L'imaginairedu corps dans la Chine contemporaine : une approche transversale

René BARBIER
 

(notes pour le séminaire de DEA, décembre2002) disponible et actualisé sur le site web de R.Barbier http://www.barbier-rd.nom.fr/)

Introduction : qu'est-ce que l' "approche transversale"(Barbier, 1997) ?

1. une approche en psychosociologie clinique portant surla question imaginaire

2. une conception de l'imaginaire à trois dimensions(pulsionnelle, sociale et sacrale)

3. une écoute de cet imaginaire tridimensionnelégalement à trois dimensions (scientifique clinique, philosophiqueet spirituelle, poétique et existentielle).

4. une écoute qui se fait, essentiellement, enéquipe dans un processus de recherche-action existentielle et destechniques de recherche spécifique comme le journal d'itinéranceet l'observation participante existentielle

Peut-on appliquer cette théorie à la recherchede l'imaginaire du corps dans la société chinoise d'aujourd'hui? La Chine contemporaine est au prise de la mondialisation ou de la "globalization"comme disent les anglo-saxons, après avoir été soumiseà la puissance occidentale des canonnières au XIXe siècle.À cette époque, Anglais et Français ont imposéà l'Empire chinois, sous la pression militaire, l'ouverture desports de la côte de la mer de Chine, le commerce de l'opium et latutelle de l'Europe. Le regard européen sur la Chine et les Chinoisest devenu méprisant et l'exotisme oriental un bien mercantile oude distinction au sens de Bourdieu (Barbier, 1999).

Trois types de cultures à distinguer en Extrême-Orient,en particulier en Chine continentale.
 une culture spectaculaire
 une culture de médiation
 une culture filigranée

1. La culture urbaine spectaculaire est celle qui correspondà la société moderne en Chine et dans d'autres paysd'Extrême-Orient. Il s'agit avant tout d'une culture liéeà la mondialisation technologico-libérale. Surtout dans lesvilles de la côte, dans la capitale et dans quelques grandes villesde l'intérieur. Mais principalement chez les jeunes, plutôtcultivés, attirés par les Etats-Unis et l'Occident. Culturede la vitesse, de la rentabilité, de la technologie, de l'instant,de la fragmentation, de la concurrence, de l'éphémère,de la renommée à bon compte.

2. La culture de médiation est celle des Lettréscontemporains, écrivains, philosophes, professeurs soucieux de l'impactbouleversant de la modernité et connaisseurs de leur civilisationancestrale. Ils veulent, malgré tout, tenir compte de la modernitéet cherchent à concilier modernité et tradition en inventantune sorte de métissage culturel qui ne saurait être un simpleajout cultivé à la modernité technologique. Il s'agitplutôt d'une invention culturelle radicale, encore largement imprévisibledans ses manifestations et ses conséquences. L'exemple du lycéede Pékin proche de l'université normale de Beijing et dela réintroduction de cours sur les philosophes chinois. L'exempled'un intérêt de plus en plus soutenu à l'égardde la pollution dans les villes industrialisées.

3. La culture filigranée est celle d'une tradition,à la fois taoïste, confucéenne et bouddhiste, populaireet lettrée, qui se perpétue en filigrane et subrepticementdans la vie quotidienne parce qu'elle est millénaire. Véritable" ombre chinoise ", cette culture inconsciente, largement esthétique,est pratiquée au jour le jour, y compris dans ses dimensions lesplus magico-religieuses, notamment dans les milieux populaires et àla campagne. Culture du culte des ancêtres et de la piétéfiliale confucéenne. Culture de la nature, de la peinture, de lapoésie, portée par des Lettrés. Culture du corps intégréà la nature. Dans cette culture le " désir de beauté" (Lê Thành Khoî) est évident.

Deux points sont à examiner dans le rapport aucorps en Chine : 1. La tradition, le corps et le cosmos 2. La montéede l'individualisme et le changement du rapport au corps

1. La tradition, le corps et le cosmos

La tradition chinoise féconde une penséequi continue à vivre dans la culture filigranée dont j'aiparlé. La "pensée chinoise", comme l'appelle Anne Cheng (1997)repose sur un certain nombre de thèmes-clés qui constitueune structure symbolique efficace dans la société chinoise.Il n'existe pas de faits isolés aux yeux des Chinois : tout estcontexte et partie de contexte ; et tout sans cesse fonctionne . Rien n'eststable et fixé. Tout dure ; mais rien ne dure qui ne change et nedevienne. Le consensus sinicus tient l'univers pour un immense organismeauquel il est insensé de chercher une origine et une cause, uneforme et des limites, un sens et une fin. En un mot, il ne s'inquiètepoint de ne pas le comprendre. Que l'homme assiste et participe àl'existence transitoire des "dix mille choses" n'entraîne pas lasupposition qu'il faille y comprendre quelque chose, ni même qu'ily ait quelque chose à comprendre. Par là s'explique chezles Chinois l'absence de religiosité, leur prudence et leur modestiedevant le spectacle de la nature et le peu de développement dessciences positives jusqu'au XXe siècle. Pourtant, curieux àl'extrême, s'ils ne s'attachent pas à découvrir ceque sont et comment sont les choses, ils s'efforcent d'observer ces chosestandis qu'elles vont, se font et se défont. Il s'agit de montrer,nullement de démontrer ; de laisser paraître, puis de classerdes phénomènes, insignifiants par eux-mêmes, mais quiressortissent à des cycles, à des alternances et àdes rythmes, à des associations, à des correspondances organiséespar une double numérologie (dénaire et duodénaire).Nous sommes dans le domaine de l'utilité, de l'habileté,non dans celui de la science. Il est question d'ordonnancement et d'accords,pas du tout de taxonomie. Rien ne saurait échapper à l'ordonnancement: le ciel, la terre, les hommes et l'empereur, les orients et les saisons,la naissance et la mort ; tout est justiciable de cette physiologie cosmique.Sous le ciel, tian , et au sein de celui-ci, la terre, di , qui, pour l'homme,se présente comme centre de toute référence, puisqueséjour et repère. Il faut entendre ces termes dans leur valeuremblématique : le ciel, figuré par une coupe ou un cercle? c'est ce qui enveloppe ? contient, dépasse les êtres perceptibles,et, en quelque sorte, les nourrit de l'énergie, qi , partout régnante,qui fait naître, croître, transforme et se transforme ; tantôtsubtile et sans support matériel, tantôt sensible dans lescorps graves. L'échange est permanent entre le ciel et la terre,à laquelle appartiennent choses animées et inanimées.Sous le ciel tian et sur la terre di , figurée par un carré,ren : l'homme, produit et témoin de l'un et de l'autre, mais quin'occupe pas pour autant une position particulièrement remarquable.Point de frontières à cet univers, à cet organismeoù l'homme est régi, à l'intérieur de son corps,par le même ordonnancement, li , qui convient à l'extérieur; dans lequel, littéralement, il trempe, et qu'il subit.

TAO (DAO), QI, YIN/YANG, LI, WU-WEI, CINQ ELEMENTS,REN Notions indispensables à la compréhension de la penséechinoise.

Qu'est donc le Tao ?

Il y a le Tao du Ciel, Il y a le Tao de l'homme.

Ne pas agir mais s'imposer à tous, voilàle Tao du Ciel. Agir mais être lié par ses actes, voilàle Tao de l'homme.

Tchouang Tseu(Chap XI) (http://membres.lycos.fr/clarte/somTchouang.html)

Le Tao (Dao) est la Voie, le principe suprême, etreprésente ce qui est et se déploie, sans que cela puisseêtre nommé. Il n'est en aucune manière le Dieu desChrétiens. Il n'a ni commencement, ni fin. On ne peut en parlerque sous l'angle poétique du "vide et du plein" (F. Cheng, 1991).Il se déroule dans l'espace-temps selon un processus (le "procès")énergétique porté par QI lui-même animéd'une double polarité complémentaire et indissociable, sanssynthèse, le Yang et le Yin. Une logique très serréeet ancestrale, au départ à orientation divinatoire, le YiKing, le Livre des mutations, propose une logique des transformations àpartir de 64 hexagrammes, multiple d'un fond de 8 trigrammes constituésde traits pleins ou discontinus qui symbolisent les forces et les qualitésde la nature. Ce processus est conçu comme la réalisationd'une harmonie universelle que l'homme, dans sa réalité sociale,doit conserver. Simon Leys écrit que "La pratique des arts constitueune mise en œuvre concrète de cette vocation d'universalité,de cette suprême mission d'harmonie, que la sagesse chinoise assigneà l'honnête homme : il s'agit pour celui-ci de dégageret retrouver l'unité des choses, de mettre le monde en ordre, des'accorder au dynamisme de la création" (1988, p. 14) Les deux polaritésYin et Yang unifient et distinguent en même temps le jeu de l'énergievitale QI.

yang et yin, soit respectivement : force inertie CielTerre essence substance chaleur froid externe interne mâle femelle

Le Qi est énergie (étymologiquement, lecaractère désigne la vapeur du riz en train de cuire). Ildésigne le dynamisme interne à la création cosmique.L'artiste, peintre-poète, doit la faire vivre dans son œuvre, lacapter et la cultiver, dans une dialectique du silence et de la parole,du vide et du plein, produisant l'harmonie, dans un "juste milieu". Ildoit plus la donner à voir et à sentir que s'efforcer àêtre un créateur original. On ne saurait trop fortement soulignerl'importance des cinq éléments, wu xing, dans la cosmologie: ils la dominent entièrement. Les cinq modalités sont :mu , bois ; huo , feu ; di , terre ; jin , métal ; shui , eau. Commeles niveaux d'énergie repérés selon yin/yang , lesphénomènes sont décrits, en modalité, par concordanceaux wu xing Le mot xing , improprement traduit par élémentou principe, signifie en chinois : "chemin, cheminer". Il entre dans lacomposition de polysyllabiques qui supportent tous l'idée de conduite,de démarche. Les wu (cinq) xing sont les modalités de yin/yang. Ces wu xing , toujours simultanés dans la déterminationde l'évolution phénoménale, sont tour à tourdominants quoique résumables à chaque instant en un équilibrede tensions qui relèvent de taiyi , l'unité fondamentale.Il n'y a dans tout cela pas l'ombre d'une métaphysique religieuse.Ni Dieu personnel, ni création, ni au-delà n'entrent, mêmeà titre d'hypothèses, dans la sagesse chinoise. Pas davantageune âme individuelle de l'homme conçue comme entitéinaltérable. Le sage chinois agit dans le non-(ré)agir, leWu Wei, la spontanéité du geste et de la parole, en liaisonavec le processus naturel des choses. Le code rituel, le Li, ne représentepas un ordre social laïcisé, mais est toujours lié ausens de l'harmonie universelle que "l'homme de bien" confucéen reconnaîtdans la socialité instituée par la tradition et qu'il faitvivre en respectant l'organisation rituelle à la lettre. Ainsi seperpétue la vertu d'humanité, le Ren. (Barbier, 2002) Danscette pensée du monde, le corps n'est pas dissocié de lanature et du cosmos. Il en est l'expression et le microcosme. Les artsdu corps comme le Tai Ji Quan (Despeux, 1981) et même la calligraphieou encore la médecine chinoise traditionnelle, avec ses méridiensd'acupuncture, maintiennent la réalité de cette vision dansleur formes et leur nature profonde. Comme le rappelle Kristopher Schipper,il existe dans la tradition chinoise un "corps taoïste" (1982, p.144)éminemment symbolique, qui se trouve déjà chez TchouangTseu, mais il faut attendre les premiers siècles de l'èrechrétienne pour en avoir une description complète. Il s'agitvraiment d'un paysage intérieur que l'adepte voit dans une sortede regard intérieur méditatif.

2. La montée de l'individualisme et le changementdu rapport au corps

L'avènement de la dépendance de la Chineà l'égard de l'Occident militarisé au XIXe sièclepuis économiquement dominant au XXe siècle, a eu des répercussionsimportantes sur la culture traditionnelle. Nourriture, habitat, organisationdes villes, vêtement, médecine, relations homme-femme, éducationde l'enfant, vieillesse, famille, liens de solidarité, etc, ontété profondément bouleversés. Prenons quelquesexemples.

- Le corps dans l'espace

Dans l'espace traditionnel, la campagne, dans laquellevivent encore les deux tiers des Chinois, le vie corporelle est largementexprimée au dehors, dans le champs, les rizières, les forêts.La maison, souvent refuge de la communauté familiale ancestrale,demeure peu confortable. La vie est précaire, les revenus faibles,l'éducation incertaine, la santé plus liée aux pratiquesmagico-religieuses qu'à la médecine moderne. Mais le corpss'active dans le rude travail de la terre. Dans la ville moderne, l'espacechange complètement. Le corps restreint son horizon et son activité.L'appartement, beaucoup plus propre et confortable, demeure malgrétout assez petit pour la majorité des citadins peu fortunés.Il devient difficile d'y faire vivre la famille traditionnelle avec legrands-parents. La tendance est à l'exclusion sociale des plus âgés,contrairement à la socialité ancestrale où le plusvieux était considéré comme le plus sage et bénéficiaitd'un ordre prioritaire dans les convenances sociales. Le corps du Chinoisdes villes se recroqueville sur la position assise au bureau, se compressedans les couloirs des transports en commun. C'est sans doute une des raisonsde l'extraordinaire pratique du vélo dans les grandes villes deChine comme Pékin ou Shanghai. Le vélo est encore un moyende faire bouger son corps dans une lenteur mesurée, expression d'unetradition millénaire. On ne retrouve pas une utilisation aussi soutenuedans les autres villes de l'Orient asiatique. Le sens du grand et du grandiosereste présent chez les Chinois contemporains. On le remarque surle Bund, à Shanghai, lorsqu'ils viennent, la nuit, s'émerveillerdes illuminations des impressionnantes tours modernes du quartier des affaires.

- Le Tai Ji Quan dans les parcs

Les Chinois ont besoin de sortir de leur appartement modernepour s'aérer et ressentir les bienfaits de la nature. A Shanghai,le maire de la ville a décidé de conserver une grande partiedes espaces verts pour cette raison. Il est toujours très curieuxde voir les Chinois de tous âges dans les parcs, le matin, et surtoutle dimanche, pratiquer leurs exercices physiques. Des groupes de pratiquantsde Tai Ji avoisinent d'autres groupes de danseurs animés par unemusique de salon. Un peu plus loin, on rencontrera un vieil homme seul,se frottant contre un arbre, intériorisé au cœur d'une pratiquetaoïste. Encore plus loin, on verra les amateurs de cerfs-volants,plongés dans les cieux et presque isolés du monde et du bruit.Plus loin encore, de vieux Chinois font chanter leurs oiseaux àla grande joie des badauds. Pourtant, il ne faudrait pas se méprendre.Le Taï Ji Quan pratiqué en Chine aujourd'hui semble êtredébarrassé de toute empreinte religieuse et même philosophique.C'est un simple exercice de maintien du corps en bonne forme. Dans nosparcs, à Paris, nous voyons également de tels groupes. Maisil s'agit souvent de pratiquants qui veulent y mettre une vision du monderelativement construite sur le mode d'un Orient imaginaire. En Chine, leTai Ji fait désormais partie d'un patrimoine complètementlaïcisé. Un simple exercice physique que les 24 mouvementsde Pékin systématisent et qui ont été diffuséscomme techniques corporelles par le Gouvernement. Ce dernier se méfiede toute résurgence de traditions religieuses plus ou moins magiqueset incontrôlables. L'engouement pour les danses de salon dans lesparcs démontre bien un rapport au corps qui s'occidentalise de plusen plus. L'ouvrage de Rémi Hess sur "la valse" va être traduiten chinois et sera certainement un best-seller. Les Chinois adorent danserle tango, la valse, les danses sud-américaines. Ils le font sansgène aucune, dans la bonne humeur, le rire et le sérieuxtout à la fois, sous le regard amusé des spectateurs. Ilspratiquent la danse à tout âge alors que le Tai Ji sembleêtre un art du mouvement plus proche de la maturité. Un jeuneétudiant rencontré à Pékin me parlait de cettepratique comme d'une pratique de "vieux". Lui adorait aller danser dansdes lieux américanisés, chanter et boire dans les bars àkaraoké où l'on sert du coca-cola et de la bière chinoise.Son rêve : apprendre la langue française pour pouvoir s'expatrierau Québec.

- Le regard des autres et le débridage des yeux

L'hôpital n°9 à Shanghai est bien connu.On y pratique, pour 120 euros, le débridage des yeux par centaines.Les jeunes chinoises des classes moyennes et inférieures habitantles villes, sont complètement séduites par cette pratique.Elles n'hésitent pas à demander un "forfait opératoire"avec débridage des yeux, remodelage du menton et du nez quand c'estpossible. Leur rapport au corps est devenu un rapport à un objetdétaché de leur personne entière. Un objet interchangeable,améliorable, susceptible d'être mieux regardé commeon le fait pour agrémenter sa voiture de gadgets innombrables. DavidLe Breton, dans son Anthropologie du corps et modernité, a bienmontré ce processus de séparation du corps et de l'espritdans la société individualiste (Le Breton, 1990). Il s'agitavant tout de séduire, sur le modèle des artistes de cinémaen vogue, pour trouver du travail dans la publicité, les loisirs,le tourisme. Les parents souvent sont les premiers à les soutenirdans cette reconversion corporelle, comme le montre un excellent reportagede Sylvie Levey sur France 3 en 2002. Changer de peau devient un nouveauslogan et la chirurgie esthétique, comme l'usage des cosmétique,une pratique de plus en plus habituelle (Levey, annexe 1) Le rapport aucorps s'infléchit en copiant le modèle occidental. Le regardd'autrui reste très présent en Chine. Il joue un rôledéterminant dans la possible réussite sociale. Le "moi-je"devient de plus en plus évident mais toujours encastré dansla normalité dominante, elle même structurée par lesinjonctions symboliques de la mondialisation (être jeune, séduisant,"battant", ouvert et dynamique, indépendant, familialement décloisonné,"libre", critique et curieux mais sérieux etc). La "sociétédu spectacle" américanisé joue à plein dans la Chinedes villes. Coca Cola, Mac Donald's font florès partout. C'est unplaisir hebdomadaire d'aller déjeuner dans un de ces restaurants,le dimanche, en famille. En Chine, la "culture Disney" a beaucoup mieuxréussi que celle des jésuites au XVIe siècle. On assisteà une fringale de l'envie de vivre à l'occidental chez lesjeunes. Le rêve, c'est de partir étudier aux Etats-Unis d'Amériquedans des universités de management, d'informatique, de sciencesdures et de gagner beaucoup d'argent. Le gouvernement américainl'a bien compris et accorde très largement des bourses d'étudeaux étudiants avancés dans ces domaines. On comprend la raison.Le coût de l'étudiant est largement compensé lorsqu'ilarrive en Amérique. Un tiers des étudiants reviendront enChine après leurs études. Il n'y a pas si longtemps, en Chine,contrairement à sa tradition lettrée, les jeunes étudiantsles plus brillants ne voulaient plus devenir professeurs à l'université.Le traitement de base d'un enseignant à l'université étaitvraiment trop faible pour séduire les jeunes intellectuels. Il afallu une prise de conscience récente pour qu'une améliorationsoit consentie à cet égard. Evidemment la sexualitésubit également les a-coups de l'individualisme. L'érotismesubtil des romans chinois de naguère se trouve recouvert par lapornographie envahissante qui fleurit dans les grandes cités parle biais des DVD et autres bandes vidéo. La prostitution devientpréoccupante.

- Le sida explose en Chine malgré le quasi secretsur son information.

Selon l'agence Chine Nouvelle (Xinhua), les autoritéssanitaires n'ont confirmé à la fin de 1999 que 17 316 personnesséropositives. Entre 1985, date de la découverte du premiercas, et 1999, 647 cas de sida déclarés ont étérecensés, dont 356 sont aujourd'hui décédés.Ces chiffres placent la Chine en 4ème position en Asie, aprèsl'Inde, la Thaïlande et la Birmanie. Il est à noter que laproportion des femmes infectées est inférieure à lamoyenne internationale sans qu'une raison claire explique cette différence(647 femmes sont porteuses du virus). Selon le Beijing Morning Post (13/3/2000),les femmes n'ont représenté que 16 % des malades recensésl'année dernière.

Mais différents experts, y compris chinois, estimentque le nombre de séropositifs a dépassé les 500 000personnes (d'aucuns parlent de 800 000 personnes contaminées) l'annéedernière, et que le nombre de cas augmente à un rythme de20 à 30 % par an. Après bien des hésitations, lesautorités commencent à prendre la mesure de l'ampleur duphénomène. Ainsi, lors de la 10ème Conférencede l'Académie des Sciences Sociales (CASS) , le professeur ZengYi, du ministère de la Santé, a fait part de son inquiétude.Selon elle, " les chances de contrôler le fléau s'amenuisent.Nous atteignons le point critique : sauf action immédiate, l'épidémieest inévitable " D'ici 2010, l'Etat espère contenir le nombrede porteurs à 1,5 millions mais certaines prévisions pessimistesestiment que si aucune action de grande ampleur n'est menée, lenombre de personnes infectées pourrait alors atteindre 10 millions.("le sida en Chine" http://www.homestead.com/chine/files/sida.htm) Le contexteculturel asiatique est peu homogène, mais des " cultures sexuelles" sont identifiables. Par-delà les dénégations officielles,les MST réapparaissent en 1986 en Chine. Et en 1990, une loi imposeun test HIV aux résidents étrangers, mettant au jour lescertitudes à la fois " traditionnelles " et socialistes de l'ancienEmpire du milieu. On envisage alors cette maladie (le Sida) comme le signeavant-coureur de l'effondrement des sociétés capitalistesoccidentales. L'apologie de la morale sexuelle ne résiste pas auxfaits qui s'imposent dans les toutes dernières années duXXe siècle. Ce n'est que très récemment que la préventiondu Sida est abordée de façon réaliste et non plusidéologique. Désormais l'individualisme croissant tend progressivementà transférer la responsabilité de la gestion de lasexualité de la nation aux individus. Dans la situation intermédiaireoù se trouve aujourd'hui la Chine, il y a tout à craindredu développement du Sida dans ce pays. La prévention àTaiwan nous met en présence d'une autre société chinoiseoù l'accès à la trithérapie est pris en chargeen totalité par le ministère de la Santé. Les campagnesmenées s'inspirent des modèles occidentaux et l'approchede la maladie est très similaire à celle qui est développéeau Japon.

En Chine, comme au Vietnam, l'évolution la plusimportante a consisté à admettre que la préventiondépasse les simples déviants : prostituées, homosexuels,drogués. Le Sida n'est plus une maladie de la société(socialiste saine) mais une maladie dans la société, quisuppose moins de slogans et plus d'information, d'éducation et deprévention. Pour une épidémie contre laquelle lesfrontières sont particulièrement impuissantes, il est pertinentde regarder chez ses voisins. Avec l'ouverture de tous les pays du continentasiatique aux flux du marché capitaliste il serait passablementanachronique de s'enfermer dans une approche nationale. L'adhésionde la Chine à l'OMC s'accompagnera rapidement d'une prise de conscienceglobale en matière de lutte contre le Sida car séparer lesflux de marchandises et les voyages des maladies semblent bien peu lucide.La santé est aussi un marché global. À cet égard,les pays du socialisme de marché ont encore à apprendre,mais ils disposent d'un atout majeur : ce sont des Etats " encore forts". (Blanc et al, 2000)

Conclusion

Les Anciens possédaient une discipline du Tao,

Mais où la trouver ?

Le Tao se trouve partout.

Tout participe de l'Un.

Nombreux sont ceux

Qui pratiquent méthodes et disciplines,

Tous convaincus que leurs méthodes et leurs disciplines

Sont la justesse même.

C'est comme les oreilles,

Les yeux,

Le nez

Et la bouche.

Chacun de ces orifices perçoit ce qu'il perçoit,

Mais il n'y a pas de communication entre eux,

Comme des artisans dont chacun excelle dans son domaine

Et comporte un intérêt propre.

Mais si l'on brise la beauté de l'univers,

Si l'on morcèle la structure des êtres etdes choses,

Si l'on réduit la vision intégrale des Anciens,

Comment appréhender les splendeurs de l'univers

Et réfléchir le miroir de l'esprit ?

Que les Anciens étaient entiers !

Ne pas se laisser entraver par les rites et les dogmes,

Ne pas se laisser imposer par les événements,

Pas d'idée préconçue ni de légèretéà l'égard des hommes :

Il y avait de cela dans la méthode du Tao des Anciens.

Désirer la paix pour que le peuple puisse s'épanouir,

Se satisfaire de peu pour soi et son prochain,

Faire preuve d'un coeur simple :

Il y avait de cela aussi dans la méthode du Taodes Anciens.

Aller vers son prochain sans calcul,

Etre impartial et sans égoïsme,

Se conformer au monde sans s'imposer :

Il y avait de cela encore dans la méthode du Taodes Anciens.

Les méthodes et disciplines en saisissent toujoursquelque chose.

Tchouang Tseu(chap.XXXIII) (http://membres.lycos.fr/clarte/tchouang/tchouang12.html)

J'ai parlé précédemment de la "culturede médiation". De nombreux intellectuels, professeurs, artistes,scientifiques chinois prennent conscience du danger d'un abandon de lapensée chinoise par la jeunesse et tentent d'y remédier.Ainsi des cours sont proposés dans les universités et leslycées pour faire connaître la sagesse ancestrale. Confucius,très critiqué dans les années du communisme pur etdur, et même dès 1919, reprend vie dans les esprits. Les artschinois sont valorisés. Un maître américain d'originechinoise du Tai Ji Quan, Chungliang Al Huang (1986), a même étéinvité à créer un centre traditionnel d'arts martiauxen Chine. Le monastère de Shaolin, temple des arts martiaux et duKung Fu, reçoit des centaines de personnes chaque année,pour des stages de perfectionnement, et pas seulement des étrangers.A l'extérieur de la Chine, des savants d'origine chinoise, commeFrançois Cheng ou Anne Cheng, contribuent à faire connaîtreune culture millénaire. François Jullien n'hésitepas à s'inspirer de la logique interne à la penséechinoise pour problématiser celle de la pensée occidentaledes Lumières. Il semble bien que le corps et la nature soient trèsliés dans l'esprit chinois. La nature est de plus en plus polluéeen Chine, notamment avec l'usage abusif du charbon. En même tempsque cet effet de l'industrialisation, le corps s'est séparéde la nature et devient un objet de consommation ostentatoire. Mais, lalutte contre la pollution naturelle et contre la détériorationdu patrimoine culturel a commencé sérieusement en Chine (Barbier,2001) sans que nous puissions réellement savoir si le résultatsera suffisamment positif dans les années à venir. Les Chinois,dont on connaît le pragmatisme radical, se rendront-ils compte tôtou tard, que le rapport au corps ne peut continuer à se jouer dansl'ère des simulacres de la société mondialisée? La culture américaine, encore dominante (pour combien de temps?), si séduisante sur le plan commercial et technique, ne fera paslongtemps illusion sur le plan de la richesse ontologique lisséepar le temps, que représente la culture chinoise traditionnelle.

ANNEXE 1

Changer de peau à Shanghai

Communiqué de presse

Coïncidence pour le moins étonnante ! ? ne serait-ce quedans le symbole. A l'heure où le Parti communiste chinois s'apprêteà faire peau neuve à l'occasion de son XVIe Congrès(qui se tiendra le 8 novembre prochain à Pékin, consacrantle rajeunissement radical de la classe dirigeante chinoise suite au départà la retraite de toutes les personnalités politiques quiauront marqué la fin du XXe siècle), l'engouement pour lachirurgie esthétique auprès des 18-23 ans, connaîtun essor sans précédant dans la plupart des mégapoles? Shanghai en tête… Comme si l'envie de " changer de peau " étaitdécidément inscrite dans l'air du temps.

Au hit-parade de la silhouette " idéale " reconstituéeau fond des blocs opératoires de la Chine populaire par des chirurgiensfonctionnaires : le débridement des yeux et le rallongement du nez.Plus de 60% des actes chirurgicaux enregistrés au cours de l'été2002 ! La preuve " plastique " et ostentatoire de l'obsession nouvelledes Chinois de se rapprocher au maximum des canons de la beautéoccidentale dans un contexte de mondialisation accélérée.

Vingt ans après l'apparition expérimentale de la chirurgieesthétique en RPC (concomitante à l'ouverture économiquedu début des années 80), nous avons mené une enquêteà l'intérieur de l'Hôpital N°9 de Shanghai ? "l'Institution " en la matière, où chaque jour désormais,y compris le dimanche, plus d'une centaine de jeunes gens se font opérerdans la pure tradition communiste : c'est à dire à la chaîne(en moins d'une demi-heure) et de manière minimaliste en terme deconfort et d'hygiène !

Visiblement, tous les milieux socio-culturels sont concernéspar cette boulimie du relookage à l'occidental : depuis les fillesuniques des villes encore étudiantes et généralementtrès gâtées par leurs parents (qui vivent enfin neserait-ce que par procuration la jeunesse dorée que la terribleRévolution culturelle et des décennies de sous-développementleur ont volé), jusqu'aux jeunes paysannes montées àShanghai pour trouver un travail d'intérim sur les chantiers encours ou dans les bars et karaokés branchés de la capitaleéconomique de l'Empire rouge.

Agée de 20 ans, Xiao Jiang appartient à la nouvelle bourgeoisiemontante des villes. Elle poursuit des études touristiques, et profitedes vacances scolaires pour se faire opérer… dans les jupons desa mère ! qui l'accompagnera tout au long du processus du débridementdes yeux.

A l'inverse, pour Lili, Nana et Xuan Xuan, trois copines émigréesdes campagnes il y deux ans, devenues entre temps serveuses dans un restaurant,pas question de dire quoique ce soit aux parents. Elles s'apprêtentà se faire rallonger le nez en catimini ! de peur de déclencherla foudre parentale en osant ainsi toucher au tabou suprême pourun Chinois traditionnel : aller à l'encontre la nature transmisepar les ancêtres. Jadis, à l'époque dynastique, leseunuques se faisaient d'ailleurs enterrer " entier " - avec leur resteémasculé, afin de gagner l'au-delà en l'étatoù ils étaient venus au monde... Superstition oblige !

Décidément, les temps changent à toute allure enRPC. Même les garçons de 18 ans ont recours à la chirurgieesthétique pour le seul plaisir des yeux et… avec l'espoir de "mieux s'intégrer dans la nouvelle société chinoise" ( !).

Quant aux chirurgiens du Parti, très fiers à l'évidencedes prouesses avant-gardistes de leur sciences (au point d'attirer de nombreuxAsiatiques en mal eux aussi d'une nouvelle peau plus cosmopolite, àdes prix défiant toute concurrence !), ils sont les premiers àpromouvoir ce nouveau type de faciès revu et corrigé parla mondialisation. Devant notre caméra, ils afficheront spontanémentleurs préférences " plastiques " pour les longs nez et lesgrands yeux dotés de larges paupières artificielles biencreusées dans la chair par leur bons soins.

Dans une société où plus que nulle part ailleurs(et plus que jamais) l'habit fait le moine (pour trouver un travail, unmari idéal, etc.. ), la chirurgie esthétique (au coûtfinalement dérisoire même pour un smicard chinois) n'a sansdoute pas fini de faire parler d'elle. Une revanche sur le passésans doute contestable en ce qu'elle a de perte identitaire chinoise auprofit d'une superficialité importée d'Occident. Mais aprèsdes décennies de grisaille maoïste pendant lesquelles il nefaisait pas bon s'intéresser aux choses frivoles de l'apparenceextérieure au risque d'être taxé de " contre-révolutionnaire" et de finir au goulag, on peut comprendre que de plus en plus de Chinoiset de Chinoises aient envie de s'engouffrer sans état d'âmedans ce nouveau marché de la consommation esthétique. Unbalbutiement de liberté d'expression comme un autre. Et pourquoipas ? Sylvie Levey à Shanghai pour France 3.

BIBLIOGRAPHIE

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