, sur la nature,
la vision du monde, les caractéristiques essentielles, les méthodes
pédagogiques des institutions se réclamant de cette approche
éducative, les développements actuels dans le monde de cet
enseignement.
- à susciter la réflexion critique des chercheurs en
Sciences de l'éducation sur la vision éducative de Krishnamurti
à partir des acquis en Sciences anthroposociales et en philosophie
de l'éducation.
- à éditer un bulletin d'information sur l'état
des travaux de recherche et des rencontres concernant cet enseignement.
- à permettre aux étudiants et aux chercheurs de rentrer
en contact avec des personnes-ressources dans le monde entier et, éventuellement,
les aider à aller étudier sur place.
Thèmes de recherche proposés à titre indicatif
:
Sagesse, poésie et éducation : Portée et limites,
le cas de Krishnamurti.
Krishnamurti, Jean Jaurès et le sens de la réalité
sensible
Krishnamurti et Maria Montessori : l'art d'enseigner
Krishnamurti et le silence en éducation
La notion de sujet éducatif chez Krishnamurti
Les écoles "Krishnamurti" dans le monde : projet éducatif
et pratiques pédagogiques
Le sage et le sociologue : Krishnamurti, Pierre Bourdieu et le rapport
aux conditionnements.
Krishnamurti, Cornelius Castoriadis : sagesse non dualiste et psychanalyse
en éducation
Krishnamurti et Carl Rogers : le rapport à la personne en éducation
La notion d' "intelligence" chez Krishnamurti et chez Jean Piaget
L' "écouter/voir" ou l'art de l'attention chez Krishnamurti
Peut-on "enseigner" la philosophie de l'éducation de Krishnamurti
?
Krishnamurti, Gaston Bachelard, un rationalisme appliqué ?
Deux journées de symposium, fin mai 1995, sur Krishnamurti et l'éducation ont été programmées. Les Actes sont disponibles (200 p.) au prix de 100 francs (chèque au nom du GRAPPE) adressé au Secrétariat du Groupe GRAPPE : Christophe Forgeot, 5, rue du Vieux Chemin de Paris 95290 L'Isle-Adam, tel/fax 34080216
Pour tous renseignements, les personnes motivées peuvent s'adresser
à René Barbier, professeur et directeur du département
des Sciences de l'éducation,Université Paris 8, 2 rue de
la liberté 93526 Saint-Denis, tel 49406654 (fax R.Barbier, F.P.,
(1) 49 40 65 57)
Bibliographie : René Barbier, Krishnamurti, une approche radicale
pour la recherche contemporaine en éducation, Pratiques de Formation/Analyses,
Le devenir du sujet en formation : l'influence des cultures "autres" qu'occidentales,
Université Paris 8, Formation Permanente, n° 21-22, juin 1991,
233 p., pp. 193-226
GREF
Groupe de recherche sur l'écoformation
Eau, imaginaire et éducation (note de présentation)
Depuis un peu plus d'une année, Le professeur Gaston Pineau (université François Rabelais de Tours) et moi-même avons commencé une recherche fondamentale sur la problématique de l'eau, en liaison avec la question éducative de l'écoformation.
1. DE QUOI S'AGIT-IL ?
Depuis de nombreuses années, Gaston Pineau et d'autres chercheurs
se préoccupent d'instituer un nouveau champ de recherche et de formation
: l'écoformation. Cette démarche a commencé par la
publication d'un ouvrage collectif sur "l'air". Elle se continue par le
groupe de recherche que nous avons créé sur l'eau et l'éducation.
Il s'agit bien de travailler dans le sens d'une mise au jour d'une problématique
d'écoformation, c'est-à-dire de formation par et pour les
relations de l'homme à son environnement.
Nous aurons l'occasion de parler de cette orientation épistémologique
qui nous conduit, vraisemblablement, à l'introduction d'un nouveau
paradigme, celui de reliance, lié à celui de la complexité
d'Edgar Morin.
La question de l'eau, après celle de l'air, est sans doute fondamentale
puisque l'eau est un élément inéluctable de toute
forme de vie. Mais, au delà de sa dimension biologique, cet élément
s'ouvre sur une perspective imaginaire et symbolique déjà
bien reconnue par Gaston Bachelard.
2. QUI ET AVEC QUI ?
Le groupe est institué par deux professeurs de sciences de l'éducation : Gaston Pineau (Tours) et René Barbier (Paris VIII). Il se compose d'étudiants et de chercheurs de troisième cycle, venant des universités de Tours et de Paris VIII, pour la plupart, particulièrement engagés dans un travail de recherche sur l'eau, la formation et l'éducation.
3. OU ET QUAND ?
Le groupe se réunit régulièrement tous les deux mois environ. Après une période (année 1993) où nous nous sommes retrouvés à Tours, nous avons décidé d'alterner : une fois à Paris et une fois à Tours, depuis que nous avons, dans notre groupe, des étudiants-chercheurs de l'université Paris 8.
4. COMMENT ?
Dans ce paragraphe nous indiquons les grands axes théoriques
et l'axe méthodologique.
L'axe théorique glogal demeure la mise en place d'une théorisation
de l'écoformation, dans laquelle l'éducation jouera sa fonction
de mise en question du sens. Nous nous questionnons sur le peu d'importance
donnée, en sciences de l'éducation, à ces relations
de l'homme à la nature ? Pourquoi ce silence, à une époque
où nous avons pu prendre connaissance de la Conférence de
Rio de Janeiro sur l'environnement ? Il semble bien que la question de
l'eau nous entraîne vers une exploration de ses ressorts imaginaires,
symboliques et mythiques, nécessaires pour comprendre notre résistance
à agir contre la réalité de sa pollution généralisée.
C'est donc vers une ouverture théorique de l'imaginaire que nous
nous engageons, que l'un d'entre nous (René Barbier) a déjà
un peu explorée. Mais nous restons très proches, sur ce point,
de Gaston Bachelard et de Gilbert Durand, sans oublier Cornélius
Castoriadis.
Gaston Pineau insiste pour travailler la question de notre réappropriation
des éléments naturels liés à notre quotidienneté,
malgré les difficultés résultant de nos habitus, des
contraintes culturelles, sociales et politiques de toute sorte. Il s'agit
bien d'examiner l'imaginaire "matériel" qui nous fonde, mais que
nous avons pu oublier.
Une autre polarisation théorique est représentée
par l'interculturalité : l'anthropologie a-t-elle quelque chose
à nous dire sur la façon dont des cultures "autres" ont su
et pu se relier plus harmonieusement à la nature ?
Nous ne cherchons pas, pour l'instant, à formuler des hypothèses
de recherche trop systématiques. Notre enquête est exploratoire.
Elle cherche à nous "mettre dans le bain" si j'ose dire. Nous voulons
avancer d'une manière impliquée, en tenant compte de nos
affects, de nos idées, de nos représentations.
C'est la raison pour laquelle notre méthodologie est d'ordre
"existentiel". Nous allons dans le sens de l'histoire de vie, en relatant
notre propre rapport à l'eau. Nous privilégions les documents
de ce type, les récits de vie de personnes concernées par
l'imaginaire de l'eau. En même temps nous recueillons toute sorte
de documents relatifs à notre objet de recherche. Nous nous mettons
en état d' "écoute sensible" et nous explorons l'existentialité
interne des sujets face à leur rapport à l'eau. Nous sommes
comme une sorte de "caisse de résonance". Il s'agit de se laisser
prendre par l'objet, avant de la déterminer, en vue d'une investigation
plus détaillée, plus précise. Nous nous interpellons
mutuellement. Nous nous laissons porter par la culture de chacun. Mais
nous avons déjà décidé de présenter
des recherches ponctuelles, plus élaborées, sur le sujet,
en vue d'une approche spirale de l'objet.
Ce qui est important actuellement, c'est que nous cherchons sans commanditaire
et sans financement. Simplement avec notre bonne volonté, notre
désir de savoir. Nous avons de ce fait une grande liberté
et nous ne sommes pas pressés d'aboutir à un "produit de
recherche" légitimé. Nous nous donnons les moyens de recueillir
de l'information plurielle susceptible de nous aider dans la mise en oeuvre
d'un cursus universitaire en écoformation.
Pour ma part (René Barbier), j'explore surtout la dimension
symbolique, en liaison avec ma théorie de l'imaginaire tridimensionnelle
et l'approche multiréférentielle. Il m'intéresse de
savoir ce que les cultures traditionnelles pensent de cet objet "l'eau"
en rapport avec les modes de socialisation éducative. J'ai donc
été amené à systématiser les dimensions
symboliques de l'eau dans différents systèmes culturels.
Membres du Centre de Recherche sur l'Imaginaire Social et l'Éducation (CRISE)
René BARBIER, Co-Directeur du Centre, Professeur de Sciences
de l'éducation, Animateur du module d'Anthropologie culturelle de
l'éducation et Responsable du DUFA de L'Université Paris
VIII
Marie-France CARENZO-SEYLAZ, Docteur en psychologie, DEA de Sciences
de l'Education, Directrice d'une entreprise de formation
Agnès DURAFFOUR, Doctorante en Sciences de l'éducation,
tuteur de premier cycle.(GREK)
Medhi FARZAD, Docteur en Sciences de l'éducation, chargé
de cours au département des Sciences de l'éducation de l'université
Paris 8 et au Collège Coopératif, rédacteur en chef
de la revue P.E.P.S. (travail social) (GRÉMA)
Bernard FERNANDEZ, DEA de sociologie, diplômé de l'Institut
National des Langues et Civilisations Orientales (I.N.A.L.C.O.), D.U.F.A.,
Animateur de formation, chargé de cours en Sciences de l'éducation
(GRÉMA)
Christophe FORGEOT, DEA en Sciences de l'éducation
Pascal GALVANI, docteur en Sciences de l'éducation, Responsable
de formation, chargé de cours.(GRÉMA)
Florence GIUST-DESPRAIRIES, Co-directrice du Centre, Docteur en psychologie,
Maître de conférences en Sciences de l'éducation à
l'Université Paris VIII
Ata HOODASHTIAN, doctorant en Sciences politiques, Directeur d'entreprises
d'informatique (GRÉMA)
Michel LAGOUTTE, Consultant, Ingénieur ENSAM, Assistance à
la conception et à la mise en oeuvre des projets de développement
dans le tiers-monde (GRÉMA, GREF)
Jean-Louis LE GRAND, Docteur d'Etat ès Lettres et Sciences humaines.
Maître de conférences en Sciences de l'Education de l'Université
Paris VIII
Boniface N'GUESSAN, D.E.A. de sciences de l'éducation, DUFA,
animateur de formation, doctorant et chargé de cours en Sciences
de l'éducation. (GRÉMA)
Louis NDUWUMWAMI, Professeur à l'Université du Burundi,
Docteur en philosophie, chargé de cours à l'Université
Paris 8
Martine POUPON BUFFIERE, Docteur en Sciences de l'Education. Maître
de conférences en Sciences de l'Education de l'Universit Paris VIII
Rolande ROBIN, Animatrice de formation. D.E.A. et doctorante en Sciences
de l'éducation. Chargée de cours en Formation de formateurs
et d'enseignants
Christian VERRIER, docteur en Sciences de l'éducation, chargé
de cours en Sciences de l'éducation.
Correspondants du Centre en province et à l'étranger.
Maurice KRICHEWSKY, ingénieur, animateur de formation, D.E.A.
de sciences de l'éducation (région France sud-est)
Otto LUDEMANN, Professeur de pédagogie sociale à la Fachhochschule
de Hambourg, (Allemagne)
Mario HERRERA, Chercheur au Centro de Investigaciones Culturales y
Educativas (C.U.C.E.), Caracas, (Venezuela)
Christine JOSSO, Maître d'enseignement et de recherche, Université
de Genève (Suisse)
Burkhart MULLER, Professeur de Sciences de l'éducation, Université
de Hildesheim
Jose NEWTON de ARAUJO, Professeur de psychologie clinique à
l'Université de Belo Horizonte (Brésil)
José-Luiz OLIVEIRA, Professeur de Philosophie de l'éducation,
Université Fluminense, Rio de Janeiro, Brésil
Alipio CASALI, Professeur de Sciences de l'éducation, P.U.C.
de Sao Paulo (Brésil)