Soutenance de la thèse de Madame Yun CHUNG CHUNG (épouse CHOI), intitulée " Le métissage axiologique dans l'éducation sud-coréenne : Analyse de l'imaginaire des valeurs socioculturelles "

Ce doctorat a été soutenu le lundi 15 mars 1999, à 9 heures 30, salle des thèses de l'université Paris 8 : jury : Mme Juliette Morillot (écrivain), Messieurs les Professeurs André Akoun (Sorbonne), Jacques Ardoino (Paris8), Michel Maffesoli (Sorbonne), René Barbier (Paris8, directeur de thèse), (mention très honorable avec les félicitations du jury) 

Exposé de soutenance

Yun Chung Chung (épouse Choi)

Pour commencer, je tiens à exprimer ma gratitude envers tous les membres de ce jury ; car je sais combien cette charge supplémentaire a pu peser sur leur emploi du temps et parfois même empiéter sur leur vie privée.

Merci à vous tous aussi -qui êtes là- pour me soutenir de votre amitié, en ce jour si important pour moi. Je vais maintenant vous parler de mon travail et aussi de l'expérience personnelle que j'ai vécue en le réalisant.

Beaucoup d'entre vous n'ont pas lu la moindre ligne de ma thèse. c'est pourquoi je vous en propose un bref résumé (à peine une demi-page!), pour que vous sachiez tous un peu "de quoi il retourne". Voilà :

Le concept de "métissage axiologique" -que j'ai élaboré- met en présence deux cultures différentes et leurs valeurs antagonistes. Dans ma recherche :

la culture occidentale, avec le matérialisme, l'individualisme, l'égalitarisme, le rationalisme ; et la culture orientale, avec le spiritualisme, le familialisme, l'autoritarisme et l'irrationalisme.

Grâce à l'étude d'un corpus constitué : de textes officiels sur l'éducation, du film Tae-Kwon-Doe et de 19 entretiens en profondeur (dont 16 pour une grande famille de trois générations à Séoul ; et trois Coréens vivant en France), j'ai vu comment la confrontation de deux cultures "autres" modifiait la mentalité et les comportements. Il en résulte, pour la personne, un conflit -qui est une remise en cause de ses valeurs fondamentales. Ce conflit peut s'exercer selon 2 axes : la fermeture ou l'ouverture.

Dans la fermeture, la personne résiste au changement ; et se maintient dans les valeurs dominantes -connues et rassurantes.

Dans l'ouverture, la personne -grâce à son imaginaire créatif- accepte une altération fondamentale de son système symbolique de valeurs ; et "met au monde" l'ensemble harmonisé des valeurs contradictoires.

L'épreuve du métissage axiologique implique un travail sur soi ; génère un processus du développement de la personne. C'est en cela qu'elle intéresse l'éducation.

Qu'y a-t-il au coeur de mon travail ? Probablement la rencontre avec l'autre...

Généralement, les travaux concernant la rencontre avec "l'autre culture" -ou acculturation des valeurs- développent la question du conflit des valeurs dans une société. Mais ce type d'étude sociologique -qui analyse et interprète les phénomènes sociaux au sein du conflit engendré par le choc interculturel- n'est pas le but que je me propose dans ma recherche.

J'ai toutefois utilisé la représentation de la socialité contemporaine coréenne, en synthétisant les analyses et les interprétations de sociologues coréens.

Les normes sociales elles-mêmes sont imprégnées des idées religieuses que véhicule la mentalité coréenne. Ces idées ont d'ailleurs été largement exposées dans l'ouvrage L'Asie d'André Akoun.

C'est dans sa globalité, que je me suis donc référée à la mentalité coréenne au sein de la vie quotidienne. Puis j'ai "rencontré" l'ouvrage de Juliette Morillot ; et je me suis sentie confirmée dans mes observations , quant à leur objectivité.

C'est parce qu'il m'a paru nécessaire de partir de ce qui existe actuellement et colore cette mentalité, que j'ai pu ouvrir ce "déjà-là" sur de l'inaccoutumé ; et, dans une réflexion prospective, imaginer de nouvelles façons d'être.

Pour ma part, en ce qui concerne la question des valeurs (dont la vie, la personne et l'éducation constituent les points-clefs), c'est sur la réflexion théorique et l'observation de la vie quotidienne, que j'ai donc érigé cette thèse.

Ma recherche, en effet, s'inscrit plutôt dans une constellation de champs, à la fois psychologique, philosophique et ontologique ; sans occulter toutefois les travaux plus spécifiquement sociologiques existants. Ces travaux, dans leur globalité, m'ont d'ailleurs permis de mieux appréhender l'individuel, le particulier, avec le développement et l'épanouissement de la personne.

En ce qui concerne le psychologique, j'ai essayé d'envisager l'aventure dans laquelle la personne est plongée, lors de la rencontre avec l'autre ; c'est-à-dire ce qui se passe dans le psychisme d'un individu. La lecture de nombreux ouvrages théoriques m'a permis d'étayer et d'interpréter mon observation, tant pour moi-même (auto-analyse) que dans mon travail de chercheur (observation, lors des entretiens).

Comment décrire cette rencontre avec l'autre et son retentissement sur le psychisme ?

La rencontre avec l'autre me met en présence de la différence. Une telle découverte me dérange, suscite des questionnements et la remise en cause de mes certitudes comme de mes allant-de-soi. Cet uniforme que mon milieu m'avait confectionné avec ses habitudes, ses préjugés, je l'avais endossé de bonne foi. Il me conférait ainsi la sécurité ; et me protégeait.

Quand je découvre le monde de l'autre -dissemblable du mien, voire opposé, à bien des égards, je sens mon uniforme se déchirer, craquer, puis tomber... Et me voilà nue comme un ver : les repères qui balisaient mon quotidien, comme mon avenir, n'existent plus. Je suis livrée à l'inconnu et à son inquiétante étrangeté. J'ai peur. Je suis au bord de l'abîme, dans le magma d'un foisonnement illimité de significations...

La rencontre avec l'autre a créé un conflit -qui est une épreuve, d'abord déstructurante. Il m'appartient alors de me fabriquer un nouvel habit personnel, un habit de lumière et d'amour :

- de lumière, pour mieux voir le réel -que les conditionnements m'avaient masqué.

- d'amour, pour aller vers l'autre sans défiance ni parti pris.

Je sens que "ça" se fait en moi, sans toutefois être totalement consciente de tout ce qui se passe.

Le processus mis en oeuvre est une démarche qui, me semble-t-il, est à rapprocher de la perlaboration propre à la cure psychanalytique. Cette perlaboration ou "working through" en anglais, "Durcharbeiten" en allemand, est le travail inconscient opéré à travers les résistances, à la suite d'interprétations.

Je suis au coeur de la complexité. Devant des points de vue hétérogènes, des perspectives antagonistes, je construis des passerelles, je cherche des liens : les articulations qui me permettent de "tenir ensemble" ; ce qui est l'apprentissage de la dialectique.

J'apprends à jouer, à jouir de ma structure, de mon imaginaire, plutôt que de me contenter d'en être jouée ; et je me construis ainsi...

Voilà ce que je peux dire d'essentiel, quant à mon approche du psychosociologique.

Qu'en est-il de la dimension philosophique ?

Ma réflexion, tout au long de ce travail, s'appuie sur la philosophie orientale, notamment la philosophie non dualiste. Une telle philosophie reconnaît la capacité propre à chacun d'accomplir son essence. D'autre part, je suis restée fidèle à la philosophie taoïste, selon laquelle l'harmonie du monde s'accomplit -non pas malgré, mais grâce à la diversité et l'hétérogénéité, dans l'équilibre des antagonismes, quand fleurit l'Un, au coeur de la complexité.

Le concept du métissage axiologique -que j'ai élaboré- s'inscrit donc dans une démarche psychosociologique et philosophique.

Le point de départ de mon travail, c'était l'étude de l'éducation sud-coréenne. Dans ma recherche de problématisation, j'ai alors rencontré la pensée de René Barbier -qui a largement sustenté la mienne. Je lui dois les concepts-termes de "métissage culturel et axiologique ".

Quid de l'éducation en Corée ?

- Premièrement :

Comme les entretiens nous l'ont confirmé, les Coréens, pour la plupart, demeurent très attachés à la réussite socioculturelle ; chacun briguant la première place dans son domaine. La nécessité de "réussir" ses études pèse ainsi lourdement sur les épaules de l' étudiant.

- Deuxièmement :

L'évaluation de la personne ne s'appuie que sur les notes obtenues... Jacques Ardoino nous dirait qu'alors il ne s'agit pas d'"évaluation", mais d'un simple "contrôle", où le quantitatif se substitue au qualitatif.

- Troisièmement :

L'éducation, à tous les niveaux, se réduit à la transmission des savoirs, aucune place n'étant laissée à la pensée personnelle ou à la créativité. Les réponses aux questions, pour les examens et contrôles étant déjà attendues, préparées, on constate une désolante uniformisation et conformisation des esprits.

- Quatrièmement :

L'enseignant-perroquet a renoncé à son rôle d'éducateur. C'est bien ce que nous disent les personnes rencontrées lors des entretiens, confirmant ainsi ma propre impression.

C'est pourquoi le métissage axiologique m'est apparu comme une "thérapie" possible, pour aider la personne à "soigner" la sclérose de son esprit ; et sortir de l'incapacité à laquelle on l'a réduite par un tel autoritarisme institutionnel.

Cette pensée du métissage axiologique comme thérapie pour l'éducation coréenne "malade", s'est élargie à mesure que j'écrivais ma thèse : En fait, le métissage axiologique, ne pourrait-il être "transféré" ailleurs, dans d'autres pays, d'autres occurrences ? C'est ce que nous allons essayer de montrer maintenant...

J'aborderai, pour ce faire, les points suivants :

- le métissage axiologique n'est pas la stagnation dans le relativisme ou l'ethnocentrisme.

- Le métissage axiologique n'est pas l'évitement du conflit.

- le métissage axiologique n'est pas la logique du dualisme.

- Le métissage axiologique n'est pas un état : c'est un processus.

Mais avant de développer ces 4 points théoriques, je voudrais tout d'abord témoigner de ma propre expérience du métissage axiologique.

Quand j'ai entrepris cette thèse, j'étais dans ce questionnement :

Comment allais-je pouvoir soumettre pleinement -sans l'appauvrir ou la mutiler- la pensée holistique propre à ma culture orientale, aux exigences universitaires rationnelles de l'institution française?

Mais finalement, cette thèse, je sens que j'ai pu la conduire méthodiquement, et même avec une certaine rigueur scientifique, sans renoncer à ma sensibilité -dans sa tonalité orientale. Pour moi, l'écriture de cette thèse est un métissage dans lequel apparaissent l'esprit "logique" français et la spiritualité méditative orientale.

Je m'aperçois que les termes employés présentent ce même métissage : j'ai parlé de l'esprit logique français, l'esprit étant un nom masculin ; et de la spiritualité orientale, spiritualité étant un nom féminin...

Cette conjugaison du masculin et du féminin dans le lexique, comme du yin et du yang, dans le Tao, du piment et du chou dans le kimch'i, du masculin de l'Occident et du féminin de l'Orient... n'est-ce pas le métissage même ?

L'écriture de cette thèse fut aussi pour moi l'expérience du métissage, sur les plans affectif et intellectuel :

Dans l'écriture, pour exprimer en français la façon de penser et de sentir des Coréens, il fallait que je puisse m'appuyer sur une personne capable de comprendre ce que je voulais transmettre ; ce qui demandait aussi un métissage de qualités : l'attention, le respect de l'autre, l'intelligence (des savoirs comme de la connaissance), l'empathie et l'intuition.

Cette personne -qui a revu mon texte, Annie, je l'ai trouvée, grâce à la complicité de René Barbier ; et je suis pleinement consciente de ma chance.

L'emploi de la métaphore dans ce travail, me paraît important.

La métaphore est cet étrange métissage où se mêlent ce qui est et ce qui n'est pas, toute la réalité de l'imaginaire, dans la double opération de généralisation puis de particularisation, à l'intérieur de deux ensembles sémiques auxquels on attribue un terme commun.

La pensée peut devenir un joyau, quand elle est sertie dans une belle langue ! Et j'ai aimé travailler à cette dialectique poétique de la métaphore et de la pertinence...

Après avoir évoqué cette aventure humaine que fut l'écriture de ma thèse, je vais maintenant développer les 4 points théoriques annoncés...

-Premièrement :

Le métissage axiologique, c'est d'abord la non-stagnation dans le relativisme ou l'ethnocentrisme.

Par l'éducation, ne doit-on pas transmettre des informations aussi riches et diverses que possible, sans les trier par un jugement a priori qui sélectionnerait certaines, pour en éliminer d'autres ? Car, plus nombreuses seront les informations offertes, plus riches pourront être les expériences de ceux qui se les approprieront. C'est au sujet de décider, de choisir ce qui lui semble bénéfique pour son développement propre.

Le métissage axiologique dépasse le point de vue "nombriliste" de l'ethnocentrisme. Certes, ce point de vue étroit n'est pas complètement négatif. Car il faut que j'aie déjà les pieds solidement ancrés dans ma propre culture, pour oser m'aventurer dans la culture de l'autre. Mais l'ethnocentrisme ne peut être qu'un point de départ, "l'enfance" d'une démarche plus mature qui s'ouvre vers un champ de conscience plus large.

Dans le relativisme, la différence est reconnue ; l'autre est bien perçu comme "autre". Mais cela ne modifie aucunement les modes de penser et de faire de l'individu !

Le relativisme se contente de reconnaître l'autre dans sa différence, sans toutefois travailler cette différence dans le sens d' une transformation radicale. Pourtant, toutes ces réalités perçues sont autant de matériaux qui, utilisés par un esprit créatif, pourraient ouvrir la voie du métissage axiologique...

Le métissage axiologique utilise donc, en première instance, l'ethnocentrisme et/ou le relativisme. Mais, prenant appel sur l'un ou l'autre de ces stades (voire sur les deux !), il propulse -dans son élan- la personne dans un "faire avec" pour devenir autre. Le métissage axiologique, c'est "le grand saut" dans l'autrement et l'ailleurs...

Naturellement, l'éducation qui permet à la personne d'effectuer ce saut me semble aller plus loin que celle qui laisse l'individu croupir dans l'ethnocentrisme ou le relativisme !

- Deuxièmement :

Le métisssage axiologique n'est pas l'évitement du conflit.

Le métissage axiologique, né de la rencontre avec l'autre, se vit parfois dans le conflit. Pour effectuer ce "saut" du métissage, il faut alors être capable d'affronter le conflit. Mais ce conflit n'existe que pour une personne consciente des valeurs antagonistes qui se présentent à elle ; et qui doit soudain "gérer" de l'hétérogène.

On voit ainsi que le conflit est l'occasion de dépasser toute vue étriquée unidimensionnelle ; et provoque la personne à "travailler" pluralité et contradictoire.

Comment l'éducation peut-elle permettre de dépasser le conflit ?

Quand les élèves subissent les pressions de l'institution, sans pouvoir penser/sentir librement et accueillir des valeurs autres que les valeurs dominantes, que se passe-t-il ?

Ou bien le sujet éducatif -écrasé- s'enferme dans une position étriquée. Ou bien, il exprime avec agressivité sa révolte.

Pour que le dépassement du conflit s'effectue dans l'harmonie, il est nécessaire que la personne soit libre, afin d'appréhender tous les aspects qui constituent la réalité du monde dans ses contradictions. Il importe également que le sujet soit capable de "lâcher prise", pour laisser épanouir en lui ses potentialités.

- Troisièmement :

Le métissage axiologique n'est pas la logique du dualisme.

La logique du dualisme consiste à séparer, sans jamais relier. Dans une telle optique, les valeurs antagonistes demeureraient pour toujours séparées. Comment, dès lors, pourrait-on construire une nouvelle structure axiologique ?

Quand la personne se développe uniquement sur un mode unilatéral -qu'il soit rationnel ou irrationnel- elle développe aussi son aliénation... et ne sera jamais qu'un être incomplet.

J'ai retrouvé un tel point de vue, en lisant L'Eloge de la raison sensible de Michel Maffesoli, quand il propose son concept du non-rationnel. Pour lui, en effet, le non-rationnel englobe le rationnel et l'irrationnel. Il s'agit donc d'une structure métissée.

Pour le développement total de la personne, on sait bien que le rationnel et l'irrationnel sont tout autant nécessaires, sans renoncer à l'un pour l'autre ; car ce sont les deux dimensions épanouies qui confèrent à la personne sa plénitude.

Dans la logique du non-dualisme, on a toujours conscience des valeurs différentes et antagonistes ; mais on a aussi le sens de l'ensemble : On voit tous les éléments qui constituent le monde ; mais on perçoit le lien qui les unit ; car la logique du non-dualisme suppose le sens de l'Unité dans le multiple. C'est l'Un pluriel...

Le métissage axiologique, dans cette perspective, est une création qui met au monde l'harmonie de la vie, dans la réalisation des richesses potentielles de la personne.

Si les Occidentaux sont "dualistes", cela me paraît l'effet de leur culture. Occidentaux ou Orientaux, je crois que tous les hommes portent en eux cette potentialité non dualiste. Le métissage axiologique est donc l'expérience opportune grâce à laquelle ils peuvent justement développer une telle potentialité, en jouant leur musique personnelle dans la grande symphonie du monde.

Cette métaphore est certainement banale... Mais c'est comme le printemps de Vivaldi : à force de l'entendre, on n'en perçoit plus la beauté...

A tout moment, en toute occurrence, il nous faut regarder/entendre de façon neuve...

Que chacun joue sa partition dans la symphonie du monde, ce n'est pas si simple... Cela suppose qu'il ne jouera pas trop fort, pour ne pas "couvrir" les autres pupitres ; qu'il saura écouter les autres instruments et suivre le même tempo. En fait, c'est bien plus difficile que pour une symphonie ; car aucune partition n'est déjà écrite, qu'il suffirait de jouer fidèlement. Et aucune répétition n'est possible ! A chaque instant, c'est "pour de vrai", comme disent les enfants. On improvise, comme pour le jazz, mais avec un souci d'euphonie, comme pour la musique classique. Encore des "obligations" séparées -dont il faudra bien faire une vie, un comportement, un geste...

La vie, c'est ce métissage musical, où l'on joue avec le disparate pour le transcender en de l'harmonieux.

- Quatrièmement :

Le métissage axiologique n'est pas un état ; c'est un processus.

Ce travail du métissage axiologique ne s'arrête pas pour installer la personne dans un état figé. Il n'est jamais "assis"...

La création de nouvelles valeurs qu'il a instaurée n'est pas immuable. Elle est toujours susceptible d'être questionnée et modifiée : elle est vivante. De même, l'individu n'a jamais fini de se construire : Il est toujours "on becoming a person".

Ce processus du métissage axiologique consiste à vivre pleinement chaque instant, en embrassant le réel le plus largement possible.

L'éducation, dans cette perspective, ne saurait proposer de valeurs idéales que l'individu devrait suivre : Pas de modèle préconisé, pas d'uniforme à endosser...

L'éducation permet alors au sujet éducatif de "s'autoriser" (selon l'expression de Jacques Ardoino), c'est-à-dire de devenir l'auteur de sa propre histoire, sa vie -unique comme toutes les vies !

Cependant cette vie unique, dans son appartenance au Tout, requiert aussi une certaine éthique anthropocosmique...

Pour conclure...

A partir de cette réflexion, j'aimerais -plus tard- explorer la question du métissage dans d'autres domaines comme la littérature, la poésie, les textes officiels ; d'une part en écrivant des articles ou un ouvrage ; et d'autre part en collaborant à l'établissement des programmes scolaires.

En effet, la poésie comme la littérature se créent essentiellement avec les matériaux de l'imaginaire. Et le développement de la créativité dans l'imaginaire est lui-même en rapport avec le processus du métissage axiologique.

Il me tient à coeur, aussi, d'actualiser l'idée du métissage dans des activités "pratiques". Outre avec les élèves ou les étudiants, je pourrais aussi échanger avec des adultes "parents", dans le cadre de l'éducation des parents et des enseignants.

Je ne veux toutefois pas "prévoir" trop précisément, afin de rester disponible à ce que la vie me présentera !